{"id":9126,"date":"2025-04-17T11:34:56","date_gmt":"2025-04-17T09:34:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=9126"},"modified":"2025-04-17T11:34:56","modified_gmt":"2025-04-17T09:34:56","slug":"a-juvenal","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/a-juvenal\/","title":{"rendered":"\u00c0 Juv\u00e9nal"},"content":{"rendered":"<p>I<\/p>\n<p>Retournons \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00f4 mon vieux Juv\u00e9nal !<br \/>\nHomme d\u2019ivoire et d\u2019or, descends du tribunal<br \/>\nO\u00f9 depuis deux mille ans tes vers superbes tonnent.<br \/>\nIl para\u00eet, vois-tu bien, ces choses nous \u00e9tonnent,<br \/>\nMais c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 selon monsieur Riancey,<br \/>\nQue lorsqu\u2019un peu de temps sur le sang a pass\u00e9,<br \/>\nApr\u00e8s un an ou deux, c\u2019est une d\u00e9couverte,<br \/>\nQuoi qu\u2019en disent les morts avec leur bouche verte,<br \/>\nLe meurtre n\u2019est plus meurtre et le vol n\u2019est plus vol.<br \/>\nMonsieur Veuillot, qui tient d\u2019Ignace et d\u2019Auriol,<br \/>\nNous l\u2019affirme, quand l\u2019heure a tourn\u00e9 sur l\u2019horloge,<br \/>\nDe notre entendement ceci fait peu l\u2019\u00e9loge,<br \/>\nPourvu qu\u2019\u00e0 Notre-Dame on br\u00fble de l\u2019encens,<br \/>\nEt que l\u2019abonn\u00e9 vienne aux journaux bien pensants,<br \/>\nIl para\u00eet que, sortant de son hideux suaire,<br \/>\nJoyeux, en panth\u00e9on changeant son ossuaire,<br \/>\nDans l\u2019op\u00e9ration par monsieur Fould aid\u00e9,<br \/>\nPar les juges lav\u00e9, par les filles fard\u00e9,<br \/>\n\u00d4 miracle ! entour\u00e9 de croyants et d\u2019ap\u00f4tres,<br \/>\nEn d\u00e9pit des r\u00eaveurs, en d\u00e9pit de nous autres<br \/>\nNoirs po\u00ebtes bourrus qui n\u2019y comprenons rien,<br \/>\nLe mal prend tout \u00e0 coup la figure du bien.<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>Il est l\u2019appui de l\u2019ordre ; il est bon catholique ;<br \/>\nIl signe hardiment : prosp\u00e9rit\u00e9 publique.<br \/>\nLa trahison s\u2019habille en g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais ;<br \/>\nL\u2019archev\u00eaque \u00e9bloui b\u00e9nit le dieu Succ\u00e8s ;<br \/>\nC\u2019\u00e9tait crime jeudi, mais c\u2019est haut fait dimanche.<br \/>\nDu pourpoint probit\u00e9 l\u2019on retourne la manche.<br \/>\nTout est dit. La vertu tombe dans l\u2019arri\u00e9r\u00e9.<br \/>\nL\u2019honneur est un vieux fou dans sa cave mur\u00e9.<br \/>\n\u00d4 grand penseur de bronze, en nos dures cervelles<br \/>\nFaisons entrer un peu ces morales nouvelles,<br \/>\nLorsque sur la Grand\u2019Combe ou sur le blanc de zinc<br \/>\nOn a revendu vingt ce qu\u2019on a pay\u00e9 cinq,<br \/>\nSache qu\u2019un guet-apens par o\u00f9 nous triomph\u00e2mes<br \/>\nEst juste, honn\u00eate et bon ; tout au rebours des femmes,<br \/>\nSache qu\u2019en vieillissant le crime devient beau.<br \/>\nIl plane cygne apr\u00e8s s\u2019\u00eatre envol\u00e9 corbeau.<br \/>\nOui, tout cadavre utile exhale une odeur d\u2019ambre.<br \/>\nQue vient-on nous parler d\u2019un crime de d\u00e9cembre<br \/>\nQuand nous sommes en juin ! l\u2019herbe a pouss\u00e9 dessus.<br \/>\nToute la question, la voici : fils, tissus,<br \/>\nCotons et sucres bruts prosp\u00e8rent ; le temps passe.<br \/>\nLe parjure difforme et la trahison basse<br \/>\nEn avan\u00e7ant en \u00e2ge ont la propri\u00e9t\u00e9<br \/>\nDe perdre leur bassesse et leur difformit\u00e9 ;<br \/>\nEt l\u2019assassinat louche et tout souill\u00e9 de fange<br \/>\nChange son front de spectre en un visage d\u2019ange.<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>Et comme en m\u00eame temps, dans ce travail normal,<br \/>\nLa vertu devient faute et le bien devient mal,<br \/>\nApprends que, quand Saturne a souffl\u00e9 sur leur r\u00f4le,<br \/>\nN\u00e9ron est un sauveur et Spartacus un dr\u00f4le.<br \/>\nLa raison obstin\u00e9e a beau faire du bruit ;<br \/>\nLa justice, ombre p\u00e2le, a beau, dans notre nuit,<br \/>\nMurmurer comme un souffle \u00e0 toutes les oreilles ;<br \/>\nOn laisse dans leur coin bougonner ces deux vieilles.<br \/>\nNarcisse gazetier lapide Sc\u00e9vola.<br \/>\nAccoutumons nos yeux \u00e0 ces lumi\u00e8res-l\u00e0<br \/>\nQui font qu\u2019on aper\u00e7oit tout sous un nouvel angle,<br \/>\nEt qu\u2019on voit Malesherbe en regardant Delangle.<br \/>\nSachons dire : Leb\u0153uf est grand, Persil est beau ;<br \/>\nEt laissons la pudeur au fond du lavabo.<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>Le bon, le s\u00fbr, le vrai, c\u2019est l\u2019or dans notre caisse.<br \/>\nL\u2019homme est extravagant qui, lorsque tout s\u2019affaisse,<br \/>\nProteste seul debout dans une nation,<br \/>\nEt porte \u00e0 bras tendu son indignation.<br \/>\nQue diable ! il faut pourtant vivre de l\u2019air des rues,<br \/>\nEt ne pas s\u2019ent\u00eater aux choses disparues.<br \/>\nQuoi ! tout meurt ici-bas, l\u2019aigle comme le ver,<br \/>\nLe charan\u00e7on p\u00e9rit sous la neige l\u2019hiver,<br \/>\nQuoi ! le Pont-Neuf fl\u00e9chit lorsque les eaux sont grosses,<br \/>\nQuoi ! mon coude est trou\u00e9, quoi ! je perce mes chausses,<br \/>\nQuoi ! mon feutre \u00e9tait neuf et s\u2019est us\u00e9 depuis,<br \/>\nEt la v\u00e9rit\u00e9, ma\u00eetre, aurait, dans son vieux puits,<br \/>\nCette pr\u00e9tention rare d\u2019\u00eatre \u00e9ternelle !<br \/>\nDe ne pas se mouiller quand il pleut, d\u2019\u00eatre belle<br \/>\n\u00c0 jamais, d\u2019\u00eatre reine en n\u2019ayant pas le sou,<br \/>\nEt de ne pas mourir quand on lui tord le cou !<br \/>\nAllons donc ! Citoyens, c\u2019est au fait qu\u2019il faut croire !<\/p>\n<p>V<\/p>\n<p>Sur ce, les charlatans pr\u00eachent leur auditoire<br \/>\nD\u2019idiots, de mouchards, de grecs, de philistins,<br \/>\nEt de gens pleins d\u2019esprit d\u00e9troussant les cr\u00e9tins ;<br \/>\nLa Bourse rit ; la hausse offre aux badauds ses prismes ;<br \/>\nLa douce hypocrisie \u00e9clate en aphorismes ;<br \/>\nC\u2019est bien, nous gagnons gros et nous sommes contents ;<br \/>\nEt ce sont, Juv\u00e9nal, les maximes du temps.<br \/>\nQuelque sous-diacre, \u00e9clos dans je ne sais quel bouge,<br \/>\nTrouva ces v\u00e9rit\u00e9s en balayant Montrouge,<br \/>\nSi bien qu\u2019aujourd\u2019hui, fiers et rois des temps nouveaux,<br \/>\nMessieurs les aigrefins et messieurs les d\u00e9vots<br \/>\nD\u00e9clarent, s\u2019\u00e9clairant aux lueurs de leur cierge,<br \/>\nJeanne d\u2019Arc courtisane et Messaline vierge.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que cur\u00e9s, \u00e9v\u00eaques, talapoins,<br \/>\nAu nom du Dieu vivant, d\u00e9montrent en trois points,<br \/>\nEt ce que le filou qui fouille dans ma poche<br \/>\nProuve par A plus B, par Argout plus Baroche.<br \/>\nVI<br \/>\nMa\u00eetre ! voil\u00e0-t-il pas de quoi nous indigner ?<br \/>\n\u00c0 quoi bon s\u2019exclamer ? \u00e0 quoi bon tr\u00e9pigner ?<br \/>\nNous avons l\u2019habitude, en songeurs que nous sommes,<br \/>\nDe contempler les nains bien moins que les grands hommes ;<br \/>\nM\u00eame toi, satirique, et moi, tribun amer,<br \/>\nNous regardons en haut, le bourgeois dit : en l\u2019air ;<br \/>\nC\u2019est notre infirmit\u00e9. Nous fuyons la rencontre<br \/>\nDes sots et des m\u00e9chants. Quand le Dombidau montre<br \/>\nSon cr\u00e2ne et que le Fould avance son menton,<br \/>\nJ\u2019aime mieux Jacques C\u0153ur, tu pr\u00e9f\u00e8res Caton ;<br \/>\nLa gloire des h\u00e9ros, des sages que Dieu cr\u00e9e,<br \/>\nEst notre vision \u00e9ternelle et sacr\u00e9e ;<br \/>\nEblouis, l\u2019\u0153il noy\u00e9 des clart\u00e9s de l\u2019azur,<br \/>\nNous passons notre vie \u00e0 voir dans l\u2019\u00e9ther pur<br \/>\nResplendir les g\u00e9ants, penseurs ou capitaines,<br \/>\nNous regardons, au bruit des fanfares lointaines,<br \/>\nAu-dessus de ce monde o\u00f9 l\u2019ombre r\u00e8gne encor,<br \/>\nM\u00ealant dans les rayons leurs vagues poitrails d\u2019or,<br \/>\nUne foule de chars voler dans les nu\u00e9es ;<br \/>\nAussi l\u2019essaim des gueux et des prostitu\u00e9es,<br \/>\nQuand il se heurte \u00e0 nous, blesse nos yeux pensifs.<\/p>\n<p>Soit. Mais r\u00e9fl\u00e9chissons. Soyons moins exclusifs.<br \/>\nJe hais les c\u0153urs abjects, et toi, tu t\u2019en d\u00e9fies ;<br \/>\nMais laissons-les en paix dans leurs philosophies.<\/p>\n<p>VII<\/p>\n<p>Et puis, m\u00eame en dehors de tout ceci, vraiment,<br \/>\nPeut-on bl\u00e2mer l\u2019instinct et le temp\u00e9rament ?<br \/>\nNe doit-on pas se faire aux natures des \u00eatres ?<br \/>\nLa fange a ses amants et l\u2019ordure a ses pr\u00eatres ;<br \/>\nDe la cit\u00e9 bourbier le vice est citoyen ;<br \/>\nO\u00f9 l\u2019un se trouve mal, l\u2019autre se trouve bien ;<br \/>\nJ\u2019en atteste Minos et j\u2019en fais juge \u00c9aque,<br \/>\nLe paradis du porc, n\u2019est-ce pas le cloaque ?<br \/>\nVoyons, en quoi, r\u00e9ponds, g\u00e9nie \u00e2pre et subtil,<br \/>\nCela nous touche-t-il et nous regarde-t-il,<br \/>\nQuand l\u2019homme du serment dans le meurtre patauge,<br \/>\nQuand monsieur Beauharnais fait du pouvoir une auge,<br \/>\nSi quelque \u00e9v\u00eaque arrive et chante alleluia,<br \/>\nSi Saint-Arnaud b\u00e9nit la main qui le paya,<br \/>\nSi tel ou tel bourgeois le c\u00e9l\u00e8bre et le loue,<br \/>\nS\u2019il est des estomacs qui dig\u00e8rent la boue ?<br \/>\nQuoi ! quand la France tremble au vent des trahisons,<br \/>\nStup\u00e9faits et na\u00effs, nous nous \u00e9bahissons<br \/>\nSi Parieu vient manger des glands sous ce grand ch\u00eane.<br \/>\nNous trouvons surprenant que l\u2019eau coule \u00e0 la Seine,<br \/>\nNous trouvons merveilleux que Troplong soit Scapin,<br \/>\nNous trouvons inou\u00ef que Dupin soit Dupin !<\/p>\n<p>VIII<\/p>\n<p>Un vieux penchant humain m\u00e8ne \u00e0 la turpitude.<br \/>\nL\u2019opprobre est un logis, un centre, une habitude,<br \/>\nUn toit, un oreiller, un lit ti\u00e8de et charmant,<br \/>\nUn bon manteau bien ample o\u00f9 l\u2019on est chaudement.<br \/>\nL\u2019opprobre est le milieu respirable aux immondes.<br \/>\nQuoi ! nous nous \u00e9tonnons d\u2019ou\u00efr dans les deux mondes<br \/>\nLes dupes faisant ch\u0153ur avec les chenapans,<br \/>\nLes gredins, les niais vanter ce guet-apens.<br \/>\nMais ce sont l\u00e0 les lois de la m\u00e8re nature.<br \/>\nC\u2019est de l\u2019antique instinct l\u2019\u00e9ternelle aventure.<br \/>\nPar le point qui s\u00e9duit ses app\u00e9tits flatt\u00e9s<br \/>\nChaque b\u00eate se pla\u00eet aux monstruosit\u00e9s.<br \/>\nQuoi ! ce crime est hideux ! quoi ! ce crime est stupide !<br \/>\nN\u2019est-il plus d\u2019animaux pour l\u2019admirer ? Le vide<br \/>\nS\u2019est-il fait ? N\u2019est-il plus d\u2019\u00eatres vils et rampants ?<br \/>\nN\u2019est-il plus de chacals ? n\u2019est-il plus de serpents ?<br \/>\nQuoi ! les baudets ont-ils pris tout \u00e0 coup des ailes,<br \/>\nEt se sont-ils enfuis aux vo\u00fbtes \u00e9ternelles ?<br \/>\nDe la cr\u00e9ation l\u2019\u00e2ne a-t-il disparu ?<br \/>\nQuand Cyrus, Annibal, C\u00e9sar, montaient \u00e0 cru<br \/>\nCet effrayant cheval qu\u2019on appelle la gloire,<br \/>\nQuand, ail\u00e9s, effar\u00e9s de joie et de victoire,<br \/>\nIls passaient flamboyants au fond des cieux vermeils,<br \/>\nLes aigles leur criaient : vous \u00eates nos pareils !<br \/>\nLes aigles leur criaient : vous portez le tonnerre !<br \/>\nAujourd\u2019hui les hiboux acclament Lacenaire.<br \/>\nEh bien ! je trouve bon que cela soit ainsi.<br \/>\nJ\u2019applaudis les hiboux et je leur dis : merci.<br \/>\nLa sottise se m\u00eale \u00e0 ce concert sinistre,<br \/>\nTant mieux. Dans sa gazette, \u00f4 Juv\u00e9nal, tel cuistre<br \/>\nD\u00e9clare, avec messieurs d\u2019Arras et de Beauvais,<br \/>\nMandrin tr\u00e8s bon, et dit l\u2019honn\u00eate homme mauvais,<br \/>\nFoule aux pieds les h\u00e9ros et vante les inf\u00e2mes,<br \/>\nC\u2019est tout simple ; et, vraiment, nous serions bonnes \u00e2mes<br \/>\nDe nous \u00e9merveiller lorsque nous entendons<br \/>\nLes Veuillots aux lauriers pr\u00e9f\u00e9rer les chardons.<\/p>\n<p>IX<\/p>\n<p>Donc laissons aboyer la conscience humaine<br \/>\nComme un chien qui s\u2019agite et qui tire sa cha\u00eene.<br \/>\nGuerre aux justes proscrits ! gloire aux coquins f\u00eat\u00e9s !<br \/>\nEt faisons bonne mine \u00e0 ces r\u00e9alit\u00e9s.<br \/>\nAcceptons cet empire unique et v\u00e9ritable.<br \/>\nSaluons sans broncher Trestaillon conn\u00e9table,<br \/>\nMingrat grand aum\u00f4nier, Bosco grand \u00e9lecteur ;<br \/>\nEt ne nous f\u00e2chons pas s\u2019il advient qu\u2019un rh\u00e9teur,<br \/>\nUn homme du s\u00e9nat, un homme du conclave,<br \/>\nUn eunuque, un cagot, un sophiste, un esclave,<br \/>\nEsprit sauteur prenant la phrase pour tremplin,<br \/>\nApr\u00e8s avoir chant\u00e9 C\u00e9sar de grandeur plein,<br \/>\nEt ses perfections et ses mansu\u00e9tudes,<br \/>\nInsulte les bannis jet\u00e9s aux solitudes,<br \/>\nCes brigands qu\u2019a vaincus Tib\u00e8re Amphitryon.<br \/>\nVois-tu, c\u2019est un talent de plus dans l\u2019histrion ;<br \/>\nC\u2019est de l\u2019art de flatter le plus exquis peut-\u00eatre ;<br \/>\nOn chatouille moins bien Henri huit, le bon ma\u00eetre,<br \/>\nEn louant Henri huit qu\u2019en d\u00e9chirant Morus.<br \/>\nLes dictateurs d\u2019esprit, bourr\u00e9s d\u2019\u00e9loges crus,<br \/>\nSont friands, dans leur gloire et dans leurs arrogances,<br \/>\nDe ces raffinements et de ces \u00e9l\u00e9gances.<br \/>\nPo\u00ebte, c\u2019est ainsi que les despotes sont.<br \/>\nLe pouvoir, les honneurs sont plus doux quand ils ont<br \/>\nSur l\u2019\u00e9chafaud du juste une fen\u00eatre ouverte.<br \/>\nLes exil\u00e9s, pleurant pr\u00e8s de la mer d\u00e9serte,<br \/>\nLes sages tortur\u00e9s, les martyrs expirants<br \/>\nSont l\u2019assaisonnement du bonheur des tyrans.<br \/>\nJuv\u00e9nal, Juv\u00e9nal, mon vieux lion classique,<br \/>\nNotre vin de Champagne et ton vin de Massique,<br \/>\nLes festins, les palais et le luxe effr\u00e9n\u00e9,<br \/>\nL\u2019adh\u00e9sion du pr\u00eatre et l\u2019amour de Phryn\u00e9,<br \/>\nLes triomphes, l\u2019orgueil, les respects, les caresses,<br \/>\nToutes les volupt\u00e9s et toutes les ivresses<br \/>\nDont s\u2019abreuvait S\u00e9jan, dont se gorgeait Rufin,<br \/>\nSont meilleures \u00e0 boire, ont un go\u00fbt bien plus fin,<br \/>\nSi l\u2019on n\u2019est pas un sot \u00e0 cervelle exigu\u00eb,<br \/>\nDans la coupe o\u00f9 Socrate hier but la cigu\u00eb !<\/p>\n<p>Jersey, novembre 1852.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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