Définitionsemporter

emporter

verbe
/ɑ̃.pɔʁ.te/
  1. Porter hors d’un lieu.Ces conjectures et ces raisonnements se pressaient dans la cervelle de Scaër, pendant que les assassins fuyaient en emportant ce qu'on appelle en style judiciaire le corps du délit.Une cage à serins était pendue au plafond ; les oiseaux avaient été emportés, mais la mangeoire était pleine de chenevis.La viticulture auvergnate fut à son apogée vers le milieu du XIXe siècle […] Les bateaux qui descendaient l’Allier emportaient des vins d’Auvergne jusqu’à Paris.
  2. Entraîner, arracher, enlever ou emmener avec effort, avec rapidité ou avec violence.Il y a le nageur intrépide qui, sourd aux appels du maître baigneur, dépasse les limites du bain surveillé, gagne la pleine mer et est emporté par une lame de fond.Son cheval prit le mors aux dents et l’emporta à travers les champs.Il eut le bras emporté par un obus.
  3. Sens figuréCauser la mort rapidement, en parlant d’une maladie.Trois ans après, Burrhus mourait de maladie ou empoisonné. Ceux qui crurent sa mort naturelle dirent qu'il avait été emporté par une esquinancie qui lui avait fait perdre tout d'un coup la respiration ; […].
  4. Détruire ; faire disparaître.Il ne retira de sa créance qu’un millier de francs, les frais emportèrent le reste.Le jus de citron emporte les taches d’encre, emporte la couleur des étoffes sur lesquelles il tombe.Les canons et les fusils, les torpilleurs et les cuirassés, la poudre et la dynamite, la fumée et le massacre emportent des milliards, des sommes plus que suffisantes à nourrir tout ce que l’Europe compte de faméliques et de va-nu-pieds.
  5. En particulier(Médecine) Guérir.Ce remède emporte la fièvre.
  6. Sens figuréTirer l’âme de sa situation ordinaire, jeter dans quelque excès, état-limite ou manifestation paroxystique, en parlant des passions, des émotions ou des sensations.Lui non plus n’aurait pas voulu choquer Jim par son manque de délicatesse, mais sa nature brutale subitement l’emportait.La colère l’emporta bien loin. — Se laisser emporter à sa vengeance.La douleur l’a emporté jusqu’à dire, jusqu’à faire…
  7. Sens figuréGagner ; obtenir.Il emporta l’avantage sur tous ses rivaux.Dans son art il emporte le prix.Il emporta la gloire d’avoir triomphé de l’ennemi.
  8. SpécialementObtenir par une sorte de violence.Cet homme a tant de crédit qu’il emporte tout ce qu’il veut.Il emporta cette affaire à force de sollicitations.
  9. MilitaireConquérir, se rendre maître, en peu de temps.La veille même du combat de Zouafques, le prince Thomas avait emporté plusieurs redoutes à la faveur desquelles il rétablit aussitôt ses communications avec les assiégés […]
  10. Entraîner par une suite nécessaire ; comprendre ; impliquer.Le droit de justice des seigneurs hauts justiciers était absolu. Il emportait la plénitude de la juridiction civile et criminelle, limitée seulement par les cas royaux.Un soin particulier doit donc être apporté, dans la discussion des options, à la vérification de la conformité aux principes et règles supérieurs, qu’ils soient constitutionnels, internationaux ou européens, ainsi qu’aux conséquences indirectes que la modification législative envisagée est susceptible d’emporter sur d’autres pans du droit.
  11. PronominalSe livrer à un excès d’orgueil, d’audace, et en général à un sentiment immodéré.Quand bien même seraient-ils cinq mille ! s’emporta le lieutenant qui, décidément, me surprenait par la hargne qu’il démontrait. On n’a point éprouvé deux jours d’emmouscaillement dans cette forêt du diable pour s’en retourner quinauds.
  12. Pronominal(Absolument) Se fâcher violemment, s’abandonner à la colère.Eh bien ! jurez, sacrez, emportez-vous, votre contraction peut vous faire encore plus de mal que la colère.
  13. PronominalNe pouvoir être retenu par celui qui le monte ou qui le conduit, en parlant d’un cheval.Les chevaux s’emportèrent et la voiture versa.(Par analogie) La Girafe, excitée à fuir, se presse, s’emporte, et est bientôt hors de vue ; mais elle ne soutient point longtemps cet effort, qu’elle ressent comme une fatigue […]
  14. Pronominal(En particulier) (Sports hippiques) Se dit d'un cheval de trot qui se montre fautif dans ses allures et est par suite susceptible d'être disqualifié.

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