{"id":9162,"date":"2025-04-17T12:19:58","date_gmt":"2025-04-17T10:19:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=9162"},"modified":"2025-04-17T12:19:58","modified_gmt":"2025-04-17T10:19:58","slug":"a-propos-dhorace","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/a-propos-dhorace\/","title":{"rendered":"\u00c0 propos d\u2019Horace"},"content":{"rendered":"<p>Marchands de grec ! marchands de latin ! cuistres ! dogues !<br \/>\nPhilistins ! magisters ! je vous hais, p\u00e9dagogues !<br \/>\nCar, dans votre aplomb grave, infaillible, h\u00e9b\u00e9t\u00e9,<br \/>\nVous niez l\u2019id\u00e9al, la gr\u00e2ce et la beaut\u00e9 !<br \/>\nCar vos textes, vos lois, vos r\u00e8gles sont fossiles !<br \/>\nCar, avec l\u2019air profond, vous \u00eates imb\u00e9ciles !<br \/>\nCar vous enseignez tout, et vous ignorez tout !<br \/>\nCar vous \u00eates mauvais et m\u00e9chants ! \u2014 Mon sang bout<br \/>\nRien qu\u2019\u00e0 songer au temps o\u00f9, r\u00eaveuse bourrique,<br \/>\nGrand diable de seize ans, j\u2019\u00e9tais en rh\u00e9torique !<br \/>\nQue d\u2019ennuis ! de fureurs ! de b\u00eatises ! \u2014 gredins ! \u2014<br \/>\nQue de froids ch\u00e2timents et que de chocs soudains !<br \/>\n\u2014 Dimanche en retenue et cinq cents vers d\u2019Horace ! \u2014<br \/>\nJe regardais le monstre aux ongles noirs de crasse,<br \/>\nEt je balbutiais : \u2014 Monsieur\u2026 \u2014 Pas de raisons !<br \/>\nVingt fois l\u2019ode \u00e0 Plancus et l\u2019\u00e9p\u00eetre aux Pisons ! \u2014<br \/>\nOr j\u2019avais justement, ce jour-l\u00e0, \u2014 douce id\u00e9e<br \/>\nQui me faisait r\u00eaver d\u2019Armide et d\u2019Ha\u00ffd\u00e9e, \u2014<br \/>\nUn rendez-vous avec la fille du portier.<br \/>\nGrand Dieu ! perdre un tel jour ! le perdre tout entier !<br \/>\nJe devais, en parlant d\u2019amour, extase pure !<br \/>\nEn l\u2019enivrant avec le ciel et la nature,<br \/>\nLa mener, si le temps n\u2019\u00e9tait pas trop mauvais,<br \/>\nManger de la galette aux buttes Saint-Gervais !<br \/>\nR\u00eave heureux ! je voyais, dans ma col\u00e8re bleue,<br \/>\nTout cet \u00e9den, cong\u00e9, les lilas, la banlieue,<br \/>\nEt j\u2019entendais, parmi le thym et le muguet,<br \/>\nLes vagues violons de la m\u00e8re Saguet !<br \/>\n\u00d4 douleur ! Furieux, je montais \u00e0 ma chambre,<br \/>\nFournaise au mois de juin, et glaci\u00e8re en d\u00e9cembre,<br \/>\nEt, l\u00e0, je m\u2019\u00e9criais :<\/p>\n<p>\u2014 Horace ! \u00f4 bon gar\u00e7on !<br \/>\nQui vivais dans le calme et selon la raison,<br \/>\nEt qui t\u2019allais poser, dans ta sagesse franche,<br \/>\nSur tout, comme l\u2019oiseau se pose sur la branche,<br \/>\nSans peser, sans rester, ne demandant aux dieux<br \/>\nQue le temps de chanter ton chant libre et joyeux !<br \/>\nTu marchais, \u00e9coutant le soir, sous les charmilles,<br \/>\nLes rires \u00e9touff\u00e9s des folles jeunes filles,<br \/>\nLes doux chuchotements dans l\u2019angle obscur du bois ;<br \/>\nTu courtisais ta belle esclave quelquefois,<br \/>\nMyrtale aux blonds cheveux, qui s\u2019irrite et se cabre<br \/>\nComme la mer creusant les golfes de Calabre ;<br \/>\nOu bien tu t\u2019accoudais \u00e0 table, buvant sec<br \/>\nTon vin que tu mettais toi-m\u00eame en un pot grec.<br \/>\nP\u00e9gase te soufflait des vers de sa narine ;<br \/>\nTu songeais ; tu faisais des odes \u00e0 Barine,<br \/>\n\u00c0 M\u00e9c\u00e8ne, \u00e0 Virgile, \u00e0 ton champ de Tibur,<br \/>\n\u00c0 Chlo\u00eb qui passait le long de ton vieux mur,<br \/>\nPortant sur son beau front l\u2019amphore d\u00e9licate.<br \/>\nLa nuit, lorsque Ph\u0153b\u00e9 devient la sombre H\u00e9cate,<br \/>\nLes halliers s\u2019emplissaient pour toi de visions ;<br \/>\nTu voyais des lueurs, des formes, des rayons,<br \/>\nCerb\u00e8re se frotter, la queue entre les jambes,<br \/>\n\u00c0 Bacchus, dieu des vins et p\u00e8re des \u00efambes ;<br \/>\nSil\u00e8ne dig\u00e9rer dans sa grotte, pensif ;<br \/>\nEt se glisser dans l\u2019ombre, et s\u2019enivrer, lascif,<br \/>\nAux blanches nudit\u00e9s des nymphes peu v\u00eatues,<br \/>\nLe faune aux pieds de ch\u00e8vre, aux oreilles pointues !<br \/>\nHorace, quand gris\u00e9 d\u2019un petit vin sabin,<br \/>\nTu surprenais Glyc\u00e8re ou Lycoris au bain,<br \/>\nQui t\u2019e\u00fbt dit, \u00f4 Flaccus ! quand tu peignais \u00e0 Rome<br \/>\nLes jeunes chevaliers courant dans l\u2019hippodrome,<br \/>\nComme Moli\u00e8re a peint en France les marquis,<br \/>\nQue tu faisais ces vers charmants, profonds, exquis,<br \/>\nPour servir, dans le si\u00e8cle odieux o\u00f9 nous sommes,<br \/>\nD\u2019instruments de torture \u00e0 d\u2019horribles bonshommes,<br \/>\nMal peign\u00e9s, mal v\u00eatus, qui m\u00e2chent, lourds p\u00e9dants,<br \/>\nComme un singe une fleur, ton nom entre leurs dents !<br \/>\nGrimauds hideux qui n\u2019ont, tant leur t\u00eate est vid\u00e9e,<br \/>\nJamais eu de ma\u00eetresse et jamais eu d\u2019id\u00e9e !<\/p>\n<p>Puis j\u2019ajoutais, farouche :<\/p>\n<p>\u2014 \u00d4 cancres ! qui mettez<br \/>\nUne soutane aux dieux de l\u2019\u00e9ther irrit\u00e9s,<br \/>\nUn b\u00e9guin \u00e0 Diane, et qui de vos tricornes<br \/>\nCoiffez sinistrement les olympiens mornes,<br \/>\nEunuques, tourmenteurs, cr\u00e9tins, soyez maudits !<br \/>\nCar vous \u00eates les vieux, les noirs, les engourdis ;<br \/>\nCar vous \u00eates l\u2019hiver ; car vous \u00eates, \u00f4 cruches,<br \/>\nL\u2019ours qui va dans les bois cherchant un arbre \u00e0 ruches,<br \/>\nL\u2019ombre, le plomb, la mort, la tombe, le n\u00e9ant !<br \/>\nNul ne vit pr\u00e8s de vous dress\u00e9 sur son s\u00e9ant ;<br \/>\nEt vous p\u00e9trifiez d\u2019une haleine sordide<br \/>\nLe jeune homme na\u00eff, \u00e9tincelant, splendide ;<br \/>\nEt vous vous approchez de l\u2019aurore, endormeurs !<br \/>\n\u00c0 Pindare serein plein d\u2019\u00e9piques rumeurs,<br \/>\n\u00c0 Sophocle, \u00e0 T\u00e9rence, \u00e0 Plaute, \u00e0 l\u2019ambroisie,<br \/>\n\u00d4 tra\u00eetres, vous m\u00ealez l\u2019antique hypocrisie,<br \/>\nVos t\u00e9n\u00e8bres, vos m\u0153urs, vos jougs, vos exeats,<br \/>\nEt l\u2019assoupissement des noirs couvents b\u00e9ats ;<br \/>\nVos coups d\u2019ongle rayant tous les sublimes livres,<br \/>\nVos pr\u00e9jug\u00e9s qui font vos yeux de brouillards ivres,<br \/>\nL\u2019horreur de l\u2019avenir, la haine du progr\u00e8s ;<br \/>\nEt vous faites, sans peur, sans piti\u00e9, sans regrets,<br \/>\n\u00c0 la jeunesse, aux c\u0153urs vierges, \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance,<br \/>\nBoire dans votre nuit ce vieil opium rance !<br \/>\n\u00d4 fermoirs de la bible humaine ! sacristains<br \/>\nDe l\u2019art, de la science, et des ma\u00eetres lointains,<br \/>\nEt de la v\u00e9rit\u00e9 que l\u2019homme aux cieux \u00e9pelle,<br \/>\nVous changez ce grand temple en petite chapelle !<br \/>\nGuichetiers de l\u2019esprit, faquins dont le go\u00fbt s\u00fbr<br \/>\nM\u00e8ne en laisse le beau, porte-clefs de l\u2019azur,<br \/>\nVous prenez Th\u00e9ocrite, Eschyle aux sacr\u00e9s voiles,<br \/>\nTibulle plein d\u2019amour, Virgile plein d\u2019\u00e9toiles,<br \/>\nVous faites de l\u2019enfer avec ces paradis !<\/p>\n<p>Et ma rage croissant, je reprenais :<\/p>\n<p>\u2014 Maudits,<br \/>\nCes monast\u00e8res sourds ! bouges ! prisons ha\u00efes !<br \/>\nOh ! comme on fit jadis au p\u00e9dant de Ve\u00efes,<br \/>\nCulotte bas, vieux tigre ! \u00c9coliers ! \u00e9coliers !<br \/>\nAccourez par essaims, par bandes, par milliers,<br \/>\nDu gamin de Paris au gr\u00e6culus de Rome,<br \/>\nEt coupez du bois vert, et fouaillez-moi cet homme !<br \/>\nJeunes bouches, mordez le metteur de b\u00e2illons !<br \/>\nLe mannequin sur qui l\u2019on drape des haillons<br \/>\nA tout autant d\u2019esprit que ce cuistre en son antre,<br \/>\nEt tout autant de c\u0153ur ; et l\u2019un a dans le ventre<br \/>\nDu latin et du grec comme l\u2019autre \u00e0 du foin.<br \/>\nAh ! je prends Phyllodoce et Xanthis \u00e0 t\u00e9moin<br \/>\nQue je suis amoureux de leurs claires tuniques ;<br \/>\nMais je hais l\u2019affreux tas des vils p\u00e9dants iniques !<br \/>\nConfier un enfant, je vous demande un peu,<br \/>\n\u00c0 tous ces \u00eatres noirs ! autant mettre, morbleu,<br \/>\nLa mouche en pension chez une tarentule !<br \/>\nCes moines, expliquer Platon, lire Catulle,<br \/>\nTacite racontant le grand Agricola,<br \/>\nLucr\u00e8ce ! eux, d\u00e9chiffrer Hom\u00e8re, ces gens-l\u00e0 !<br \/>\nCes diacres, ces bedeaux dont le groin renifle !<br \/>\nCr\u00e2nes d\u2019o\u00f9 sort la nuit, pattes d\u2019o\u00f9 sort la gifle,<br \/>\nVieux dadais \u00e0 l\u2019air rogue, au sourcil triomphant,<br \/>\nQui ne savent pas m\u00eame \u00e9peler un enfant !<br \/>\nIls ignorent comment l\u2019\u00e2me na\u00eet et veut cro\u00eetre.<br \/>\nCela vous a Laharpe et Nonotte pour clo\u00eetre !<br \/>\nIls en sont \u00e0 l\u2019A, B, C, D, du c\u0153ur humain ;<br \/>\nIls sont l\u2019horrible Hier qui veut tuer Demain ;<br \/>\nIls offrent \u00e0 l\u2019aiglon leurs r\u00e8gles d\u2019\u00e9crevisses.<br \/>\nEt puis ces noirs tessons ont une odeur de vices.<br \/>\n\u00d4 vieux pots \u00e9gueul\u00e9s des soifs qu\u2019on ne dit pas !<br \/>\nLe pluriel met une S \u00e0 leurs meas culpas,<br \/>\nLes boucs myst\u00e9rieux, en les voyants, s\u2019indignent,<br \/>\nEt, quand on dit : \u2014 Amour ! \u2014 terre et cieux ! ils se signent.<br \/>\nLeur vieux visc\u00e8re mort insulte au c\u0153ur naissant.<br \/>\nIls le prennent de haut avec l\u2019adolescent,<br \/>\nEt ne tol\u00e8rent pas le jour entrant dans l\u2019\u00e2me<br \/>\nSous la forme pens\u00e9e ou sous la forme femme.<br \/>\nQuand la muse appara\u00eet, ces hurleurs de hol\u00e0<br \/>\nDisent : \u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette folle-l\u00e0 ? \u2014<br \/>\nEt, devant ses beaut\u00e9s, de ses rayons accrues,<br \/>\nIls reprennent : \u2014 Couleurs dures, nuances crues ;<br \/>\nVapeurs, illusions, r\u00eaves ; et quel travers<br \/>\nAvez-vous de fourrer l\u2019arc-en-ciel dans vos vers ? \u2014<br \/>\nIls raillent les enfants, ils raillent les po\u00ebtes ;<br \/>\nIls font aux rossignols leurs gros yeux de chouettes ;<br \/>\nL\u2019enfant est l\u2019ignorant, ils sont l\u2019ignorantin ;<br \/>\nIls raturent l\u2019esprit, la splendeur, le matin ;<br \/>\nIls sarclent l\u2019id\u00e9al ainsi qu\u2019un barbarisme,<br \/>\nEt ces culs de bouteille ont le d\u00e9dain du prisme ! \u2014<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019on m\u2019entendait dans ma ge\u00f4le crier.<\/p>\n<p>Le monologue avait le temps de varier.<br \/>\nEt je m\u2019exasp\u00e9rais, faisant la faute \u00e9norme,<br \/>\nAyant raison au fond, d\u2019avoir tort dans la forme.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019abb\u00e9 Tuet, je maudissais Bezout ;<br \/>\nCar, outre les pensums o\u00f9 l\u2019esprit se dissout,<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais alors en proie \u00e0 la math\u00e9matique.<br \/>\nTemps sombre ! enfant \u00e9mu du frisson po\u00e9tique,<br \/>\nPauvre oiseau qui heurtais du cr\u00e2ne mes barreaux,<br \/>\nOn me livrait tout vif aux chiffres, noirs bourreaux ;<br \/>\nOn me faisait de force ingurgiter l\u2019alg\u00e8bre ;<br \/>\nOn me liait au fond d\u2019un Boisbertrand fun\u00e8bre ;<br \/>\nOn me tordait, depuis les ailes jusqu\u2019au bec,<br \/>\nSur l\u2019affreux chevalet des X et des Y ;<br \/>\nH\u00e9las ! on me fourrait sous les os maxillaires<br \/>\nLe th\u00e9or\u00e8me orn\u00e9 de tous ses corollaires ;<br \/>\nEt je me d\u00e9battais, lugubre patient<br \/>\nDu diviseur pr\u00eatant main-forte au quotient.<br \/>\nDe l\u00e0 mes cris.<\/p>\n<p>Un jour, quand l\u2019homme sera sage,<br \/>\nLorsqu\u2019on n\u2019instruira plus les oiseaux par la cage,<br \/>\nQuand les soci\u00e9t\u00e9s difformes sentiront<br \/>\nDans l\u2019enfant mieux compris se redresser leur front,<br \/>\nQue, des libres essors ayant sond\u00e9 les r\u00e8gles,<br \/>\nOn conna\u00eetra la loi de croissance des aigles,<br \/>\nEt que le plein midi rayonnera pour tous,<br \/>\nSavoir \u00e9tant sublime, apprendre sera doux.<br \/>\nAlors, tout en laissant au sommet des \u00e9tudes<br \/>\nLes grands livres latins et grecs, ces solitudes<br \/>\nO\u00f9 l\u2019\u00e9clair gronde, o\u00f9 luit la mer, o\u00f9 l\u2019astre rit,<br \/>\nEt qu\u2019emplissent les vents immenses de l\u2019esprit,<br \/>\nC\u2019est en les p\u00e9n\u00e9trant d\u2019explication tendre,<br \/>\nEn les faisant aimer, qu\u2019on les fera comprendre.<br \/>\nHom\u00e8re emportera dans son vaste reflux<br \/>\nL\u2019\u00e9colier \u00e9bloui ; l\u2019enfant ne sera plus<br \/>\nUne b\u00eate de somme attel\u00e9e \u00e0 Virgile ;<br \/>\nEt l\u2019on ne verra plus ce vif esprit agile<br \/>\nDevenir, sous le fouet d\u2019un cuistre ou d\u2019un abb\u00e9,<br \/>\nLe lourd cheval poussif du pensum embourb\u00e9.<br \/>\nChaque village aura, dans un temple rustique,<br \/>\nDans la lumi\u00e8re, au lieu du magister antique,<br \/>\nTrop noir pour que jamais le jour y p\u00e9n\u00e9tr\u00e2t,<br \/>\nL\u2019instituteur lucide et grave, magistrat<br \/>\nDu progr\u00e8s, m\u00e9decin de l\u2019ignorance, et pr\u00eatre<br \/>\nDe l\u2019id\u00e9e ; et dans l\u2019ombre on verra dispara\u00eetre<br \/>\nL\u2019\u00e9ternel \u00e9colier et l\u2019\u00e9ternel p\u00e9dant.<br \/>\nL\u2019aube vient en chantant, et non pas en grondant.<br \/>\nNos fils riront de nous dans cette blanche sph\u00e8re ;<br \/>\nIls se demanderont ce que nous pouvions faire<br \/>\nEnseigner au moineau par le hibou hagard.<br \/>\nAlors, le jeune esprit et le jeune regard<br \/>\nSe l\u00e8veront avec une clart\u00e9 sereine<br \/>\nVers la science auguste, aimable et souveraine ;<br \/>\nAlors, plus de grimoire obscur, fade, \u00e9touffant ;<br \/>\nLe ma\u00eetre, doux ap\u00f4tre inclin\u00e9 sur l\u2019enfant,<br \/>\nFera, lui versant Dieu, l\u2019azur et l\u2019harmonie,<br \/>\nBoire la petite \u00e2me \u00e0 la coupe infinie.<br \/>\nAlors, tout sera vrai, lois, dogmes, droits, devoirs.<br \/>\nTu laisseras passer dans tes jambages noirs<br \/>\nUne pure lueur, de jour en jour moins sombre,<br \/>\n\u00d4 nature, alphabet des grandes lettres d\u2019ombre !<\/p>\n<p>Paris, mai 1831.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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