Définitionsbouffer

bouffer

verbe
/bu.fe/
  1. Vieilli(Désuet) Enfler les joues.Le sac à vent était d’une belle peau, chaussée d’une taie d’indienne rayée bleu et blanc ; et tout le travail était agencé d’une mode si savante, qu’il ne fallait que bouffer bien petitement pour enfler le tout et envoyer un son pareil à un tonnerre.
  2. Se soutenir de soi-même, avoir du volume au lieu de s’aplatir, en parlant de certaines étoffes, ou des cheveux.Les hennins affectaient diverses formes; […]. Ces coiffures, qu’on faisait d’étoffes précieuses, de tissus d’or ou d’argent, devaient encadrer la figure, et, bouffant largement aux oreilles, ne pas laisser voir les cheveux.On dit je ne sais quoi de sa femme. Elle est gentille, avec de grands yeux noirs, de petites dents blanches, un peu de moustache sur la lèvre ; elle fait toujours bouffer son jupon et sonner ses talons quand elle marche.Maman nous faisait "bouffer" les cheveux, à Roberto et à moi, et nouait des régates à pois sur nos chemises blanches.
  3. MaçonnerieGonfler, en parlant de plâtre et pousser en dehors, en parlant d’un mur.Crevasse, s.f. On donne ce nom à une fente ou à un éclat occasionné dans un enduit qui bouffe.
  4. VieilliEnfler dans le four par l’effet de la chaleur, en parlant d’un pain.Chaque fois qu’on a enfourné un rang de pains, on leve le bouchoir du four, pour, disent les Boulengers[sic], que le pain bouffe, & qu’il ne s’évase point.Piquez de plusieurs trous pour empêcher que le gâteau ne bouffe.
  5. Transitif(Vieilli) (Désuet) Souffler une bête tuée pour lui donner l’apparence de volume.
  6. Transitif(Familier) (Très familier) (Populaire) Manger.Maintenant, il subodorait, d’un groin irrité, le fafiot libérateur, le magique et fastueux billet de cinquante qui permettrait à la maisonnée de bouffer raisonnablement deux ou trois fois dans la semaine.Ils discutent avec des voix de naufragés jouant à pile ou face lequel bouffera l'autre.Mon bide a fait un gros bruit creux, j’avais une super dalle. En comptant vite fait, je me suis rendu compte que ça faisait bien deux ou trois jours que j’avais rien bouffé.
  7. TransitifConsommer excessivement.– C’est tellement léché que j’en ai la nausée. Mais mes grands-parents raffolent de l’école française du XVIIIe. Alors je bouffe du XVIIIe du matin au soir ! C’est gai ! Vivement la prise de la Bastille !Ensuite, je ne lui ai donné que trois ou quatre litres de coco, et sa bagnole bouffe dix-douze litres aux cent, c'est-à-dire que dans cinquante bornes nous serons aussi débarrassés de lui s'il s'avisait de nous faire la courette.Cette bagnole bouffe autant d’essence qu'un char d’assaut.
  8. IntransitifVouer aux gémonies ; tenir des discours agressifs contre une catégorie sociale.J’étais en France en 1936 et j’ai vu défiler les ouvriers […]. C’était chouette. On bouffait du fasciste et du patron, on allait les avaler tout crus.Il a endossé le rôle du patron, lui dont l’enfance avait été bercée par le syndicalisme. À chaque réunion familiale élargie, on « bouffait du patron », cet exploiteur qui s’enrichit sur le dos des travailleurs.En 1948, prenant la parole chez les Dominicains de La Tour Maubourg, à Paris, pour exposer les rapports possibles entre l’incroyant et les Chrétiens, c’eût été mal le connaître que de craindre qu’il bouffât du curé.
  9. TransitifAccaparer ; absorber ; accabler ; envahir.Il ne faut pas te laisser bouffer par la colère et le ressentiment, insista Harley en plaçant sa main sur celle de Becky. C’est ce qui va arriver, si tu ne réagis pas.Tu te fais déjà bouffer par le boulot qu’il y a autour, si tu te fais bouffer en plus par le malade... Moi je sais que j’aime pas... que ce soit par les malades ou par quelqu’un d'autre à la limite, j’aime pas me faire envahir.Pas étonnant qu’elle dormait mal. Ça tournait dans tous les sens dans sa tête. À force elle avait été obligée d’admettre qu’elle se laissait bouffer par la jalousie.

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