{"id":9796,"date":"2025-04-18T16:06:42","date_gmt":"2025-04-18T14:06:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=9796"},"modified":"2025-04-18T16:06:42","modified_gmt":"2025-04-18T14:06:42","slug":"coup-doeil-general","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/coup-doeil-general\/","title":{"rendered":"Coup d\u2019\u0153il g\u00e9n\u00e9ral"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019orateur, f\u00fbt-il \u00e2ne, essouffl\u00e9 se repose ;<br \/>\nPatience reprit, ayant fait une pause :<\/p>\n<p>Rh\u00e9teurs, quel mot divin faites-vous \u00e9peler ?<br \/>\nDites, qu\u2019enseignez-vous ? que venez-vous parler<br \/>\nD\u2019id\u00e9al, de r\u00e9el, et nous rompre la t\u00eate ?<br \/>\nVotre r\u00e9el \u00e0 vous, c\u2019est la chim\u00e8re b\u00eate,<br \/>\nOu c\u2019est la loi f\u00e9roce et dure ; ici Baal,<br \/>\nL\u00e0 Dracon ; et l\u2019erreur partout. Votre id\u00e9al<br \/>\nC\u2019est quelque faux chef-d\u2019\u0153uvre ou quelque vertu fausse,<br \/>\nC\u2019est un roi qu\u2019en rampant la flatterie exhausse,<br \/>\nOu c\u2019est un livre p\u00e2le ayant pour qualit\u00e9<br \/>\nDe s\u2019ouvrir sans blesser les yeux de sa clart\u00e9 ;<br \/>\nHonneur au grand Louis ! Gloire au tendre Racine !<br \/>\nAh ! l\u2019id\u00e9al m\u2019endort, le r\u00e9el m\u2019assassine,<br \/>\nGr\u00e2ce ! au diable ! assez bu ! Je prends cong\u00e9. Bonsoir.<\/p>\n<p>Quelle solution donne votre savoir<br \/>\nSur ce qui nous \u00e9tonne ou ce qui nous effraie ?<br \/>\nAvez-vous seulement un peu de lueur vraie ?<br \/>\nNon. Rien. Sur l\u2019inconnu, l\u2019absolu, le divin,<br \/>\nSur l\u2019incompr\u00e9hensible et l\u2019insondable, en vain<br \/>\nL\u2019illumin\u00e9 contemple et le myope scrute,<br \/>\nQu\u2019est-ce que vous savez de plus que moi la brute ?<\/p>\n<p>H\u00e9las ! je sens moi-m\u00eame, \u00e9tant votre \u00e9colier,<br \/>\nHommes, ma t\u00eate au poids des questions plier ;<br \/>\nJ\u2019ai sur mon cristallin na\u00eff la taie humaine.<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre en sait-il plus que le cat\u00e9chum\u00e8ne ?<br \/>\nLe cardinal voit-il mieux que l\u2019enfant de ch\u0153ur ?<br \/>\nL\u2019ombre a la face grave et le profil moqueur ;<br \/>\nEt l\u2019ombre, tu le sais, \u00f4 Kant, c\u2019est la science.<br \/>\nSur le premier venu fais-en l\u2019exp\u00e9rience.<br \/>\nVois, cet homme a bl\u00eami sur sa bible ; voici<br \/>\nQu\u2019il est vieux ; l\u2019homme est chauve et le livre est moisi ;<br \/>\nLes cheveux ont pass\u00e9 de l\u2019homme sur le livre ;<br \/>\nL\u2019homme a voulu tout voir, tout savoir, tout poursuivre,<br \/>\nTout avoir ; secouer le linceul pli par pli ;<br \/>\nIl s\u2019est rassasi\u00e9, repu, gav\u00e9, rempli ;<br \/>\nIl sait toute la langue et toute la pens\u00e9e,<br \/>\nEt la g\u00e9om\u00e9trie et la th\u00e9odic\u00e9e,<br \/>\nLa l\u00e9gende cr\u00e9dule et le chiffre sournois ;<br \/>\nIl sait l\u2019assyrien, le persan, le chinois,<br \/>\nL\u2019arabe, le gallois, le copte, le g\u00e9pide,<br \/>\nLe tartare, le basque ; eh bien, il est stupide.<br \/>\nAu fond de cette t\u00eate o\u00f9 s\u2019accouple et se fond<br \/>\nTout l\u2019id\u00e9al avec tout le r\u00e9el, au fond<br \/>\nDe ce polytechnique et de ce polyglotte,<br \/>\nL\u2019immensit\u00e9 du vide et du tombeau sanglote.<\/p>\n<p>Oh ! ces sophistes lourds, ces casuistes froids,<br \/>\nDe la tourbe ahurie exploitant les effrois,<br \/>\nTous ces fakirs, latins, grecs, sanscrits, h\u00e9bra\u00efques,<br \/>\nTous ces g\u00e9rontes noirs, tonsur\u00e9s ou la\u00efques,<br \/>\nTous ces pharisiens de l\u2019explication,<br \/>\nCeux-ci venant de Rome et ceux-l\u00e0 de Sion ;<br \/>\nTous ayant leur koran, leur joug, leur \u00e9vangile,<br \/>\nLeur bible de papier ou leur autel d\u2019argile,<br \/>\nJurant par Aristote ou par Thomas d\u2019Aquin,<br \/>\nPour trouver l\u2019\u00e9ternel furetant un bouquin ;<br \/>\nB\u00e8gues, sourds ; demandant \u00e0 leur dictionnaire<br \/>\nLe mot, que l\u2019aigle entend murmurer au tonnerre ;<br \/>\nPas un ne comprenant ce splendide credo<br \/>\nQui s\u2019\u00e9toile le soir aux plis du noir rideau,<br \/>\nPas un ne se laissant aller, l\u2019\u00e2me penchante,<br \/>\n\u00c0 l\u2019attendrissement du point du jour qui chante,<br \/>\nComme je les ai vus disputer, s\u2019acharner,<br \/>\nAffirmer, contester, et bruire, et vanner,<br \/>\nLes grecs chassant les juifs, les juifs damnant les gu\u00e8bres,<br \/>\nDe la semence d\u2019ombre en un van de t\u00e9n\u00e8bres !<\/p>\n<p>Comme je les ai vus, dress\u00e9s sur leur s\u00e9ant,<br \/>\nHagards, les uns, docteurs de leur propre n\u00e9ant,<br \/>\nAyant l\u2019aveuglement fun\u00e8bre pour disciple,<br \/>\nR\u00eavant dans l\u2019empyr\u00e9e un monstre double ou triple,<br \/>\nRegardant fuir, tandis qu\u2019effar\u00e9s nous songions,<br \/>\nL\u2019ouragan des erreurs et des religions,<br \/>\n\u00c9pier s\u2019ils verraient passer dans la rafale<br \/>\nOu le Janus bi-front ou l\u2019Herm\u00e8s tric\u00e9phale !<br \/>\nD\u2019autres, logiciens, m\u00e9taphysiciens,<br \/>\nP\u00e9dagogues, group\u00e9s sous les porches anciens,<br \/>\nDiscuter l\u2019\u00e9vidence, et fouiller, r\u00eaveurs bl\u00eames,<br \/>\nL\u2019\u00e9nigme \u00e0 la lueur livide des syst\u00e8mes,<br \/>\nEt, combinant les faits, les doutes, les raisons,<br \/>\nRapprocher, pour souffler dessus, ces noirs tisons !<br \/>\nD\u2019autres, th\u00e9ologaux, notaires de consultes,<br \/>\n\u00c9v\u00eaques secouant leur foudre au seuil des cultes,<br \/>\nClercs, chanoines, bedeaux, pr\u00e9dicateurs, abb\u00e9s,<br \/>\nDans l\u2019orni\u00e8re d\u2019un texte ou d\u2019un rite embourb\u00e9s,<br \/>\nDe quelque oiseau mystique adorant l\u2019envergure.<br \/>\n\u00c9touffant par moment le rire de l\u2019augure,<br \/>\nAgiter leurs longs bras et leur surplis jauni<br \/>\nDans des chaires faisant ventre sur l\u2019infini ;<br \/>\nEt, clignant leurs yeux morts sous leurs cr\u00e2nes fossiles,<br \/>\nAssembler le nuage informe des conciles,<br \/>\nDans \u00c9ph\u00e8se, dans Reims, dans Arles, dans Embrun,<br \/>\nSur Dieu, l\u2019\u00eatre \u00e9clatant, l\u2019\u00eatre effrayant, l\u2019\u00eatre un !<br \/>\nEt courber leur front chauve, et se pencher encore,<br \/>\nEt chercher \u00e0 t\u00e2tons l\u2019\u00e9blouissante aurore,<br \/>\nEt crier : \u2014 Voyez-vous quelque chose ? Est-ce l\u00e0 ?<br \/>\nQu\u2019en pense Onufrius ? qu\u2019en dit Zabarella ?<br \/>\nO\u00f9 donc est l\u2019\u00eatre ? O\u00f9 donc est la cause premi\u00e8re ?<br \/>\nCherchons bien ! \u2014 Et pendant que l\u2019\u00e9norme lumi\u00e8re,<br \/>\nFormidable emplissait le firmament vermeil,<br \/>\nLeur chandelle t\u00e2chait d\u2019\u00e9clairer le soleil !<\/p>\n<p>Homme, \u00e0 d\u2019autres instant, enivr\u00e9 de toi-m\u00eame,<br \/>\nL\u2019aveuglement croissant dans ta prunelle bl\u00eame,<br \/>\nTu dis : \u2014 C\u2019est moi qui suis. Dieu n\u2019est pas ; l\u2019homme est seul.<br \/>\nEst-ce au Gange, \u00e0 la Mecque, \u00e0 Th\u00e8be, \u00e0 Saint-Acheul,<br \/>\nDans les cornes d\u2019Ammon ou dans la V\u00e9nus d\u2019Arle,<br \/>\nQu\u2019il faut aller chercher ce Dieu dont on nous parle ?<br \/>\nEst-ce lui que l\u2019enfant a dans son petit doigt ?<br \/>\nPersonne ne l\u2019a vu, personne ne le voit,<br \/>\nCet \u00eatre o\u00f9 la ferveur des idiots s\u2019attache.<br \/>\nIl est donc bien difforme et bien noir qu\u2019il se cache ?<br \/>\nL\u2019homme est visible, lui ! c\u2019est lui le conqu\u00e9rant ;<br \/>\nC\u2019est lui le cr\u00e9ateur ! l\u2019homme est beau, l\u2019homme est grand ;<br \/>\nL\u2019argile vit sit\u00f4t que sa main l\u2019a p\u00e9trie ;<br \/>\nL\u2019homme est puissant ; qui donc cr\u00e9a l\u2019imprimerie,<br \/>\nEt l\u2019aiguille aimant\u00e9e, et la poudre \u00e0 canon,<br \/>\nEt la locomotive ? Est-ce J\u00e9hovah ? non ;<br \/>\nC\u2019est l\u2019homme. Qui dressa les splendides cul\u00e9es<br \/>\nDu pont du Gard, au vol des nuages m\u00eal\u00e9es ?<br \/>\nQui fit le Colis\u00e9e, et qui le Parth\u00e9non ?<br \/>\nQui construisit Paris et Rome ? Est-ce Dieu ? non ;<br \/>\nC\u2019est l\u2019homme. Pas de cime o\u00f9 l\u2019homme roi ne monte.<br \/>\nIl sculpte le rocher, sucre le fruit, et dompte,<br \/>\nMalgr\u00e9 ses d\u00e9sespoirs, sa haine et ses abois,<br \/>\nLa b\u00eate aux bonds hideux, larve horrible des bois ;<br \/>\nTout ce que l\u2019homme touche, il l\u2019anime ou le pare. \u2014<br \/>\nBien, crache sur le mur, et maintenant compare.<br \/>\nLe grand ciel \u00e9toil\u00e9, c\u2019est le crachat de Dieu.<\/p>\n<p>Nier est votre roue et croire est votre essieu,<br \/>\nHommes, et vous tournez effroyablement vite.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019enfant de ch\u0153ur, le diacre et le l\u00e9vite<br \/>\nChantant alleluia, passe une l\u00e9gion<br \/>\nD\u2019h\u00e9r\u00e9tiques criant l\u2019hymne trisagion ;<br \/>\nL\u2019homme blanc devient noir de nuance en nuance ;<br \/>\nEntre une conscience et une autre conscience<br \/>\nLe fil est court ; Ranc\u00e9 coudoie Arnauld ; Arnauld<br \/>\nJans\u00e9niste confine \u00e0 Luther huguenot ;<br \/>\nEt Luther huguenot touche \u00e0 Rousseau d\u00e9iste ;<br \/>\nEt Rousseau n\u2019est pas loin de Spinosa ; c\u2019est triste,<br \/>\nOu c\u2019est r\u00e9jouissant, \u00e0 ton choix ; mais c\u2019est vrai ;<br \/>\nL\u2019Horeb, ou Sans-Souci ; le Thabor, ou Cirey,<br \/>\nEntre Orph\u00e9e et Pyrrhon l\u2019humanit\u00e9 tr\u00e9buche ;<br \/>\n\u00d4 Kant, nous tomberions dans quelque obscure emb\u00fbche,<br \/>\nNous b\u00eates, s\u2019il fallait que nous vous suivissions.<br \/>\nL\u2019homme va du blasph\u00e8me aux superstitions ;<br \/>\nIl brave le r\u00e9el, puis il adore l\u2019ombre ;<br \/>\nIl passe son poing vil \u00e0 travers l\u2019azur sombre,<br \/>\nJette sa pierre inf\u00e2me aux saintes r\u00e9gions,<br \/>\nEt croit r\u00e9parer tout par ses religions,<br \/>\nPar un faux id\u00e9al taill\u00e9 dans la mati\u00e8re,<br \/>\nPar on ne sait quel spectre imitant la lumi\u00e8re,<br \/>\nPar quelque idole vaine et folle qu\u2019il met l\u00e0,<br \/>\nEt qu\u2019il nomme Zeus ou qu\u2019il appelle Allah.<br \/>\nIl insulte le Dieu, le cr\u00e9ateur, l\u2019arbitre ;<br \/>\nPuis, inepte et tremblant, raccommode la vitre<br \/>\nDes infinis avec une \u00e9toile en papier.<\/p>\n<p>J\u2019ai lu, cherch\u00e9, creus\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 m\u2019estropier.<br \/>\nMa pauvre intelligence est \u00e0 peu pr\u00e8s dissoute.<br \/>\n\u00d4 qui que vous soyez qui passez sur la route,<br \/>\nFouaillez-moi, rossez-moi ; mais ne m\u2019enseignez pas.<br \/>\nGardez votre savoir sans but, dont je suis las,<br \/>\nEt ne m\u2019en faites point tourner la manivelle.<br \/>\nMontez-moi sur le dos, mais non sur la cervelle.<\/p>\n<p>Mon fr\u00e8re l\u2019homme, il faut se faire une raison,<br \/>\nNous sommes vous et nous dans la m\u00eame prison ;<br \/>\nLa porte en est massive et la vo\u00fbte en est dure ;<br \/>\nTu regardes parfois au trou de la serrure,<br \/>\nEt tu nommes cela Science ; mais tu n\u2019as<br \/>\nPas de clef pour ouvrir le fatal cadenas,<br \/>\nJ\u2019ai fort compassion de toi, te l\u2019avouerai-je ?<\/p>\n<p>Toi qu\u2019une heure vieillit, et qu\u2019une fi\u00e8vre abr\u00e8ge,<br \/>\nComment t\u2019y prendrais-tu, dans ton abjection,<br \/>\nPour feuilleter la vie et la cr\u00e9ation ?<br \/>\nLa pagination de l\u2019infini t\u2019\u00e9chappe.<br \/>\n\u00c0 chaque instant, lacune, emb\u00fbche, chausse-trape,<br \/>\nRatures, sens perdu, doute, feuillet manquant ;<br \/>\nPartout la question triple : Comment ? O\u00f9 ? Quand ?<br \/>\nDieu fut-il le premier potier en faisant l\u2019homme ?<br \/>\nQu\u2019est-ce que le serpent ? Que veut dire la pomme ?<br \/>\nDeux natures parfois se compliquent, et font<br \/>\nComme un chiffre o\u00f9 la brute avec Adam se fond ;<br \/>\nLe singe repara\u00eet sous l\u2019homme palimpseste ;<br \/>\nViens-tu du fratricide et sors-tu de l\u2019inceste,<br \/>\nComme le dit Mo\u00efse ? Ou n\u2019es-tu que le fait<br \/>\nR\u00e9sultant d\u2019un chaos qu\u2019un soleil \u00e9chauffait,<br \/>\n\u00catre double, \u00eatre mixte en qui s\u2019est condens\u00e9e<br \/>\nLa mati\u00e8re en instinct, la lumi\u00e8re en pens\u00e9e,<br \/>\nLe seul marcheur debout, cr\u00e9ature sommet<br \/>\nQue l\u2019arbre accepte, auquel la pierre se soumet,<br \/>\nEt que la b\u00eate obscure, ayant pour verbe un r\u00e2le,<br \/>\nSubit en protestant dans sa nuit s\u00e9pulcrale ?<br \/>\nEs-tu le patient dont nous sommes les clous ?<br \/>\nAs-tu derri\u00e8re toi le Mal, le grand jaloux ?<br \/>\nContiens-tu quelque flamme auguste qui doit vivre ?<br \/>\nOu n\u2019es-tu qu\u2019une chair qu\u2019un souffle \u00e9pars enivre,<br \/>\nQui fera quelques pas et sera de la nuit ?<br \/>\nEs-tu le vain brouillard, d\u2019un peu d\u2019aurore enduit,<br \/>\nQui, pr\u00eat \u00e0 s\u2019effacer, se d\u00e9forme et chancelle ?<br \/>\nAs-tu dans toi l\u2019\u00e9toile \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9tincelle,<br \/>\nEt seras-tu demain aux s\u00e9raphins pareil ?<br \/>\nR\u00e9ponds \u00e0 tout cela, si tu peux. Ton sommeil,<br \/>\nEn sais-tu le secret ? Connais-tu la fronti\u00e8re<br \/>\nO\u00f9 l\u2019esprit ail\u00e9 vient relayer la mati\u00e8re ?<br \/>\nComment le ver s\u2019envole ? et par quelle loi, dis,<br \/>\nLes enfers lentement sont promus paradis ?<br \/>\nQue sais-tu du parfum ? que sais-tu du tonnerre ?<br \/>\nPeux-tu gu\u00e9rir l\u2019abc\u00e8s du volcan poitrinaire ?<br \/>\nQu\u2019est-ce que tes savants t\u2019apprennent ? Turrien,<br \/>\nQui te dira le nom du vent en syrien,<br \/>\nSait-il son envergure et son itin\u00e9raire ?<br \/>\nLa mamelle de l\u2019ombre est l\u00e0 ; peux-tu la traire ?<br \/>\nAbundius qui fut diacre d\u2019Anicetus<br \/>\nSait-il quel ouvrier peint en bleu le lotus ?<br \/>\nBal\u0153us, Surius, Pits\u0153us et C\u00e9dr\u00e8ne<br \/>\nSavent-ils pourquoi l\u2019aube en larmes est sereine ?<br \/>\nL\u2019abb\u00e9 Poulle ose-t-il en face regarder<br \/>\nL\u2019\u00e9nigme qu\u2019on entend g\u00e9mir, chanter, gronder ?<br \/>\nAs-tu lu dans Lactance ou bien dans \u00c9leuth\u00e8re<br \/>\nQuelle est la fonction du diamant sous terre ?<br \/>\nSais-tu par dom Poirier ou par monsieur Lejay<br \/>\nDe quelle flamme l\u2019\u0153il des condors est forg\u00e9,<br \/>\nEt ma\u00eetre Calepin dit-il dans son glossaire<br \/>\nO\u00f9 se trempe l\u2019acier dont est faite leur serre ?<br \/>\nSaint Thomas conna\u00eet-il tous ces noirs ixions<br \/>\nQu\u2019on nomme affinit\u00e9s, forces, attractions ?<br \/>\nNicole, qui sait tout, sait-il par quel organe<br \/>\nL\u2019\u00e9t\u00e9 tire \u00e0 jamais \u00e0 lui la salangane,<br \/>\nEt, vainqueur, fait passer la mer au passereau ?<br \/>\nHomme, sais-tu comment l\u2019eau nourrit le sureau ?<br \/>\nConnais-tu l\u2019hydre orage et le monstre temp\u00eate<br \/>\nQui na\u00eet dans le jardin des cieux, dresse la t\u00eate,<br \/>\nGlisse et rampe \u00e0 travers les nuages mouvants,<br \/>\nEt qui flaire la rose effrayante des vents ?<br \/>\nQu\u2019as-tu trouv\u00e9 ? Devant l\u2019\u00e9volution sainte<br \/>\nDe la vie, admirable et divin labyrinthe,<br \/>\nTa vue est myopie et ton \u00e2me est stupeur.<\/p>\n<p>Vois, ce monde est d\u2019abord un noyau de vapeur<br \/>\nQui tourne comme un globe \u00e9norme de fum\u00e9e ;<br \/>\nVaste, il bout au soleil qui luit, braise enflamm\u00e9e ;<br \/>\nIl bout, puis s\u2019atti\u00e9dit et se condense, et l\u2019eau<br \/>\nTombe au centre du large et t\u00e9n\u00e9breux halo ;<br \/>\nPuis la terre, encor fange, au fond de l\u2019eau s\u2019amasse ;<br \/>\nSur cette vase on voit ramper une limace,<br \/>\nC\u2019est l\u2019hydre, c\u2019est la vie ; et la mer s\u2019arrondit<br \/>\nAutour d\u2019un point qui sort des eaux et qui verdit ;<br \/>\nC\u2019est l\u2019\u00eele surgissant des profondeurs b\u00e9antes ;<br \/>\nDes vers titans parmi des foug\u00e8res g\u00e9antes<br \/>\nFourmillent ; et du bord des boueux archipels<br \/>\nDes colosses se font de monstrueux appels ;<br \/>\nL\u2019hippopotame sort de l\u2019immense onde obscure,<br \/>\nLe serpent cherche un flanc o\u00f9 plonger sa piq\u00fbre,<br \/>\nDe vaste millepieds se tra\u00eenent, le kraken<br \/>\nSemble un rocher vivant sous l\u2019algue et le lichen,<br \/>\nEt le poulpe, agitant sa touffe contractile,<br \/>\nT\u00e2che d\u2019\u00e9treindre au vol l\u2019affreux pt\u00e9rodactyle ;<br \/>\nPuis des millions d\u2019ans se passent ; du roseau<br \/>\nSort l\u2019arbre, et l\u2019air devient respirable \u00e0 l\u2019oiseau,<br \/>\nEt la chauve-souris d\u00e9cro\u00eet, et voici l\u2019aigle,<br \/>\nLe vent fra\u00eechit, le flot baisse, la mer se r\u00e8gle,<br \/>\nL\u2019\u00eele soud\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00eele \u00e9bauche un continent,<br \/>\nEt l\u2019homme appara\u00eet nu, pensif et rayonnant ;<br \/>\nC\u2019est fini ; l\u2019aube \u00e9merge, et le recul immense<br \/>\nDes monstres, du chaos, des t\u00e9n\u00e8bres, commence ;<br \/>\nLa temp\u00eate de l\u2019\u00eatre a cess\u00e9 de souffle ;<br \/>\nEt l\u2019on entend des voix sur la terre parler ;<br \/>\nLe typhon s\u2019amoindrit et devient l\u2019infusoire ;<br \/>\nEt l\u2019antique bataille, inextinguible et noire,<br \/>\nDu dragon et de l\u2019hydre, avec son fauve bruit,<br \/>\nFuit dans le microscope et se perd dans la nuit ;<br \/>\nL\u2019effrayant d\u00e9sormais plonge dans l\u2019invisible ;<br \/>\nL\u2019infiniment petit s\u2019ouvre, gouffre terrible ;<br \/>\nL\u2019\u00e9pouvante s\u2019\u00e9clipse apr\u00e8s avoir r\u00e9gn\u00e9 ;<br \/>\nL\u2019horreur, devant Adam qui doit \u00eatre \u00e9pargn\u00e9,<br \/>\nPas \u00e0 pas r\u00e9trograde et rentre inassouvie<br \/>\nDans cet enfoncement sinistre de la vie ;<br \/>\nL\u2019azur prodigieux s\u2019\u00e9panouit au ciel.<\/p>\n<p>Et maintenant, savant, penseur officiel,<br \/>\nRat du budget, souris d\u2019une biblioth\u00e8que,<br \/>\nAcad\u00e9micien bon voisin de l\u2019\u00e9v\u00eaque,<br \/>\nQuel compte te rends-tu de tout cela, r\u00e9ponds ?<br \/>\nComment rattaches-tu les arches de ces ponts<br \/>\nAu grand centre de l\u2019ombre ? avec quelles besicles,<br \/>\nDocteur, regardes-tu les formidables cycles ?<br \/>\nTu t\u2019enfermes, craintif, dans le roman sacr\u00e9 ;<br \/>\nMieux vaut mutiler Dieu que f\u00e2cher son cur\u00e9 ;<br \/>\nEt Cuvier, tra\u00eetre au vrai, pour \u00eatre pair de France,<br \/>\nTrouble des temps profonds la sombre transparence.<\/p>\n<p>Pour augmenter la brume, h\u00e9las ! les professeurs<br \/>\nAjoutent doctement de l\u2019encre aux \u00e9paisseurs,<br \/>\nEt l\u2019institut nous montre avec un air de gloire<br \/>\nL\u2019\u00e9nigme plus opaque et la source plus noire.<br \/>\n\u00d4 le bon vieux palais gard\u00e9 par deux lions !<br \/>\nLa science met l\u00e0 tous ses tabellions,<br \/>\nEt l\u2019on se complimente et l\u2019on se f\u00e9licite ;<br \/>\nEt moi l\u2019\u00e2ne, qui suis parmi vous en visite,<br \/>\nJe n\u2019aurais jamais cru que l\u2019homme triomph\u00e2t<br \/>\n\u00c0 ce point de son vide, et, si nul, f\u00fbt si fat !<br \/>\nAvec Diafoirus Bridoison fraternise ;<br \/>\nLe dindon introduit l\u2019oie et la divinise ;<br \/>\nVrai ! quand la com\u00e8te entre au sanh\u00e9drin des cieux<br \/>\nEt des astres fixant sur sa splendeur leurs yeux,<br \/>\nLe grand soleil, auquel tout l\u2019empyr\u00e9e adh\u00e8re,<br \/>\nNe fait pas plus de f\u00eate \u00e0 ce r\u00e9cipiendaire.<\/p>\n<p>Pleure, homme ! \u2014 Et que sais-tu de ton propre destin ?<br \/>\nDis ? quoi de ton cerveau ? quoi de ton intestin ?<br \/>\nQuoi d\u2019en haut ? quoi d\u2019en bas ? depuis ton vieux d\u00e9luge,<br \/>\nDis, ce que c\u2019est qu\u2019un pr\u00eatre et ce que c\u2019est qu\u2019un juge,<br \/>\nLe sais-tu ? te vois-tu serpenter, d\u00e9vier,<br \/>\nCrouler ? as-tu sond\u00e9 la mort, trou de l\u2019\u00e9vier ?<br \/>\nM\u00eame en consid\u00e9rant Dieu comme hors de cause,<br \/>\nComme clair dans l\u2019esprit et prouv\u00e9 dans la chose,<br \/>\nM\u00eame en nous laissant, nous les brutes, de c\u00f4t\u00e9,<br \/>\nComprendre ces mots, Sort, S\u00e9pulcre, Humanit\u00e9 ;<br \/>\nSavoir la profondeur de ce puits o\u00f9 tu tombes,<br \/>\nQuelle esp\u00e8ce de jour passe aux fentes des tombes,<br \/>\n\u00c0 quel commencement cette fin aboutit ;<br \/>\nSavoir si l\u2019homme, en qui l\u2019\u00e9ternel retentit,<br \/>\nEst ou n\u2019est pas tromp\u00e9 par ses sombres envies<br \/>\nD\u2019autres ascensions, d\u2019autres sorts, d\u2019autres vies ;<br \/>\nSavoir s\u2019il est \u00e9pi dans le c\u00e9leste bl\u00e9 ;<br \/>\nSavoir si l\u2019alchimiste inconnu, le Voil\u00e9,<br \/>\nSoude en ce creuset morne appel\u00e9 s\u00e9pulture<br \/>\nLe monde ant\u00e9rieur \u00e0 sa sph\u00e8re future ;<br \/>\nSi vous f\u00fbtes jadis, si vous f\u00fbtes ailleurs<br \/>\nPlus beaux ou plus hideux, plus m\u00e9chants ou meilleurs ;<br \/>\nSi l\u2019\u00e9preuve refait \u00e0 l\u2019\u00e2me une innocence ;<br \/>\nSi l\u2019homme sur la terre est en convalescence ;<br \/>\nSi vous redeviendrez divins au jour marqu\u00e9 ;<br \/>\nSi cette chair, limon sur votre \u00eatre appliqu\u00e9,<br \/>\nArgile \u00e0 qui le temps avare se mesure,<br \/>\nN\u2019est que le pansement d\u2019une ancienne blessure ;<br \/>\nSi quelqu\u2019un finira par lever l\u2019appareil ;<br \/>\nSavoir si chaque \u00e9toile et si chaque soleil<br \/>\nEst une roue en flamme aux lumi\u00e8res changeantes<br \/>\nDont les cr\u00e9ations diverses sont les jantes<br \/>\nEt dont la vie immense et sainte est le moyeu ;<br \/>\nVoir le fond du ciel noir et le fond du ciel bleu,<br \/>\nHomme, cela n\u2019est pas possible, et j\u2019en d\u00e9fie,<br \/>\nChrist, ta religion ! Kant, ta philosophie !<\/p>\n<p>Le gouffre r\u00e9pond-il \u00e0 qui vient l\u2019appeler ?<br \/>\nNon. L\u2019effort est perdu. D\u00e9chiffrer, \u00e9peler,<br \/>\nApprendre, \u00e9tudier, n\u2019est qu\u2019un pas en arri\u00e8re.<br \/>\nL\u2019esprit revient meurtri du choc de la barri\u00e8re ;<br \/>\nL\u2019homme est apr\u00e8s la marche un peu moins avanc\u00e9 ;<br \/>\nH\u00e9las ! X Y Z en sait moins qu\u2019A B C ;<br \/>\nL\u2019esp\u00e9rance a les yeux plus ouverts que l\u2019alg\u00e8bre ;<br \/>\nJ\u2019ai toujours entendu, devant le seuil fun\u00e8bre<br \/>\nDes probl\u00e8mes obscurs qui mettent sur les dents<br \/>\nLes chercheurs, et qui font griffonner aux p\u00e9dants<br \/>\nTant d\u2019affreux in-quarto, ruine du libraire,<br \/>\nL\u2019ignorance hennir et la science braire.<\/p>\n<p>Je viens de voir le bl\u00eame \u00e9difice construit<br \/>\nPar l\u2019homme et la chim\u00e8re, avec l\u2019ombre et le bruit,<br \/>\nLa rumeur, la clameur, la surdit\u00e9, la haine.<br \/>\nDe quoi je sors ? Je sors de la besogne vaine ;<br \/>\nJe viens de travailler, Kant, \u00e0 la vision.<br \/>\nJ\u2019ai vu faire \u00e0 Z\u00e9ro son \u00e9volution.<br \/>\nSur la montagne informe o\u00f9 la brume s\u00e9journe,<br \/>\nDans l\u2019obscur aquilon la Tour des langues tourne<br \/>\nSur quatre ailes : calcul, dogme, histoire, raison ;<br \/>\nLes savants, gerbe \u00e0 gerbe, y portent leur moisson ;<br \/>\nEt, tombant, surgissant, passantes \u00e9ternelles,<br \/>\nS\u2019\u00e9vitant, se cherchant, les quatre sombres ailes<br \/>\nSe poursuivent toujours sans s\u2019atteindre jamais ;<br \/>\nElles portent en bas la lueur des sommets,<br \/>\nEt rapportent en haut le gouffre, et la folie<br \/>\nDes souffles les tourmente et les h\u00e2te et les plie.<br \/>\nL\u2019int\u00e9rieur est plein d\u2019on ne sait quel brouillard ;<br \/>\nLe r\u00e2le du savoir s\u2019y m\u00eale au cri de l\u2019art ;<br \/>\n\u00d4 machine farouche ! on dirait que les meules<br \/>\nSont vivantes, et vont et roulent toutes seules ;<br \/>\nEt l\u2019on entend g\u00e9mir l\u2019esprit humain broy\u00e9 ;<br \/>\nTout l\u2019\u00e9difice a l\u2019air d\u2019un monstre foudroy\u00e9 ;<br \/>\nOn voit l\u00e0 s\u2019agiter, geindre, monter, descendre,<br \/>\nCes p\u00e2les nourrisseurs qui font du pain de cendre,<br \/>\nArius, Condillac, Locke, \u00c9rasme, Augustin ;<br \/>\nL\u2019un verse l\u00e0 son Dieu, l\u2019autre offre son destin ;<br \/>\nOn s\u2019appelle, on s\u2019entr\u2019aide, on s\u2019insulte, on se h\u00e8le ;<br \/>\nOn gravit, charge aux reins, la fr\u00e9missante \u00e9chelle ;<br \/>\nSous les pas des douteurs on voit trembler des ponts<br \/>\nO\u00f9 le pr\u00eatre jadis cloua ses vains crampons ;<br \/>\nL\u2019erreur r\u00f4de, la foi chante, l\u2019orgueil s\u2019exalte,<br \/>\nEt l\u2019on se presse, et point de tr\u00eave, et pas de halte ;<br \/>\nLe cr\u00e9puscule filtre aux poutres du plafond<br \/>\nPar les toiles qu\u2019Ignace et Machiavel font ;<br \/>\nTous vont ; celui-ci grimpe et celui-l\u00e0 se vautre ;<br \/>\nTous se parlent ; pas un n\u2019entend ce que dit l\u2019autre ;<br \/>\nL\u2019aile adresse en fuyant \u00e0 l\u2019aile qu\u2019elle suit<br \/>\nUn discours qui se perd dans un chaos de bruit ;<br \/>\nLes meules, \u00e9branlant la tour de leur tangage,<br \/>\n\u00c9changent sous la roue on ne sait quel langage ;<br \/>\nLes portes pleines d\u2019ombre en tournant sur leurs gonds<br \/>\nOnt l\u2019air de grommeler de monstrueux jargons ;<br \/>\nL\u2019\u0153uvre est \u00e9trange ; on voit les engrenages moudre<br \/>\nLe bien, le mal, le faux, le vrai, l\u2019aube, la foudre,<br \/>\nLe jour, la nuit, les Tyrs, les Th\u00e8bes, les Sions,<br \/>\nEt les r\u00e9alit\u00e9s, et les illusions ;<br \/>\nOn vide sur l\u2019amas des rouages horribles<br \/>\nD\u2019effrayants sacs de mots qu\u2019on appelle les bibles,<br \/>\nLes livres, les \u00e9crits, les textes, les v\u00e9das ;<br \/>\nLe diable est au grenier qui voit par un judas ;<br \/>\n\u00c0 mesure qu\u2019aux trous des cribles, noire ou blanche,<br \/>\nLa mouture en poussi\u00e8re aveuglante s\u2019\u00e9panche,<br \/>\nLa mort la jette aux vents, ironique meunier ;<br \/>\nOn entend cette poudre affirmer et nier,<br \/>\nDisputer, applaudir, et pousser des hu\u00e9es,<br \/>\nEt rire, en s\u2019envolant dans les fauves nu\u00e9es ;<br \/>\nEt des bouches au loin s\u2019ouvrant avidement<br \/>\n\u00c0 ces atomes fous que la nuit va semant ;<br \/>\nEt cette nourriture a l\u2019odeur de la tombe ;<br \/>\nLe fa\u00eete de la tour se l\u00e9zarde et surplombe ;<br \/>\nEt d\u2019autres travailleurs montent d\u2019autres fardeaux,<br \/>\nChacun ayant son sac de songes sur le dos ;<br \/>\nEt les quatre ailes vont dans l\u2019ouragan qui passe,<br \/>\nSi vaste qu\u2019en faisant un cercle dans l\u2019espace,<br \/>\nLa basse est dans l\u2019enfer et la haute est au ciel.<br \/>\nJe viens de ce moulin formidable, Babel.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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