{"id":4454,"date":"2024-09-17T21:53:55","date_gmt":"2024-09-17T19:53:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=4454"},"modified":"2024-09-17T21:53:55","modified_gmt":"2024-09-17T19:53:55","slug":"a-larc-de-triomphe","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/a-larc-de-triomphe\/","title":{"rendered":"\u00c0 l\u2019arc de triomphe"},"content":{"rendered":"<p>I<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;Arc de Triomphe<\/p>\n<p>Toi dont la courbe au loin, par le couchant dor\u00e9e,<br \/>\nS\u2019emplit d\u2019azur c\u00e9leste, arche d\u00e9mesur\u00e9e ;<br \/>\nToi qui l\u00e8ves si haut ton front large et serein,<br \/>\nFait pour changer sous lui la campagne en ab\u00eeme,<br \/>\nEt pour servir de base \u00e0 quelque aigle sublime<br \/>\nQui viendra s\u2019y poser et qui sera d\u2019airain !<\/p>\n<p>\u00d4 vaste entassement cisel\u00e9 par l\u2019histoire !<br \/>\nMonceau de pierre assis sur un monceau de gloire !<br \/>\n\u00c9difice inou\u00ef !<br \/>\nToi que l\u2019homme par qui notre si\u00e8cle commence,<br \/>\nDe loin, dans les rayons de l\u2019avenir immense,<br \/>\nVoyait, tout \u00e9bloui !<\/p>\n<p>Non, tu n\u2019es pas fini quoique tu sois superbe !<br \/>\nNon ! puisque aucun passant, dans l\u2019ombre assis sur l\u2019herbe,<br \/>\nTandis que triviale, errante et vagabonde,<br \/>\nEntre tes quatre pieds toute la ville abonde<br \/>\nComme une fourmili\u00e8re aux pieds d\u2019un \u00e9l\u00e9phant !<\/p>\n<p>\u00c0 ta beaut\u00e9 royale il manque quelque chose.<br \/>\nLes si\u00e8cles vont venir pour ton apoth\u00e9ose<br \/>\nQui te l\u2019apporteront.<br \/>\nIl manque sur ta t\u00eate un sombre amas d\u2019ann\u00e9es<br \/>\nQui pendent p\u00eale-m\u00eale et toutes ruin\u00e9es<br \/>\nAux br\u00e8ches de ton front !<\/p>\n<p>Il te manque la ride et l\u2019antiquit\u00e9 fi\u00e8re,<br \/>\nLe pass\u00e9, pyramide o\u00f9 tout si\u00e8cle a sa pierre,<br \/>\nLes chapiteaux bris\u00e9s, l\u2019herbe sur les vieux f\u00fbts ;<br \/>\nIl manque sous ta vo\u00fbte o\u00f9 notre orgueil s\u2019\u00e9lance<br \/>\nCe bruit myst\u00e9rieux qui se m\u00eale au silence,<br \/>\nLe sourd chuchotement des souvenirs confus !<\/p>\n<p>La vieillesse couronne et la ruine ach\u00e8ve.<br \/>\nIl faut \u00e0 l\u2019\u00e9difice un pass\u00e9 dont on r\u00eave,<br \/>\nDeuil, triomphe ou remords.<br \/>\nNous voulons, en foulant son enceinte pav\u00e9e,<br \/>\nSentir dans la poussi\u00e8re \u00e0 nos pieds soulev\u00e9e<br \/>\nDe la cendre des morts !<\/p>\n<p>Il faut que le fronton s\u2019effeuille comme un arbre.<br \/>\nIl faut que le lichen, cette rouille du marbre,<br \/>\nDe sa l\u00e8pre dor\u00e9e, au loin couvre le mur ;<br \/>\nEt que la v\u00e9tust\u00e9 par qui tout art s\u2019efface,<br \/>\nPrenne chaque sculpture et la ronge \u00e0 la face,<br \/>\nComme un avide oiseau qui d\u00e9vore un fruit m\u00fbr.<\/p>\n<p>Il faut qu\u2019un vieux dallage ondule sous les portes,<br \/>\nQue le lierre vivant grimpe aux acanthes mortes,<br \/>\nQue l\u2019eau dorme aux foss\u00e9s,<br \/>\nQue la cariatide, en sa lente r\u00e9volte,<br \/>\nSe refuse, enfin lasse, \u00e0 porter l\u2019archivolte,<br \/>\nEt dise : C\u2019est assez !<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas, ce n\u2019est pas entre des pierres neuves<br \/>\nQue la bise et la nuit pleurent comme des veuves.<br \/>\nH\u00e9las ! d\u2019un beau palais le d\u00e9bris est plus beau.<br \/>\nPour que la lune \u00e9mousse \u00e0 travers la nuit sombre<br \/>\nL\u2019ombre par le rayon et le rayon par l\u2019ombre,<br \/>\nIl lui faut la ruine \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un tombeau !<\/p>\n<p>Voulez-vous qu\u2019une tour, voulez-vous qu\u2019une \u00e9glise<br \/>\nSoient de ces monuments dont l\u2019\u00e2me id\u00e9alise<br \/>\nLa forme et la hauteur,<br \/>\nAttendez que de mousse elles soient rev\u00eatues,<br \/>\nEt laissez travailler \u00e0 toutes les statues<br \/>\nLe temps, ce grand sculpteur !<\/p>\n<p>Il faut que le vieillard, charg\u00e9 de jours sans nombre,<br \/>\nMenant son jeune fils sous l\u2019arche pleine d\u2019ombre,<br \/>\nNomme Napol\u00e9on comme on nomme Cyrus,<br \/>\nEt dise en la montrant de ses mains d\u00e9charn\u00e9es :<br \/>\n\u2014 Vois cette porte \u00e9norme ! elle a trois mille ann\u00e9es.<br \/>\nC\u2019est par l\u00e0 qu\u2019on pass\u00e9 des hommes disparus ! \u2013<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>Oh ! Paris est la cit\u00e9 m\u00e8re !<br \/>\nParis est le lieu solennel<br \/>\nO\u00f9 le tourbillon \u00e9ph\u00e9m\u00e8re<br \/>\nTourne sur un centre \u00e9ternel !<br \/>\nParis ! feu sombre ou pure \u00e9toile !<br \/>\nMorne Isis couverte d\u2019un voile !<br \/>\nAraign\u00e9e \u00e0 l\u2019immense toile<br \/>\nO\u00f9 se prennent les nations !<br \/>\nFontaines d\u2019urnes obs\u00e9d\u00e9e !<br \/>\nMamelle sans cesse inond\u00e9e<br \/>\nO\u00f9 pour se nourrir de l\u2019id\u00e9e<br \/>\nViennent les g\u00e9n\u00e9rations !<\/p>\n<p>Quand Paris se met \u00e0 l\u2019ouvrage<br \/>\nDans sa forge aux mille clameurs,<br \/>\nA tout peuple heureux, brave ou sage,<br \/>\nIl prend ses lois, ses dieux, ses m\u0153urs.<br \/>\nDans sa fournaise, p\u00eale-m\u00eale,<br \/>\nIl fond, transforme et renouvelle<br \/>\nCette science universelle<br \/>\nQu\u2019il emprunte \u00e0 tous les humains ;<br \/>\nPuis il rejette aux peuples bl\u00eames<br \/>\nLeurs sceptres et leurs diad\u00e8mes,<br \/>\nLeurs pr\u00e9jug\u00e9s et leurs syst\u00e8mes,<br \/>\nTout tordus par ses fortes mains !<\/p>\n<p>Paris qui garde, sans y croire,<br \/>\nLes faisceaux et les encensoirs,<br \/>\nTous les matins dresse une gloire,<br \/>\nEteint un soleil tous les soirs ;<br \/>\nAvec l\u2019id\u00e9e, avec le glaive,<br \/>\nAvec la chose, avec le r\u00eave,<br \/>\nIl refait, recloue et rel\u00e8ve<br \/>\nL\u2019\u00e9chelle de la terre aux cieux ;<br \/>\nFr\u00e8re des Memphis et des Romes,<br \/>\nIl b\u00e2tit au si\u00e8cle o\u00f9 nous sommes,<br \/>\nUne Babel pour tous les hommes,<br \/>\nUn Panth\u00e9on pour tous les dieux !<\/p>\n<p>Ville qu\u2019un orage enveloppe !<br \/>\nC\u2019est elle, h\u00e9las ! qui, nuit et jour,<br \/>\nR\u00e9veille le g\u00e9ant Europe<br \/>\nAvec sa cloche et son tambour !<br \/>\nSans cesse, qu\u2019il veille ou qu\u2019il dorme,<br \/>\nIl entend la cit\u00e9 difforme<br \/>\nBourdonner sur sa t\u00eate \u00e9norme<br \/>\nComme un essaim dans la for\u00eat.<br \/>\nToujours Paris s\u2019\u00e9crie et gronde.<br \/>\nNul ne sait, question profonde !<br \/>\nCe que perdrait le bruit du monde<br \/>\nLe jour o\u00f9 Paris se tairait !<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>Il se taira pourtant ! \u2013 Apr\u00e8s bien des aurores,<br \/>\nBien des mois, bien des ans, bien des si\u00e8cles couch\u00e9s,<br \/>\nQuand cette rive o\u00f9 l\u2019eau se brise aux ponts sonores<br \/>\nSera rendue aux joncs murmurants et pench\u00e9s ;<\/p>\n<p>Quand la Seine fuira de pierres obstru\u00e9e,<br \/>\nUsant quelque vieux d\u00f4me \u00e9croul\u00e9 dans ses eaux,<br \/>\nAttentive au doux vent qui porte \u00e0 la nu\u00e9e<br \/>\nLe frisson du feuillage et le chant des oiseaux ;<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle coulera, la nuit, blanche dans l\u2019ombre,<br \/>\nHeureuse, en endormant son flot longtemps troubl\u00e9,<br \/>\nDe pouvoir \u00e9couter enfin ces voix sans nombre<br \/>\nQui passent vaguement sous le ciel \u00e9toil\u00e9 ;<\/p>\n<p>Quand de cette cit\u00e9, folle et rude ouvri\u00e8re,<br \/>\nQui, h\u00e2tant les destins \u00e0 ses murs r\u00e9serv\u00e9s,<br \/>\nSous son propre marteau s\u2019en allant en poussi\u00e8re,<br \/>\nMet son bronze en monnaie et son marbre en pav\u00e9s ;<\/p>\n<p>Quand des toits, des clochers, des ruches tortueuses,<br \/>\nDes porches, des frontons, des d\u00f4mes pleins d\u2019orgueil<br \/>\nQui faisaient cette ville, aux voix tumultueuses,<br \/>\nTouffue, inextricable et fourmillante \u00e0 l\u2019\u0153il,<\/p>\n<p>Il ne restera plus dans l\u2019immense campagne,<br \/>\nPour toute pyramide et pour tout panth\u00e9on,<br \/>\nQue deux tours de granit faites par Charlemagne,<br \/>\nEt qu\u2019un pilier d\u2019airain fait par Napol\u00e9on ;<\/p>\n<p>Toi, tu compl\u00e8teras le triangle sublime !<br \/>\nL\u2019airain sera la gloire et le granit la foi ;<br \/>\nToi, tu seras la porte ouverte sur la cime<br \/>\nQui dit : il faut monter pour venir jusqu\u2019\u00e0 moi !<\/p>\n<p>Tu salueras l\u00e0-bas cette \u00e9glise si vieille,<br \/>\nCette colonne alti\u00e8re au nom toujours accru,<br \/>\nDebout peut-\u00eatre encore, ou tomb\u00e9e, et pareille<br \/>\nAu clairon monstrueux d\u2019un titan disparu.<\/p>\n<p>Et sur ces deux d\u00e9bris que les destins rassemblent,<br \/>\nPour toi l\u2019aube fera resplendir \u00e0 la fois<br \/>\nDeux signes triomphants qui de loin se ressemblent.<br \/>\nDe pr\u00e8s l\u2019un est un glaive et l\u2019autre est une croix !<\/p>\n<p>Sur vous trois poseront mille ans de notre France.<br \/>\nLa colonne est le chant d\u2019un r\u00e8gne \u00e0 peine ouvert.<br \/>\nC\u2019est toi qui finiras l\u2019hymne qu\u2019elle commence.<br \/>\nElle dit : Austerlitz ! tu diras : Champaubert !<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>Arche ! alors tu seras \u00e9ternelle et compl\u00e8te,<br \/>\nQuand tout ce que la Seine en son onde refl\u00e8te<br \/>\nAura fui pour jamais,<br \/>\nQuand de cette cit\u00e9 qui fut \u00e9gale \u00e0 Rome<br \/>\nIl ne restera plus qu\u2019un ange, un aigle, un homme,<br \/>\nDebout sur trois sommets !<\/p>\n<p>C\u2019est alors que le roi, le sage, le po\u00ebte,<br \/>\nTous ceux dont le pass\u00e9 presse l\u2019\u00e2me inqui\u00e8te,<br \/>\nT\u2019admireront vivante aupr\u00e8s de Paris mort ;<br \/>\nEt, pour mieux voir ta face o\u00f9 flotte un sombre r\u00eave,<br \/>\nL\u00e8veront \u00e0 demi ton lierre, ainsi qu\u2019on l\u00e8ve<br \/>\nUn voile sur le front d\u2019une a\u00efeule qui dort !<\/p>\n<p>Sur ton mur qui pour eux n\u2019aura rien de vulgaire,<br \/>\nIls chercheront nos m\u0153urs, nos h\u00e9ros, notre guerre,<br \/>\nTout pensifs \u00e0 tes pieds ;<br \/>\nIls croiront voir, le long de ta frise anim\u00e9e,<br \/>\nRevivre le grand peuple avec la grande arm\u00e9e !<br \/>\n\u00ab\u00a0Oh ! diront-ils, voyez !<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u00e0, c\u2019est le r\u00e9giment, ce serpent des batailles,<br \/>\nTra\u00eenant sur mille pieds ses luisantes \u00e9cailles<br \/>\nQui tant\u00f4t, furieux, se roule au pied des tours,<br \/>\nTant\u00f4t, d\u2019un mouvement formidable et tranquille,<br \/>\nTroue un rempart de pierre et traverse une ville<br \/>\nAvec son front sonore o\u00f9 battent vingt tambours !<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u00e0-haut, c\u2019est l\u2019empereur avec ses capitaines,<br \/>\nQui songe s\u2019il ira vers ces terres lointaines<br \/>\nO\u00f9 se tourne son char,<br \/>\nEt s\u2019il doit pr\u00e9f\u00e9rer pour vaincre ou se d\u00e9fendre<br \/>\nLa courbe d\u2019Annibal ou l\u2019angle d\u2019Alexandre<br \/>\nAu carr\u00e9 de C\u00e9sar.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u00e0, c\u2019est l\u2019artillerie aux cent gueules de fonte,<br \/>\nD\u2019o\u00f9 la fum\u00e9e \u00e0 flot monte, tombe et remonte,<br \/>\nQui broie une cit\u00e9, d\u00e9truit les garnisons<br \/>\nRuine par la br\u00e8che incessamment accrue<br \/>\nTours, d\u00f4mes, ponts, clochers, et, comme une charrue,<br \/>\nCreuse une horrible rue \u00e0 travers les maisons ! \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et tous les souvenirs qu\u2019\u00e0 ton front taciturne<br \/>\nChaque si\u00e8cle en passant versera de son urne<br \/>\nLeur reviendront au c\u0153ur.<br \/>\nIls feront de ton mur jaillir ta vieille histoire,<br \/>\nSur ton cimier vainqueur ;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Oh ! que tout \u00e9tait grand dans cette \u00e9poque antique !<br \/>\nSi les ans n\u2019avaient pas d\u00e9vast\u00e9 ce portique,<br \/>\nSous en retrouverions encor bien des lambeaux !<br \/>\nMais le temps, grand semeur de la ronce et du lierre,<br \/>\nTouche les monuments d\u2019une main famili\u00e8re,<br \/>\nEt d\u00e9chire le livre aux endroits les plus beaux ! \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>V<\/p>\n<p>Non, le temps n\u2019\u00f4te rien aux choses.<br \/>\nPlus d\u2019un portique \u00e0 tort vant\u00e9<br \/>\nDans ses lentes m\u00e9tamorphoses<br \/>\nArrive enfin \u00e0 la beaut\u00e9.<br \/>\nSur les monuments qu\u2019on r\u00e9v\u00e8re<br \/>\nLe temps jette un charme s\u00e9v\u00e8re<br \/>\nDe leur fa\u00e7ade \u00e0 leur chevet.<br \/>\nJamais, quoiqu\u2019il brise et qu\u2019il rouille,<br \/>\nLa robe dont il les d\u00e9pouille<br \/>\nNe vaut celle qu\u2019il leur rev\u00eat.<\/p>\n<p>C\u2019est le temps qui creuse une ride<br \/>\nDans un claveau trop indigent ;<br \/>\nQui sur l\u2019angle d\u2019un marbre aride<br \/>\nPasse son pouce intelligent ;<br \/>\nC\u2019est lui qui, pour corriger l\u2019\u0153uvre,<br \/>\nM\u00eale une vivante couleuvre<br \/>\nAux n\u0153uds d\u2019une hydre de granit.<br \/>\nJe crois voir rire un toit gothique<br \/>\nQuand le temps dans sa frise antique<br \/>\nOte une pierre et met un nid !<\/p>\n<p>Aussi, quand vous venez, c\u2019est lui qui vous accueille ;<br \/>\nLui qui verse l\u2019odeur du vague ch\u00e8vrefeuille<br \/>\nSur ce pav\u00e9 souill\u00e9 peut-\u00eatre d\u2019ossements ;<br \/>\nLui qui remplit d\u2019oiseaux les sculptures farouches,<br \/>\nMet la vie en leurs flancs, et de leurs mornes bouches<br \/>\nFait sortir mille cris charmants !<\/p>\n<p>Si quelque V\u00e9nus toute nue<br \/>\nG\u00e9mit, pauvre marbre d\u00e9sert,<br \/>\nC\u2019est lui, dans la verte avenue,<br \/>\nQui la caresse et qui la sert.<br \/>\nA l&rsquo;abri d&rsquo;un porche h\u00e9raldique<br \/>\nSous un beau feuillage pudique<br \/>\nIl la cache jusqu&rsquo;au nombril;<br \/>\nEt sous son pied blanc et superbe<br \/>\n\u00c9tend les mille fleurs de l&rsquo;herbe,<br \/>\nCette mosa\u00efque d&rsquo;avril!<\/p>\n<p>La m\u00e9moire des morts demeure<br \/>\nDans les monuments ruin\u00e9s.<br \/>\nL\u00e0, douce et cl\u00e9mente, \u00e0 toute heure,<br \/>\nElle parle aux fronts inclin\u00e9s.<br \/>\nElle est l\u00e0, dans l&rsquo;\u00e2me affaiss\u00e9e<br \/>\nFiltrant de pens\u00e9e en pens\u00e9e,<br \/>\nComme une nymphe au front dormant<br \/>\nQui, seule sous l&rsquo;obscure vo\u00fbte<br \/>\nD&rsquo;o\u00f9 son eau suinte goutte \u00e0 goutte,<br \/>\nPenche son vase tristement!<\/p>\n<p>VI<\/p>\n<p>Mais, h\u00e9las! h\u00e9las! dit l&rsquo;histoire,<br \/>\nBien souvent le pass\u00e9 couvre plus d&rsquo;un secret<br \/>\nDont sur un mur vieilli la tache repara\u00eet!<br \/>\nToute ancienne muraille est noire!<\/p>\n<p>Souvent, par le d\u00e9sert et par l&rsquo;ombre absorb\u00e9,<br \/>\nL&rsquo;\u00e9difice d\u00e9chu ressemble au roi tomb\u00e9.<br \/>\nPlus de gloire o\u00f9 n&rsquo;est plus la foule!<br \/>\nRome est humili\u00e9e et Venise est en deuil.<br \/>\nLa ruine de tout commence par l&rsquo;orgueil.<br \/>\nC&rsquo;est le premier fronton qui croule!<\/p>\n<p>Ath\u00e8ne est triste, et cache au front du Parth\u00e9non<br \/>\nLes traces de l&rsquo;anglais et celles du canon,<\/p>\n<p>Et, pleurant ses tours mutil\u00e9es,<br \/>\nR\u00eave \u00e0 l\u2019artiste grec qui versa de sa main<br \/>\nQuelque chose de beau comme un sourire humain<br \/>\nSur le profil des propyl\u00e9es !<\/p>\n<p>Th\u00e8be a des temples morts o\u00f9 rampe en serpentant<br \/>\nLa vip\u00e8re au front plat, au regard \u00e9clatant,<br \/>\nAutour de la colonne torse ;<br \/>\nEt seul, quelque grand aigle habite en souverain<br \/>\nLes piliers de Rhams\u00e8s d\u2019o\u00f9 les lames d\u2019airain<br \/>\nS\u2019en vont comme une vieille \u00e9corce !<\/p>\n<p>Dans les d\u00e9bris de Gur, pleins du cri des hiboux,<br \/>\nLe tigre en marchant ploie et casse les bambous,<br \/>\nD\u2019o\u00f9 s\u2019envole le vautour chauve,<br \/>\nEt la lionne au pied d\u2019un mur myst\u00e9rieux<br \/>\nMet le groupe inquiet des lionceaux sans yeux<br \/>\nQui fouillent sous son ventre fauve.<\/p>\n<p>La morne Palenqu\u00e8 g\u00eet dans les marais verts.<br \/>\nA peine entre ses blocs d\u2019herbe haute couverts<br \/>\nEntend-on le l\u00e9zard qui bouge.<br \/>\nSes murs sont obstru\u00e9s d\u2019arbres au fruit vermeil<br \/>\nO\u00f9 volent, tout moir\u00e9s par l\u2019ombre et le soleil,<br \/>\nDe beaux oiseaux de cuivre rouge !<\/p>\n<p>Mette en sa douleur, Jumi\u00e8ges gravement<br \/>\nEtouffe un triste \u00e9cho sous son portail normand,<br \/>\nEt laisse chanter sur ses tombes<br \/>\nTous ces nids dans ses tours abrit\u00e9s et couv\u00e9s<br \/>\nD\u2019o\u00f9 le souffle du soir fait sur les noirs pav\u00e9s<br \/>\nNeiger des plumes de colombes !<\/p>\n<p>Comme une m\u00e8re sombre, et qui dans sa fiert\u00e9<br \/>\nCache sous son manteau son enfant soufflet\u00e9,<br \/>\nL\u2019\u00c9gypte au bord du Nil assise<br \/>\nDans sa robe de sable enfonce envelopp\u00e9s<br \/>\nSes colosses camards \u00e0 la face frapp\u00e9s<br \/>\nPar le pied brutal de Cambyse.<\/p>\n<p>C\u2019est que toujours les ans contiennent quelque affront.<br \/>\nToute reuine, h\u00e9las, pleure et penche le front !<\/p>\n<p>VII<\/p>\n<p>Mais toi ! rien n\u2019atteindra ta majest\u00e9 pudique,<br \/>\nPorte sainte ! jamais ton marbre v\u00e9ridique<br \/>\nNe sera profan\u00e9.<br \/>\nTon cintre virginal sera pur sous la nue ;<br \/>\nEt les peuples \u00e0 na\u00eetre accourront t\u00eate nue<br \/>\nVers ton front couronn\u00e9 !<\/p>\n<p>Toujours le p\u00e2tre, au loin accroupi dans les seigles,<br \/>\nVerra sur ton sommet planer un cercle d\u2019aigles.<br \/>\nLes cha\u00eenes \u00e0 tes blocs noueront leur large tronc.<br \/>\nLa gloire sur ta cime allumera son phare.<br \/>\nCe n\u2019est qu\u2019en te chantant une haute fanfare<br \/>\nQue sous ton arc altier les si\u00e8cles passeront.<\/p>\n<p>Jamais rien qui ressemble \u00e0 quelque ancienne honte<br \/>\nN\u2019osera sur ton mur o\u00f9 le flot des ans monte<br \/>\nR\u00e9pandre sa noirceur.<br \/>\nTu pourras, dans ces champs o\u00f9 vous resterez seules,<br \/>\nContempler fi\u00e8rement les deux tours tes a\u00efeules,<br \/>\nLa colonne ta s\u0153ur !<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019on na pas cach\u00e9 de crime dans ta base,<br \/>\nNi dans tes fondements de sang qui s\u2019extravase !<br \/>\nC\u2019est qu\u2019on ne te fit point d\u2019un ciment hasardeux !<br \/>\nC\u2019est qu\u2019aucun noir forfait, sem\u00e9 dans ta racine<br \/>\nPour jeter quelque jour son ombre \u00e0 ta ruine,<br \/>\nNe m\u00eale \u00e0 tes lauriers son feuillage hideux !<\/p>\n<p>Tandis que ces cit\u00e9s, dans leur cendre enfouies,<br \/>\nFurent pleines jadis d\u2019actions inou\u00efes,<br \/>\nIvres de sang vers\u00e9,<br \/>\nSi bien que le Seigneur a dit \u00e0 la nature :<br \/>\nRefais-toi des palais dans cette architecture<br \/>\nDont l\u2019homme a mal us\u00e9 !<\/p>\n<p>Aussi tout est fini. Le chacal les visites ;<br \/>\nLes murs vont d\u00e9croissant sous l\u2019herbe parasite ;<br \/>\nL\u2019\u00e9tang s\u2019installe et dort sous le d\u00f4me bris\u00e9 ;<br \/>\nSur les N\u00e9rons sculpt\u00e9s marche la b\u00eate fauve ;<br \/>\nL\u2019antre se creuse o\u00f9 fut l\u2019incestueuse alc\u00f4ve.<br \/>\nLe tigre peut venir o\u00f9 le crime a pass\u00e9 !<\/p>\n<p>VIII<\/p>\n<p>Oh ! dans ces jours lointains o\u00f9 l\u2019on n\u2019ose descendre,<br \/>\nQuand trois mille ans auront pass\u00e9 sur notre cendre<br \/>\nA nous qui maintenant vivons, pensons, allons,<br \/>\nQuand nos fosses auront fait place \u00e0 des sillons,<br \/>\nSi, vers le soir, un homme assis sur la colline<br \/>\nS\u2019oublie \u00e0 contempler cette Seine orpheline,<br \/>\nO Dieu ! de quel aspect triste et silencieux<br \/>\nLes lieux o\u00f9 fut Paris \u00e9tonneront ses yeux !<br \/>\nSi c\u2019est l\u2019heure o\u00f9 d\u00e9j\u00e0 des vapeurs sont tomb\u00e9es<br \/>\nSur le couchant rougi de l\u2019or des scarab\u00e9es,<br \/>\nSi la touffe de l\u2019arbre est noire sur le ciel,<br \/>\nDans ce demi-jour p\u00e2le o\u00f9 plus rien n\u2019est r\u00e9el,<br \/>\nOmbre o\u00f9 la fleur s\u2019endort, o\u00f9 s\u2019\u00e9veille l\u2019\u00e9toile,<br \/>\nDe quel \u0153il il verra, comme \u00e0 travers un voile,<br \/>\nComme un songe aux contours grandissants et noy\u00e9s,<br \/>\nLa plaine immense et brune appara\u00eetre \u00e0 ses pieds,<br \/>\nS\u2019\u00e9largir lentement dans le vague nocturne,<br \/>\nEt comme une eau qui s\u2019enfle et monte aux bords de l\u2019urne,<br \/>\nAbsorbant par degr\u00e9s for\u00eat, coteau, gazon,<br \/>\nQuand la nuit sera noire, emplir tout l\u2019horizon !<br \/>\nOh ! dans cette heure sombre o\u00f9 l\u2019on croit voir les choses<br \/>\nFuir, sous une autre forme \u00e9trangement \u00e9closes,<br \/>\nQuelle extase de voir dormir, quand rien ne luit,<br \/>\nCes champs dont chaque pierre a contenu du bruit !<br \/>\nComme il tendra l\u2019oreille aux rumeurs ind\u00e9cises !<br \/>\nComme il ira r\u00eavant des figures assises<br \/>\nDans le buisson pench\u00e9, dans l\u2019arbre au bord des eaux,<br \/>\nDans le vieux pan de mur que l\u00e8chent les roseaux !<br \/>\nQu\u2019il cherchera de vie en ce tombeau supr\u00eame !<br \/>\nEt comme il se fera, s\u2019\u00e9blouissant lui-m\u00eame,<br \/>\nA travers la nuit trouble et les rameaux touffus,<br \/>\nDes visions de chars et de passants confus !<br \/>\nMais non, tout sera mort. \u2013 Plus rien dans cette plaine<br \/>\nQu\u2019un peuple \u00e9vanoui dont elle est encor pleine,<br \/>\nQue l\u2019\u0153il \u00e9teint de l\u2019homme et l\u2019\u0153il vivant de Dieu !<br \/>\nUn arc, une colonne, et, l\u00e0-bas, au milieu<br \/>\nDe ce fleuve argent\u00e9 dont on entend l\u2019\u00e9cume,<br \/>\nUne \u00e9glise \u00e9chou\u00e9e \u00e0 demi dans la brume !<br \/>\nO spectacle ! \u2013 ainsi meurt ce que les peuples font !<br \/>\nQu\u2019un tel pass\u00e9 pour l\u2019\u00e2me est un gouffre profond !<br \/>\nPour ce passant pieux quel poids que notre histoire !<br \/>\nSurtout si tout \u00e0 coup r\u00e9veillant sa m\u00e9moire,<br \/>\nL\u2019ann\u00e9e a ce soir-l\u00e0 ramen\u00e9 dans son cours<br \/>\nUne des grandes nuits, veilles de nos grands jours,<br \/>\nO\u00f9 l\u2019empereur, r\u00eavant un lendemain de gloire,<br \/>\nDormait en attendant l\u2019aube d\u2019une victoire !<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019enfin, fatigu\u00e9 de songes, vers minuit,<br \/>\nLas d\u2019\u00e9couter au seuil de ce monde d\u00e9truit,<br \/>\nApr\u00e8s s\u2019\u00eatre accoud\u00e9 longtemps, oubliant l\u2019heure,<br \/>\nAu bord de ce n\u00e9ant immense o\u00f9 rien ne pleure,<br \/>\nIl aura lentement regagn\u00e9 son chemin ;<br \/>\nQuand dans ce grand d\u00e9sert, pur de tout pas humain,<br \/>\nRien ne troublera plus cette pudeur que Rome<br \/>\nOu Paris ruin\u00e9 doit avoir devant l\u2019homme ;<br \/>\nLorsque la solitude, enfin libre et sans bruit,<br \/>\nPourra continuer ce qu\u2019elle fait la nuit,<br \/>\nSi quelque \u00eatre anim\u00e9 veille encor dans la plaine,<br \/>\nPeut-\u00eatre verra-t-il comme sous une haleine<br \/>\nSoudain un p\u00e2le \u00e9clair de ta t\u00eate jaillir,<br \/>\nEt la colonne au loin r\u00e9pondre et tressaillir !<br \/>\nEt ses soldats de cuivre et tes soldats de pierre<br \/>\nOuvrir subitement leur pesante paupi\u00e8re !<br \/>\nEt tous s\u2019entre-heurter, r\u00e9veil miraculeux !<br \/>\nTels que d\u2019anciens guerriers d\u2019un \u00e2ge fabuleux<br \/>\nQu\u2019un noir magicien, loin des temps o\u00f9 nous sommes,<br \/>\nJadis aurait faits marbre et qu\u2019il referait hommes !<br \/>\nAlors l\u2019aigle d\u2019airain \u00e0 ton fa\u00eete endormi,<br \/>\nSuperbe, et tout \u00e0 coup se dressant \u00e0 demi,<br \/>\nSur ces h\u00e9ros baign\u00e9s du feu de ses prunelles<br \/>\nSecouera largement ses ailes \u00e9ternelles !<br \/>\nD\u2019o\u00f9 viendra ce r\u00e9veil ? d\u2019o\u00f9 viendront ces clart\u00e9s ?<br \/>\nEt ce vent qui, soufflant sur ces guerriers sculpt\u00e9s,<br \/>\nLes fera remuer sur ta face hautaine<br \/>\nComme tremble un feuillage autour du tronc d\u2019un ch\u00eane ?<br \/>\nQu\u2019importe ! Dieu le sait. Le myst\u00e8re est dans tout.<br \/>\nL\u2019un \u00e0 l\u2019autre \u00e0 voix basse ils se diront : Debout !<br \/>\nCeux de quatre vingt-seize et de mil huit cent onze,<br \/>\nCeux que conduit au ciel la spirale de bronze,<br \/>\nCeux que scelle \u00e0 la terre un socle de granit,<br \/>\nTous, poussant au combat le cheval qui hennit,<br \/>\nLe drapeau qui se gonfle et le canon qui roule,<br \/>\nA l\u2019immense m\u00eal\u00e9e ils se rueront en foule !<br \/>\nAlors on entendra sur ton mur les clairons,<br \/>\nLes bombes, les tambours, le choc des escadrons,<br \/>\nLes cris, et le bruit sourd des plaines \u00e9branl\u00e9es,<br \/>\nSortir confus\u00e9ment des pierres cisel\u00e9es,<br \/>\nEt du pied au sommet du pilier souverain<br \/>\nCent batailles rugir avec des voix d\u2019airain.<br \/>\nTout \u00e0 coup, \u00e9crasant l\u2019ennemi qui s\u2019effare,<br \/>\nLa victoire aux cent voix sonnera sa fanfare.<br \/>\nDe la colonne \u00e0 toi les cris se r\u00e9pondront.<br \/>\nEt puis tout se taira sur votre double front ;<br \/>\nUne rumeur de f\u00eate emplira la vall\u00e9e,<br \/>\nEt Notre-Dame au loin, aux t\u00e9n\u00e8bres m\u00eal\u00e9e,<br \/>\nIlluminant sa croix, ainsi qu\u2019un labarum,<br \/>\nVous chantera dans l\u2019ombre un vague Te Deum !<\/p>\n<p>Monument ! voil\u00e0 donc la r\u00eaverie immense<br \/>\nQu\u2019\u00e0 ton ombre d\u00e9j\u00e0 le po\u00ebte commence !<br \/>\nPi\u00e9destal qu\u2019e\u00fbt aim\u00e9 B\u00e9l\u00e9nus ou Mithra !<br \/>\nArche aujourd\u2019hui guerri\u00e8re, un jour religieuse !<br \/>\nR\u00eave en pierre \u00e9bauch\u00e9 ! porte prodigieuse<br \/>\nD\u2019un palais de g\u00e9ants qu\u2019on se figurera !<\/p>\n<p>Quand \u2019un lierre poudreux je couvre tes sculptures ;<br \/>\nLorsque je vois, au fond des \u00e9poques futures,<br \/>\nLa liste des h\u00e9ros sur ton mur constell\u00e9<br \/>\nReluire et rayonner, malgr\u00e9 les destin\u00e9es,<br \/>\nA travers les rameaux des profondes ann\u00e9es,<br \/>\nComme \u00e0 travers un bois brille un ciel \u00e9toil\u00e9 ;<\/p>\n<p>Quand ma pens\u00e9e ainsi, vieillissant ton attique,<br \/>\nTe fait de l\u2019avenir un pass\u00e9 magnifique,<br \/>\nAlors sous ta grandeur je me courbe effray\u00e9,<br \/>\nJ\u2019admire, et, fils pieux, passant que l\u2019art anime,<br \/>\nJe ne regrette rien devant ton mur sublime<br \/>\nQue Phidias absent et mon p\u00e8re oubli\u00e9 !<\/p>\n<p>2 f\u00e9vrier 1837<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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