Définitionsmisère

misère

nom féminin · interjection
/mi.zɛʁ/
nom féminin /mi.zɛʁ/
  1. Condition, état de celui qui inspire la pitié.L’attitude de la théologie chrétienne à l’égard des juifs a été fixée dans le début du IVe siècle (concile de Nicée, 325) : le judaïsme ne doit pas disparaître, il doit vivre, mais dans un état d’avilissement et de misère tel qu’il fasse nettement apparaître aux yeux des croyants comme des incroyants le châtiment infligé par Dieu à ceux qui n’ont pas voulu reconnaître la divinité de Jésus.
  2. En particulier(Religion) État de faiblesse et de néantise de l’homme.[…] il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître le Rédempteur qui peut l'en guérir.Le dogme de l’incurable méchanceté de l’homme a, d’ailleurs, chez certains de ses adeptes, une autre racine : un plaisir romantique à évoquer la race humaine murée dans une misère fatale et éternelle.
  3. SpécialementPrivation des choses nécessaires à la vie.La misère qui règne est indescriptible. Les troupes ont transformé les environs en un vaste désert, où il ne reste plus un habitant, plus une tête de bétail, plus un boisseau de grain. L'intendance ne réussit plus à pourvoir aux besoins de tous les ventres affamés dont elle a la charge.La Pauvreté, ah ! la garce ! Elle va dans un cortège d’humiliations, de basses rancunes, de fangeuses abdications. Elle traîne, derrière elle, sa sœur la Misère, au rire édenté, aux orbites desséchées, aux doigts mous.Ayant une suffisante connaissance des taudis de Marseille, je m’imaginais que leur misère n’était guère dépassable.
  4. En particulier(Histoire, Musique) Au XVIIIe siècle, chanson anonyme décrivant les épreuves et malheurs de certaines professions.Au XVIIIe siècle est apparu un nouveau genre, celui des complaintes des métiers, poèmes populaires anonymes qui décrivaient les épreuves et malheurs de certaines professions. Ces textes qui firent le bonheur des éditeurs de colportage étaient intitulés Misères. Je possède quelques-uns de ces livrets : La Misère des clercs de procureurs, La Misère des garçons chirurgiens, La Misère des apprentis imprimeurs […].
  5. Sens figuréBagatelle, chose de peu d’importance et de valeur.On ne s’étonnera donc pas du sang-froid avec lequel il accueillit les applaudissements de la Société Royale ; il était au-dessus de ces misères, n’ayant pas d’orgueil et encore moins de vanité […]C’est une vieille R5 blanche qui agonise. Je l’ai achetée parce qu’elle valait une misère.Alphonse lui-même, qui semblait encore le meilleur de tous, eh bien ! ma chère, il s’est brouillé avec moi pour une misère.
  6. Sens figuréPénis.« Cachez votre misère, père Milon, allons il y a des enfants. »
  7. BotaniqueNom usuel de diverses plantes ornementale du genre Tradescantia, de la famille des commélinacées.Les angles des murs garnis de haut en bas de plantes vertes, d’aucubas et de misères approfondissaient le silence en lui donnant cette aspiration, cette délectation de soi qu’il connaît en forêt et qui lui donne comme un bruit d’ailes.Ces formations filamenteuses, observées pour la première fois dans les cellules du pollen de Tradescantia (nom populaire: misère), furent baptisées chromosomes par Waldeyer en 1888.
  8. Difficulté. → voir avoir de la misèreC’est une grande misère que les meilleurs procès.C’est une misère que d’avoir affaire à lui.Mais j'eus bien des misères à l'école avec tous ces nombres ! Avec le calcul c'était encore pire.
  9. Malchance.C’était la poisse, la pouille, la misère, la débine.
interjection /mi.zɛʁ/
  1. S’emploie pour marquer la consternation, le désespoir ou l’exaspération.Qu’est-ce qu’il y a ? Ah ! misère, le pauvre enfant est blessé !La concierge, Mme Misère. C’est papa qui l’appelée comme ça, parce qu’elle gémit tout le temps : « Misère, misère ! ».Alors - alorsQue faire ? Que faire ?Misère, misèreTant pisEt puis on s'est souri !

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