Matines

Auteur: Paul Eluard
Année: 1963

J’ai rêvé d’une grande route
Où tu étais seule à passer
L’oiseau blanchi par la rosée
S’éveillait à tes premiers pas

Dans la forêt verte et mouillée
S’ouvraient la bouche et l’œil de l’aube
Toutes les feuilles s’allumaient
Tu commençais une journée

Rien ne devait faire long feu
Ce jour brillait comme tant d’autres
Je dormais j’étais né d’hier
Toi tu t’étais levée très tôt

Pour matinale m’accorder
Une perpétuelle enfance.

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