Définitionsplan d’immanence

plan d’immanence

nom masculin
/plɑ̃ d‿i.ma.nɑ̃s/
  1. Linguistique, SémiotiqueDans la tradition sémiotique issue de Louis Hjelmslev et développée par l’École de Paris (Greimas, Fontanille), domaine de description interne d’un objet sémiotique, circonscrit méthodologiquement par le principe d’immanence de façon à exclure tout recours aux données transcendantes (référence, contexte extra-linguistique, substance physique) ; chez Fontanille, chacun des niveaux hiérarchisés de pertinence (signes, textes-énoncés, objets, scènes pratiques, stratégies, formes de vie) constitue un plan d’immanence distinct, doté de ses propres contraintes d’analyse.L’ouvrage est structuré en trois parties : la définition des pratiques et leur situation comme un des plans d’immanence de l’analyse sémiotique, l’exploration des diverses pratiques pour en dégager leur organisation spécifique, les dimensions propres au plan d’immanence des pratiques.Sémiotiquement, la mémoire ne peut être conçue comme une faculté de l’esprit, mais comme le dispositif qui détermine les conditions de formation d’un sémiotique-objet, doté de son propre plan d’immanence et structuré sur la solidarité entre un plan de l’expression et un plan du contenu.La mise en œuvre de cette option scientifique n’est pas sans conséquence. Ayant pour principal enjeu l’instauration d’un plan d’immanence, se caractérisant, nous l’avons vu, par la recherche d’éléments intrinsèques qui puissent définir le phénomène en question comme objet adéquat et, en même temps, s’effectuant en termes d’un ensemble de conditions transcendantales de possibilité, elle produit de façon aussi nette qu’incontournable un hiatus, un détachement radical entre le plan de la manifestation empirique et l’ensemble des concepts qui peuvent rendre compte de son organisation pertinente.
  2. PhilosophieDans la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari, horizon pré-philosophique et non-conceptuel qui constitue le sol ou le fond de toute pensée et sur lequel les concepts sont créés et instaurés ; non pas un concept lui-même, mais l’image que la pensée se donne d’elle-même, sorte de plan d’immanence absolue où toute transcendance est refusée, et qui s’oppose au plan de référence (de la science) et au plan de composition (de l’art). Par extension, chez le seul Deleuze, dimension d’une vie pure et impersonnelle, immanente à elle-même et antérieure à toute subjectivité.Le plan d’immanence n’est pas un concept pensé, ni pensable, mais l’image de la pensée, l’image qu’elle se donne de ce que signifie penser, faire usage de la pensée, s’orienter dans la pensée. Les concepts sont comme les vagues multiples qui montent et qui s’abaissent, mais le plan d’immanence est la vague unique qui les enroule et les déroule.Deleuze établit une description du plan d’immanence sous un aspect singulièrement différend de celui exposé dans Qu’est-ce que la philosophie ?. Donnant une explication de l’immanence identifiée au concept de vie dans son indétermination, c’est-à-dire une vie, il s’attache à montrer le rôle de l’article indéfini comme indice du transcendantal et la détermination (ou plutôt l’indétermination) de l’immanence comme pur courant de Vie.

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