Définitionssubalternation

subalternation

nom féminin
/su.bal.tɛʁ.na.sjɔ̃/
  1. Logique, PhilosophieDans la syllogistique aristotélicienne, relation d’implication immédiate d’une proposition universelle vers la proposition particulière correspondante de même qualité : si la proposition universelle est vraie, la proposition particulière l’est nécessairement, et si la proposition particulière est fausse, la proposition universelle l’est nécessairement.Il est admis en logique que l’on peut quelquefois déduire une proposition d’une autre sans avoir recours à une troisième, ou ce qui revient au même sans employer le syllogisme. Ainsi d’une proposition universelle, soit affirmative, soit négative, on prétend tirer immédiatement la particulière correspondante : Tout A est B, donc quelque A est B ; nul A n’est B, donc quelque A n’est pas B : c’est ce qu’on appelle une subalternation.Le carré des oppositions se compose de quatre types de relation : la contrariété, la contradiction, la subcontrariété et la subalternation. Chacune de ces relations se caractérise par la valeur de vérité que les deux propositions reliées peuvent avoir conjointement.On sait que ce système M, qui correspond au système classique de la logique moderne des classes ou des propositions quantifiées, laisse subsister les lois traditionnelles de la conversion (parfaite) et de la contraposition, mais réduit le carré logique aux seules relations de la contradiction : la subalternation n’y est plus valable, pas plus que les relations de contrariété et de sous-contrariété.
  2. Philosophie, ThéologieDans la théorie de la démonstration exposée par Aristote dans les Seconds Analytiques, relation de subordination entre deux sciences dans laquelle une science subalternée reçoit ses principes d’une science subalternante supérieure et en dépend pour la démonstration de ses propres conclusions (par exemple, l’optique est subalternée à la géométrie, la musique à l’arithmétique). Cette doctrine a donné lieu à diverses interprétations chez les commentateurs médiévaux, notamment Thomas d’Aquin et Jean Buridan.La subalternation, ou subordination entre deux sciences, est examinée par Aristote dans les Seconds Analytiques. Elle a donné lieu à diverses interprétations au Moyen Âge, en fonction de la conception de l’objet d’une science, et de l’encyclopédie des sciences.Nous rejoignons ici ce que S. Thomas, à la suite de S. Bonaventure et s’inspirant comme lui du vocabulaire d’Aristote, appelle la « subalternation » des sciences les unes par rapport aux autres. Puisque seules les mathématiques et la métaphysique sont en mesure de fonder toutes leurs démonstrations sur des principes évidents par eux-mêmes et pour tous, toutes les autres sciences leur sont en quelque sorte subalternées et se subalternent ensuite les unes par rapport aux autres.[Saint] Thomas a reconfiguré la théorie de la subalternation qu’il a trouvée dans les Seconds Analytiques, afin de penser comment les exigences critiques de la raison sont assumées dans le processus de divinisation de l’intelligence qu’opère la foi […]

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