Définitionséventer

éventer

verbe
/e.vɑ̃.te/
  1. Rafraîchir par l’air au moyen d’un éventail ou de tout autre objet.Les princes d’Asie ont toujours des gens qui les éventent quand ils dînent. - S’éventer pour se rafraîchir. - S’éventer avec un mouchoir.Elle s’évente avec son mouchoir, cependant que M. Ulysse entre en lutte avec un essaim de mouches, qui vraisemblablement, du plus haut du ciel, a vu briller son nez comme un phare.C’est une ville grave et silencieuse, bien différente de ma ville natale. On n’y voit personne se reposer sur les porches, en s’éventant dans la chaleur de l’après-midi.
  2. Exposer à l’action de l’air, du vent.Éventer des étoffes.Éventer une voile, disposer, brasser une voile de manière à mettre le vent dedans.Il faut éventer un peu ce meuble.
  3. PronominalAltérer, corrompre ou gâter par le contact de l’air.« Je mets le verre là, vous le prendrez tout à l’heure si vous voulez ; vous le laisserez s’éventer, si cela vous amuse. »<brEn songeant que le liquide s'était éventé, bien qu'enfermé dans une boîte métallique, il fut ressaisi par le doute qui le tenaillait : quarante ans et des broquilles s'étaient écoulés depuis qu'on avait transformé l'opium de l'Empire des Indes en morphine dans les labos de Sa Gracieuse Majesté.La laine, la soie, le fil s’éventent facilement. - Les racines sont sujettes à s’éventer quand elles ne sont pas couvertes de terre.
  4. Déboucher, ouvrir de manière à laisser pénétrer l’air.Éventer la quille, abattre un vaisseau en carène jusqu’à ce que sa quille paraisse hors de l’eau.
  5. Sens figuréAvoir connaissance de, découvrir, avoir vent de.Ils ont éventé le piège, dans lequel toi, l’esprit fort, tu as coupé.Peu après, ayant éventé un complot qui les visait tous les deux, ils s’étaient réconciliés pour faire face à leurs ennemis et Gotarzès avait même accepté de s’effacer en faveur de son frère.Éventer la mine, éventer la mèche ; pénétrer un dessein secret et empêcher par là qu’il ne réussisse.
  6. Sens figuréRendre évaporé, d’esprit léger.Tête éventée.
  7. Deviner, sentir par le vent.Éventer la voie ; se dit d’un chien de chasse qui rencontre une voie si fraîche qu’il la sent sans mettre le nez à terre.Heureusement pour les chasseurs, les Indiens étaient sur le sentier de la guerre et n’avaient pas de chiens avec eux, sans cela ils auraient été éventés depuis longtemps et n’auraient pu s’approcher ainsi du camp sans être découverts.La plupart du temps, les chasseurs faisaient buisson creux, les dénonciateurs ayant été mal informés ou le gibier ayant éventé les chiens et pris le large.
  8. IntransitifAvoir le nez au vent.Ce cheval évente.

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