{"id":9457,"date":"2025-04-17T22:08:33","date_gmt":"2025-04-17T20:08:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=9457"},"modified":"2025-04-17T22:08:33","modified_gmt":"2025-04-17T20:08:33","slug":"abime","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/abime\/","title":{"rendered":"Ab\u00eeme"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019HOMME.<\/p>\n<p>Je suis l\u2019esprit, vivant au sein des choses mortes.<br \/>\nJe sais forger les clefs quand on ferme les portes ;<br \/>\nJe fais vers le d\u00e9sert reculer le lion ;<br \/>\nJe m\u2019appelle Bacchus, No\u00e9, Deucalion ;<br \/>\nJe m\u2019appelle Shakspeare, Annibal, C\u00e9sar, Dante ;<br \/>\nJe suis le conqu\u00e9rant ; je tiens l\u2019\u00e9p\u00e9e ardente,<br \/>\nEt j\u2019entre, \u00e9pouvantant l\u2019ombre que je poursuis,<br \/>\nDans toutes les terreurs et dans toutes les nuits.<br \/>\nJe suis Platon, je vois ; je suis Newton, je trouve :<br \/>\nDu hibou je fais na\u00eetre Ath\u00e8ne, et de la louve<br \/>\nRome ; et l\u2019aigle m\u2019a dit : Toi, marche le premier !<br \/>\nJ\u2019ai Christ dans mon s\u00e9pulcre et Job sur mon fumier.<br \/>\nJe vis ! dans mes deux mains je porte en \u00e9quilibre<br \/>\nL\u2019\u00e2me et la chair ; je suis l\u2019homme enfin, ma\u00eetre et libre.<br \/>\nJe suis l\u2019antique Adam ! j\u2019aime, je sais, je sens ;<br \/>\nJ\u2019ai pris l\u2019arbre de vie entre mes poings puissants ;<br \/>\nJoyeux, je le secoue au-dessus de ma t\u00eate,<br \/>\nEt, comme si j\u2019\u00e9tais le vent de la temp\u00eate,<br \/>\nJ\u2019agite ses rameaux d\u2019oranges d\u2019or charg\u00e9s,<br \/>\nEt je crie : \u2014 Accourez, peuples ! prenez, mangez !<br \/>\nEt je fais sur leurs fronts tomber toutes les pommes ;<br \/>\nCar, science, pour moi, pour mes fils, pour les hommes,<br \/>\nTa s\u00e8ve \u00e0 flots descend des cieux pleins de bont\u00e9,<br \/>\nCar la Vie est ton fruit, racine \u00c9ternit\u00e9 !<br \/>\nEt tout germe, et tout cro\u00eet, et, fournaise agrandie,<br \/>\nComme en une for\u00eat court le rouge incendie,<br \/>\nLe beau Progr\u00e8s vermeil, l\u2019\u0153il sur l\u2019azur fix\u00e9,<br \/>\nMarche, et tout en marchant d\u00e9vore le pass\u00e9.<br \/>\nJe veux, tout ob\u00e9it, la mati\u00e8re inflexible<br \/>\nC\u00e8de ; je suis \u00e9gal presque au grand Invisible ;<br \/>\nCoteaux, je fais le vin comme lui fait le miel ;<br \/>\nJe l\u00e2che comme lui des globes dans le ciel ;<br \/>\nJe me fais un palais de ce qui fut ma ge\u00f4le ;<br \/>\nJ\u2019attache un fil vivant d\u2019un p\u00f4le \u00e0 l\u2019autre p\u00f4le ;<br \/>\nJe fais voler l\u2019esprit sur l\u2019aile de l\u2019\u00e9clair ;<br \/>\nJe tends l\u2019arc de Nemrod, le divin arc de fer,<br \/>\nEt la fl\u00e8che qui siffle et la fl\u00e8che qui vole<br \/>\nEt que j\u2019envoie au bout du monde, est ma parole.<br \/>\nJe fais causer le Rhin, le Gange et l\u2019Or\u00e9gon<br \/>\nComme trois voyageurs dans le m\u00eame wagon.<br \/>\nLa distance n\u2019est plus. Du vieux g\u00e9ant Espace<br \/>\nJ\u2019ai fait un nain. Je vais, et, devant mon audace,<br \/>\nLes noirs titans jaloux l\u00e8vent leur front fl\u00e9tri ;<br \/>\nProm\u00e9th\u00e9e, au Caucase encha\u00een\u00e9, pousse un cri,<br \/>\nTout \u00e9tonn\u00e9 de voir Franklin voler la foudre ;<br \/>\nFulton, qu\u2019un Jupiter e\u00fbt mis jadis en poudre,<br \/>\nMonte L\u00e9viathan et traverse la mer ;<br \/>\nGalvani, calme, \u00e9treint la mort au rire amer ;<br \/>\nVolta prend dans ses mains le glaive de l\u2019archange<br \/>\nEt le dissout ; le monde \u00e0 ma voix tremble et change ;<br \/>\nCa\u00efn meurt, l\u2019avenir ressemble au jeune Abel ;<br \/>\nJe reconquiers \u00c9den et j\u2019ach\u00e8ve Babel.<br \/>\nRien sans moi. La nature \u00e9bauche ; je termine.<br \/>\nTerre, je suis ton roi.<\/p>\n<p>LA TERRE<\/p>\n<p>Tu n\u2019es que ma vermine.<br \/>\nLe sommeil, lourd besoin, la fi\u00e8vre, feu subtil,<br \/>\nLe ventre abject, la faim, la soif, l\u2019estomac vil,<br \/>\nT\u2019accablent, noir passant, d\u2019infirmit\u00e9s sans nombre,<br \/>\nEt, vieux, tu n\u2019es qu\u2019un spectre, et, mort, tu n\u2019es qu\u2019une ombre.<br \/>\nTu t\u2019en vas dans la cendre ! et moi je reste au jour ;<br \/>\nJ\u2019ai toujours le printemps, l\u2019aube, les fleurs, l\u2019amour ;<br \/>\nJe suis plus jeune apr\u00e8s des millions d\u2019ann\u00e9es.<br \/>\nJ\u2019emplis d\u2019instincts r\u00eaveurs les b\u00eates \u00e9tonn\u00e9es.<br \/>\nDu gland je tire un ch\u00eane et le fruit du pepin.<br \/>\nJe me verse, urne sombre, au brin d\u2019herbe, au sapin,<br \/>\nAu cep d\u2019o\u00f9 sort la grappe, aux bl\u00e9s qui font les gerbes.<br \/>\nSe tenant par la main, comme des s\u0153urs superbes,<br \/>\nSur ma face o\u00f9 s\u2019\u00e9pand l\u2019ombre, o\u00f9 le rayon luit,<br \/>\nLes douze heures du jour, les douze heures de nuit<br \/>\nDansent incessamment une ronde sacr\u00e9e.<br \/>\nJe suis source et chaos ; j\u2019ensevelis, je cr\u00e9e.<br \/>\nQuand le matin naquit dans l\u2019azur, j\u2019\u00e9tais l\u00e0.<br \/>\nV\u00e9suve est mon usine, et ma forge est l\u2019H\u00e9kla ;<br \/>\nJe rougis de l\u2019Etna les hautes chemin\u00e9es.<br \/>\nEn remuant Cuzco, j\u2019\u00e9meus les Pyr\u00e9n\u00e9es.<br \/>\nJ\u2019ai pour esclave un astre ; alors que vient le soir<br \/>\nSur un de mes c\u00f4t\u00e9s jetant un voile noir,<br \/>\nJ\u2019ai ma lampe : la lune au front humain m\u2019\u00e9claire ;<br \/>\nEt si quelque assassin, dans un bois s\u00e9culaire,<br \/>\nVers l\u2019ombre la plus s\u00fbre et le plus \u00e2pre lieu<br \/>\nS\u2019enfuit, je le poursuis de ce masque de feu.<br \/>\nJe peuple l\u2019air, la flamme et l\u2019onde ; et mon haleine<br \/>\nFait, comme l\u2019oiseau-mouche, \u00e9clore la baleine ;<br \/>\nComme je fais le ver, j\u2019enfante les typhons.<br \/>\nGlobe vivant, je suis v\u00eatu des flots profonds,<br \/>\nDes for\u00eats et des monts ainsi que d\u2019une armure.<\/p>\n<p>SATURNE<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que cette voix ch\u00e9tive qui murmure ?<br \/>\nTerre, \u00e0 quoi bon tourner dans ton champ si born\u00e9,<br \/>\nGrain de sable, d\u2019un grain de cendre accompagn\u00e9 ?<br \/>\nMoi dans l\u2019immense azur je trace un cercle \u00e9norme ;<br \/>\nL\u2019espace avec terreur voit ma beaut\u00e9 difforme ;<br \/>\nMon anneau, qui des nuits empourpre la p\u00e2leur,<br \/>\nComme les boules d\u2019or que croise le jongleur,<br \/>\nLance, m\u00eale et retient sept lunes colossales.<\/p>\n<p>LE SOLEIL<\/p>\n<p>Silence au fond des cieux, plan\u00e8tes, mes vassales !<br \/>\nPaix ! Je suis le pasteur, vous \u00eates le b\u00e9tail.<br \/>\nComme deux chars de front passent sous un portail,<br \/>\nDans mon moindre volcan Saturne avec la Terre<br \/>\nEntreraient sans toucher aux parois du crat\u00e8re.<br \/>\nChaos ! je suis la loi. Fange ! je suis le feu.<br \/>\nContemplez-moi ! Je suis la vie et le milieu,<br \/>\nLe Soleil, l\u2019\u00e9ternel orage de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>SIRIUS<\/p>\n<p>J\u2019entends parler l\u2019atome. Allons, Soleil, poussi\u00e8re,<br \/>\nTais-toi ! Tais-toi, fant\u00f4me, esp\u00e8ce de clart\u00e9 !<br \/>\nP\u00e2tres dont le troupeau fuit dans l\u2019immensit\u00e9,<br \/>\nGlobes obscurs, je suis moins hautain que vous n\u2019\u00eates.<br \/>\nTe voil\u00e0-t-il pas fier, \u00f4 gardeur de plan\u00e8tes,<br \/>\nPour sept ou huit moutons que tu pais dans l\u2019azur !<br \/>\nMoi, j\u2019emporte en mon orbe auguste, vaste et pur,<br \/>\nMille sph\u00e8res de feu dont la moindre a cent lunes.<br \/>\nLe sais-tu seulement, larve qui m\u2019importunes ?<br \/>\nQue me sert de briller aupr\u00e8s de ce n\u00e9ant ?<br \/>\nL\u2019astre nain ne voit pas m\u00eame l\u2019astre g\u00e9ant.<\/p>\n<p>ALD\u00c9BARAN<\/p>\n<p>Sirius dort ; je vis ! C\u2019est \u00e0 peine s\u2019il bouge.<br \/>\nJ\u2019ai trois soleils, l\u2019un blanc, l\u2019autre vert, l\u2019autre rouge ;<br \/>\nCentre d\u2019un tourbillon de mondes effr\u00e9n\u00e9s,<br \/>\nIls tournent, d\u2019une cha\u00eene invisible encha\u00een\u00e9s,<br \/>\nSi vite, qu\u2019on croit voir passer une flamme ivre,<br \/>\nEt que la foudre a dit : Je renonce \u00e0 les suivre !<\/p>\n<p>ARCTURUS<\/p>\n<p>Moi, j\u2019ai quatre soleils tournants, quadruple enfer,<br \/>\nEt leurs quatre rayons ne font qu\u2019un seul \u00e9clair.<\/p>\n<p>LA COM\u00c8TE<\/p>\n<p>Place \u00e0 l\u2019oiseau com\u00e8te, effroi des nuits profondes !<br \/>\nJe passe. Frissonnez ! Chacun de vous, \u00f4 mondes,<br \/>\n\u00d4 soleils ! n\u2019est pour moi qu\u2019un grain de s\u00e9nev\u00e9 !<\/p>\n<p>SEPTENTRION<\/p>\n<p>Un bras myst\u00e9rieux me tient toujours lev\u00e9 ;<br \/>\nJe suis le chandelier \u00e0 sept branches du p\u00f4le.<br \/>\nComme des fantassins le glaive sur l\u2019\u00e9paule,<br \/>\nMes feux veillent au bord du vide o\u00f9 tout finit ;<br \/>\nLes univers sem\u00e9s du nadir au z\u00e9nith,<br \/>\nSous tous les \u00e9quateurs et sous tous les tropiques,<br \/>\nDisent entre eux : \u2014 On voit la pointe de leurs piques ;<br \/>\nCe sont les noirs gardiens du p\u00f4le monstrueux. \u2014<br \/>\nL\u2019\u00e9ther t\u00e9n\u00e9breux, plein de globes tortueux,<br \/>\nNe sait pas qui je suis, et dans la nuit vermeille<br \/>\nIl me guette, pendant que moi, clart\u00e9, je veille.<\/p>\n<p>Il me voit m\u2019avancer, moi l\u2019immense \u00e9claireur,<br \/>\nSe dresse, et, fr\u00e9missant, \u00e9coute avec horreur<br \/>\nS\u2019il n\u2019entend pas marcher mes chevaux invisibles.<br \/>\nIl me jette des noms sauvages et terribles,<br \/>\nEt voit en moi la b\u00eate errante dans les cieux.<br \/>\nOr nous sommes le nord, les lumi\u00e8res, les yeux,<br \/>\nSept yeux vivants, ayant des soleils pour prunelles,<br \/>\nLes \u00e9ternels flambeaux des ombres \u00e9ternelles.<br \/>\nJe suis Septentrion qui sur vous appara\u00eet.<br \/>\nSirius avec tous ses globes ne serait<br \/>\nPas m\u00eame une \u00e9tincelle en ma moindre fournaise.<br \/>\nEntre deux de mes feux cent mondes sont \u00e0 l\u2019aise.<br \/>\nJ\u2019habite sur la nuit les radieux sommets.<br \/>\nLes com\u00e8tes de braise elles-m\u00eames jamais<br \/>\nN\u2019oseraient \u00e9clairer des flammes de leurs queues<br \/>\nLe chariot roulant dans les profondeurs bleues.<br \/>\nCet astre qui parlait je ne l\u2019aper\u00e7ois pas.<br \/>\nLes \u00e9toiles des cieux vont et viennent l\u00e0-bas,<br \/>\nTra\u00eenant leurs sph\u00e8res d\u2019or et leurs lunes fid\u00e8les,<br \/>\nEt, si je me mettais en marche au milieu d\u2019elles<br \/>\nDans les champs de l\u2019\u00e9ther \u00e0 ma splendeur soumis,<br \/>\nMa roue \u00e9craserait tous ces soleils fourmis !<\/p>\n<p>LE ZODIAQUE<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce donc que ta roue \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la mienne ?<br \/>\nDe quelque point du ciel que ta lumi\u00e8re vienne,<br \/>\nElle se heurte \u00e0 moi qui suis le cabestan<br \/>\nDe l\u2019ab\u00eeme, et qui dis aux soleils : Toi, va-t-en !<br \/>\nToi, reviens. C\u2019est ton tour. Toi, sors. Je te renvoie !<br \/>\nCar je n\u2019existe pas seulement pour qu\u2019on voie<br \/>\n\u00c0 jamais, dans l\u2019azur farouche et flamboyant,<br \/>\nLe Taureau, le B\u00e9lier, et le Lion fuyant<br \/>\nDevant ce monstrueux chasseur, le Sagittaire,<br \/>\nJe plonge un seau profond dans le puits du myst\u00e8re,<br \/>\nEt je suis le rouage \u00e9norme d\u2019o\u00f9 descend<br \/>\nL\u2019ordre invisible au fond du gouffre \u00e9blouissant.<br \/>\nCiel sacr\u00e9, si des yeux pouvaient avoir entr\u00e9e<br \/>\nDans ton prodige, et dans l\u2019horreur d\u00e9mesur\u00e9e,<br \/>\nPeut-\u00eatre, en l\u2019engrenage o\u00f9 je suis, verrait-on,<br \/>\nComme l\u2019Ixion noir d\u2019un divin Phl\u00e9g\u00e9ton,<br \/>\nQuelque effrayant damn\u00e9, quelque immense \u00e2me en peine,<br \/>\nRecommen\u00e7ant sans cesse une ascension vaine,<br \/>\nEt, pour l\u2019astre qui vient quittant l\u2019astre qui fuit,<br \/>\nMonter les \u00e9chelons sinistres de la nuit !<\/p>\n<p>LA VOIE LACT\u00c9E<\/p>\n<p>Millions, millions, et millions d\u2019\u00e9toiles !<br \/>\nJe suis, dans l\u2019ombre affreuse et sous les sacr\u00e9s voiles,<br \/>\nLa splendide for\u00eat des constellations.<br \/>\nC\u2019est moi qui suis l\u2019amas des yeux et des rayons,<br \/>\nL\u2019\u00e9paisseur inou\u00efe et morne des lumi\u00e8res.<br \/>\nEncor tout d\u00e9bordant des effluves premi\u00e8res,<br \/>\nMon \u00e9clatant ab\u00eeme est votre source \u00e0 tous.<br \/>\n\u00d4 les astres d\u2019en bas, je suis si loin de vous<br \/>\nQue mon vaste archipel de splendeurs immobiles,<br \/>\nQue mon tas de soleils n\u2019est, pour vos yeux d\u00e9biles,<br \/>\nAu fond du ciel, d\u00e9sert lugubre o\u00f9 meurt le bruit,<br \/>\nQu\u2019un peu de cendre rouge \u00e9parse dans la nuit !<br \/>\nMais, \u00f4 globes rampants et lourds, quelle \u00e9pouvante<br \/>\nPour qui p\u00e9n\u00e9trerait dans ma lueur vivante,<br \/>\nPour qui verrait de pr\u00e8s mon nuage vermeil !<br \/>\nChaque point est un astre et chaque astre un soleil.<br \/>\nAutant d\u2019astres, autant d\u2019immensit\u00e9s \u00e9tranges,<br \/>\nDiverses, s\u2019approchant des d\u00e9mons ou des anges,<br \/>\nDont les plan\u00e8tes font autant de nations ;<br \/>\nUn groupe d\u2019univers, en proie aux passions,<br \/>\nTourne autour de chacun de mes soleils de flammes ;<br \/>\nDans chaque humanit\u00e9 sont des c\u0153urs et des \u00e2mes,<br \/>\nMiroirs profonds ouverts \u00e0 l\u2019\u0153il universel,<br \/>\nDans chaque c\u0153ur l\u2019amour, dans chaque \u00e2me le ciel !<br \/>\nTout cela na\u00eet, meurt, cro\u00eet, d\u00e9cro\u00eet, se multiplie.<br \/>\nLa lumi\u00e8re en regorge et l\u2019ombre en est remplie.<br \/>\nDans le gouffre sous moi, de mon aube \u00e9blouis,<br \/>\nGlobes, grains de lumi\u00e8re au loin \u00e9panouis,<br \/>\nToi, zodiaque, vous, com\u00e8tes \u00e9perdues,<br \/>\nTremblants, vous traversez les bl\u00eames \u00e9tendues,<br \/>\nEt vos bruits sont pareils \u00e0 de vagues clairons,<br \/>\nEt j\u2019ai plus de soleils que vous de moucherons.<br \/>\nMon immensit\u00e9 vit, radieuse et f\u00e9conde.<\/p>\n<p>J\u2019ignore par moments si le reste du monde,<br \/>\nErrant dans quelque coin du morne firmament,<br \/>\nNe s\u2019\u00e9vanouit pas dans mon rayonnement.<\/p>\n<p>LES N\u00c9BULEUSES<\/p>\n<p>\u00c0 qui parles-tu donc, flocon lointain qui passes ?<br \/>\n\u00c0 peine entendons-nous ta voix dans les espaces.<br \/>\nNous ne te distinguons que comme un nimbe obscur<br \/>\nAu coin le plus perdu du plus nocturne azur.<br \/>\nLaisse-nous luire en paix, nous, blancheurs des t\u00e9n\u00e8bres,<br \/>\nMondes spectres \u00e9clos dans les chaos fun\u00e8bres,<br \/>\nN\u2019ayant ni p\u00f4le austral ni p\u00f4le bor\u00e9al ;<br \/>\nNous, les r\u00e9alit\u00e9s vivant dans l\u2019id\u00e9al,<br \/>\nLes univers, d\u2019o\u00f9 sort l\u2019immense essaim des r\u00eaves,<br \/>\nDispers\u00e9s dans l\u2019\u00e9ther, cet oc\u00e9an sans gr\u00e8ves<br \/>\nDont le flot \u00e0 son bord n\u2019est jamais revenu ;<br \/>\nNous les cr\u00e9ations, \u00eeles de l\u2019inconnu !<\/p>\n<p>L\u2019INFINI<\/p>\n<p>L\u2019\u00eatre multiple vit dans mon unit\u00e9 sombre.<\/p>\n<p>DIEU<\/p>\n<p>Je n\u2019aurais qu\u2019\u00e0 souffler, et tout serait de l\u2019ombre.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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