{"id":1993,"date":"2024-02-22T21:21:15","date_gmt":"2024-02-22T20:21:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=1993"},"modified":"2024-02-22T21:21:15","modified_gmt":"2024-02-22T20:21:15","slug":"mauvais-sang","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/mauvais-sang\/","title":{"rendered":"Mauvais sang"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019ai de mes anc\u00eatres gaulois l\u2019\u0153il bleu blanc, la cervelle \u00e9troite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.<\/p>\n<p>Les Gaulois \u00e9taient les \u00e9corcheurs de b\u00eates, les br\u00fbleurs d\u2019herbes les plus ineptes de leur temps.<\/p>\n<p>D\u2019eux, j\u2019ai : l\u2019idol\u00e2trie et l\u2019amour du sacril\u00e8ge ; \u2014 oh ! tous les vices, col\u00e8re, luxure, \u2014 magnifique, la luxure ; \u2014 surtout mensonge et paresse.<\/p>\n<p>J\u2019ai horreur de tous les m\u00e9tiers. Ma\u00eetres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main \u00e0 plume vaut la main \u00e0 charrue. \u2014 Quel si\u00e8cle \u00e0 mains ! \u2014 Je n\u2019aurai jamais ma main. Apr\u00e8s, la domesticit\u00e9 m\u00e8ne trop loin. L\u2019honn\u00eatet\u00e9 de la mendicit\u00e9 me navre. Les criminels d\u00e9go\u00fbtent comme des ch\u00e2tr\u00e9s : moi, je suis intact, et \u00e7a m\u2019est \u00e9gal.<\/p>\n<p>Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu\u2019elle ait guid\u00e9 et sauvegard\u00e9 jusqu\u2019ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre m\u00eame de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j\u2019ai v\u00e9cu partout. Pas une famille d\u2019Europe que je ne connaisse. \u2014 J\u2019entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la d\u00e9claration des Droits de l\u2019Homme. \u2014 J\u2019ai connu chaque fils de famille !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Si j\u2019avais des ant\u00e9c\u00e9dents \u00e0 un point quelconque de l\u2019histoire de France !<\/p>\n<p>Mais non, rien.<\/p>\n<p>Il m\u2019est bien \u00e9vident que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 race inf\u00e9rieure. Je ne puis comprendre la r\u00e9volte. Ma race ne se souleva jamais que pour piller : tels les loups \u00e0 la b\u00eate qu\u2019ils n\u2019ont pas tu\u00e9e.<\/p>\n<p>Je me rappelle l\u2019histoire de la France fille a\u00een\u00e9e de l\u2019\u00c9glise. J\u2019aurais fait, manant, le voyage de terre sainte ; j\u2019ai dans la t\u00eate des routes dans les plaines souabes, des vues de Byzance, des remparts de Solyme ; le culte de Marie, l\u2019attendrissement sur le crucifi\u00e9 s\u2019\u00e9veillent en moi parmi mille f\u00e9eries profanes. \u2014 Je suis assis, l\u00e9preux, sur les pots cass\u00e9s et les orties, au pied d\u2019un mur rong\u00e9 par le soleil. \u2014 Plus tard, re\u00eetre, j\u2019aurais bivaqu\u00e9 sous les nuits d\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>Ah ! encore : je danse le sabbat dans une rouge clairi\u00e8re, avec des vieilles et des enfants.<\/p>\n<p>Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. Je n\u2019en finirais pas de me revoir dans ce pass\u00e9. Mais toujours seul ; sans famille ; m\u00eame, quelle langue parlais-je ? Je ne me vois jamais dans les conseils du Christ ; ni dans les conseils des Seigneurs, \u2014 repr\u00e9sentants du Christ.<\/p>\n<p>Qu\u2019\u00e9tais-je au si\u00e8cle dernier : je ne me retrouve qu\u2019aujourd\u2019hui. Plus de vagabonds, plus de guerres vagues. La race inf\u00e9rieure a tout couvert \u2014 le peuple, comme on dit, la raison ; la nation et la science.<\/p>\n<p>Oh ! la science ! On a tout repris. Pour le corps et pour l\u2019\u00e2me, \u2014 le viatique, \u2014 on a la m\u00e9decine et la philosophie, \u2014 les rem\u00e8des de bonnes femmes et les chansons populaires arrang\u00e9s. Et les divertissements des princes et les jeux qu\u2019ils interdisaient ! G\u00e9ographie, cosmographie, m\u00e9canique, chimie !\u2026<\/p>\n<p>La science, la nouvelle noblesse ! Le progr\u00e8s. Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?<\/p>\n<p>C\u2019est la vision des nombres. Nous allons \u00e0 l\u2019Esprit. C\u2019est tr\u00e8s-certain, c\u2019est oracle, ce que je dis. Je comprends, et ne sachant m\u2019expliquer sans paroles pa\u00efennes, je voudrais me taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Le sang pa\u00efen revient ! L\u2019Esprit est proche, pourquoi Christ ne m\u2019aide-t-il pas, en donnant \u00e0 mon \u00e2me noblesse et libert\u00e9. H\u00e9las ! l\u2019\u00c9vangile a pass\u00e9 ! l\u2019\u00c9vangile ! l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p>J\u2019attends Dieu avec gourmandise. Je suis de race inf\u00e9rieure de toute \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s\u2019allument dans le soir. Ma journ\u00e9e est faite ; je quitte l\u2019Europe. L\u2019air marin br\u00fblera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. Nager, broyer l\u2019herbe, chasser, fumer surtout ; boire des liqueurs fortes comme du m\u00e9tal bouillant, \u2014 comme faisaient ces chers anc\u00eatres autour des feux.<\/p>\n<p>Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l\u2019\u0153il furieux : sur mon masque, on me jugera d\u2019une race forte. J\u2019aurai de l\u2019or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces f\u00e9roces infirmes retour des pays chauds. Je serai m\u00eal\u00e9 aux affaires politiques. Sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Maintenant je suis maudit, j\u2019ai horreur de la patrie. Le meilleur, c\u2019est un sommeil bien ivre, sur la gr\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On ne part pas. \u2014 Reprenons les chemins d\u2019ici, charg\u00e9 de mon vice, le vice qui a pouss\u00e9 ses racines de souffrance \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9, d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de raison \u2014 qui monte au ciel, me bat, me renverse, me tra\u00eene.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re innocence et la derni\u00e8re timidit\u00e9. C\u2019est dit. Ne pas porter au monde mes d\u00e9go\u00fbts et mes trahisons.<\/p>\n<p>Allons ! La marche, le fardeau, le d\u00e9sert, l\u2019ennui et la col\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00c0 qui me louer ? Quelle b\u00eate faut-il adorer ? Quelle sainte image attaque-t-on ? Quels c\u0153urs briserai-je ? Quel mensonge dois-je tenir ? \u2014 Dans quel sang marcher ?<\/p>\n<p>Plut\u00f4t, se garder de la justice. \u2014 La vie dure, l\u2019abrutissement simple, \u2014 soulever, le poing dess\u00e9ch\u00e9, le couvercle du cercueil, s\u2019asseoir, s\u2019\u00e9touffer. Ainsi point de vieillesse, ni de dangers : la terreur n\u2019est pas fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>\u2014 Ah ! je suis tellement d\u00e9laiss\u00e9 que j\u2019offre \u00e0 n\u2019importe quelle divine image des \u00e9lans vers la perfection.<\/p>\n<p>\u00d4 mon abn\u00e9gation, \u00f4 ma charit\u00e9 merveilleuse ! ici-bas, pourtant !<\/p>\n<p>De profundis Domine, suis-je b\u00eate !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Encore tout enfant, j\u2019admirais le for\u00e7at intraitable sur qui se referme toujours le bagne ; je visitais les auberges et les garnis qu\u2019il aurait sacr\u00e9s par son s\u00e9jour ; je voyais avec son id\u00e9e le ciel bleu et le travail fleuri de la campagne ; je flairais sa fatalit\u00e9 dans les villes. Il avait plus de force qu\u2019un saint, plus de bon sens qu\u2019un voyageur \u2014 et lui, lui seul ! pour t\u00e9moin de sa gloire et de sa raison.<\/p>\n<p>Sur les routes, par des nuits d\u2019hiver, sans g\u00eete, sans habits, sans pain, une voix \u00e9treignait mon c\u0153ur gel\u00e9 : \u00ab Faiblesse ou force : te voil\u00e0, c\u2019est la force. Tu ne sais ni o\u00f9 tu vas ni pourquoi tu vas, entre partout, r\u00e9ponds \u00e0 tout. On ne te tuera pas plus que si tu \u00e9tais cadavre. \u00bb Au matin j\u2019avais le regard si perdu et la contenance si morte, que ceux que j\u2019ai rencontr\u00e9s ne m\u2019ont peut-\u00eatre pas vu.<\/p>\n<p>Dans les villes la boue m\u2019apparaissait soudainement rouge et noire, comme une glace quand la lampe circule dans la chambre voisine, comme un tr\u00e9sor dans la for\u00eat ! Bonne chance, criais-je, et je voyais une mer de flammes et de fum\u00e9e au ciel ; et, \u00e0 gauche, \u00e0 droite, toutes les richesses flambant comme un milliard de tonnerres.<\/p>\n<p>Mais l\u2019orgie et la camaraderie des femmes m\u2019\u00e9taient interdites. Pas m\u00eame un compagnon. Je me voyais devant une foule exasp\u00e9r\u00e9e, en face du peloton d\u2019ex\u00e9cution, pleurant du malheur qu\u2019ils n\u2019aient pu comprendre, et pardonnant ! \u2014 Comme Jeanne d\u2019Arc ! \u2014 \u00ab Pr\u00eatres, professeurs, ma\u00eetres, vous vous trompez en me livrant \u00e0 la justice. Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 de ce peuple-ci ; je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 chr\u00e9tien ; je suis de la race qui chantait dans le supplice ; je ne comprends pas les lois ; je n\u2019ai pas le sens moral, je suis une brute : vous vous trompez\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Oui, j\u2019ai les yeux ferm\u00e9s \u00e0 votre lumi\u00e8re. Je suis une b\u00eate, un n\u00e8gre. Mais je puis \u00eatre sauv\u00e9. Vous \u00eates de faux n\u00e8gres, vous maniaques, f\u00e9roces, avares. Marchand, tu es n\u00e8gre ; magistrat, tu es n\u00e8gre ; g\u00e9n\u00e9ral, tu es n\u00e8gre ; empereur, vieille d\u00e9mangeaison, tu es n\u00e8gre : tu as bu d\u2019une liqueur non tax\u00e9e, de la fabrique de Satan. \u2014 Ce peuple est inspir\u00e9 par la fi\u00e8vre et le cancer. Infirmes et vieillards sont tellement respectables qu\u2019ils demandent \u00e0 \u00eatre bouillis. \u2014 Le plus malin est de quitter ce continent, o\u00f9 la folie r\u00f4de pour pourvoir d\u2019otages ces mis\u00e9rables. J\u2019entre au vrai royaume des enfants de Cham.<\/p>\n<p>Connais-je encore la nature ? me connais-je ? \u2014 Plus de mots. J\u2019ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Je ne vois m\u00eame pas l\u2019heure o\u00f9, les blancs d\u00e9barquant, je tomberai au n\u00e9ant.<\/p>\n<p>Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Les blancs d\u00e9barquent. Le canon ! Il faut se soumettre au bapt\u00eame, s\u2019habiller, travailler.<\/p>\n<p>J\u2019ai re\u00e7u au c\u0153ur le coup de la gr\u00e2ce. Ah ! je ne l\u2019avais pas pr\u00e9vu !<\/p>\n<p>Je n\u2019ai point fait le mal. Les jours vont m\u2019\u00eatre l\u00e9gers, le repentir me sera \u00e9pargn\u00e9. Je n\u2019aurai pas eu les tourments de l\u2019\u00e2me presque morte au bien, o\u00f9 remonte la lumi\u00e8re s\u00e9v\u00e8re comme les cierges fun\u00e9raires. Le sort du fils de famille, cercueil pr\u00e9matur\u00e9 couvert de limpides larmes. Sans doute la d\u00e9bauche est b\u00eate, le vice est b\u00eate ; il faut jeter la pourriture \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Mais l\u2019horloge ne sera pas arriv\u00e9e \u00e0 ne plus sonner que l\u2019heure de la pure douleur ! Vais-je \u00eatre enlev\u00e9 comme un enfant, pour jouer au paradis dans l\u2019oubli de tout le malheur !<\/p>\n<p>Vite ! est-il d\u2019autres vies ? \u2014 Le sommeil dans la richesse est impossible. La richesse a toujours \u00e9t\u00e9 bien public. L\u2019amour divin seul octroie les clefs de la science. Je vois que la nature n\u2019est qu\u2019un spectacle de bont\u00e9. Adieu chim\u00e8res, id\u00e9als, erreurs.<\/p>\n<p>Le chant raisonnable des anges s\u2019\u00e9l\u00e8ve du navire sauveur : c\u2019est l\u2019amour divin. \u2014 Deux amours ! je puis mourir de l\u2019amour terrestre, mourir de d\u00e9vouement. J\u2019ai laiss\u00e9 des \u00e2mes dont la peine s\u2019accro\u00eetra de mon d\u00e9part ! Vous me choisissez parmi les naufrag\u00e9s ; ceux qui restent sont-ils pas mes amis ?<\/p>\n<p>Sauvez-les !<\/p>\n<p>La raison m\u2019est n\u00e9e. Le monde est bon. Je b\u00e9nirai la vie. J\u2019aimerai mes fr\u00e8res. Ce ne sont plus des promesses d\u2019enfance. Ni l\u2019espoir d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la vieillesse et \u00e0 la mort. Dieu fait ma force, et je loue Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>L\u2019ennui n\u2019est plus mon amour. Les rages, les d\u00e9bauches, la folie, dont je sais tous les \u00e9lans et les d\u00e9sastres, \u2014 tout mon fardeau est d\u00e9pos\u00e9. Appr\u00e9cions sans vertige l\u2019\u00e9tendue de mon innocence.<\/p>\n<p>Je ne serais plus capable de demander le r\u00e9confort d\u2019une bastonnade. Je ne me crois pas embarqu\u00e9 pour une noce avec J\u00e9sus-Christ pour beau-p\u00e8re.<\/p>\n<p>Je ne suis pas prisonnier de ma raison. J\u2019ai dit : Dieu. Je veux la libert\u00e9 dans le salut : comment la poursuivre ? Les go\u00fbts frivoles m\u2019ont quitt\u00e9. Plus besoin de d\u00e9vouement ni d\u2019amour divin. Je ne regrette pas le si\u00e8cle des c\u0153urs sensibles. Chacun a sa raison, m\u00e9pris et charit\u00e9 : je retiens ma place au sommet de cette ang\u00e9lique \u00e9chelle de bon sens.<\/p>\n<p>Quant au bonheur \u00e9tabli, domestique ou non\u2026 non, je ne peux pas. Je suis trop dissip\u00e9, trop faible. La vie fleurit par le travail, vieille v\u00e9rit\u00e9 : moi, ma vie n\u2019est pas assez pesante, elle s\u2019envole et flotte loin au-dessus de l\u2019action, ce cher point du monde.<\/p>\n<p>Comme je deviens vieille fille, \u00e0 manquer du courage d\u2019aimer la mort !<\/p>\n<p>Si Dieu m\u2019accordait le calme c\u00e9leste, a\u00e9rien, la pri\u00e8re, \u2014 comme les anciens saints. \u2014 Les saints ! des forts ! les anachor\u00e8tes, des artistes comme il n\u2019en faut plus !<\/p>\n<p>Farce continuelle ! Mon innocence me ferait pleurer. La vie est la farce \u00e0 mener par tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Assez ! voici la punition. \u2014 En marche !<\/p>\n<p>Ah ! les poumons br\u00fblent, les tempes grondent ! la nuit roule dans mes yeux, par ce soleil ! le c\u0153ur\u2026 les membres\u2026<\/p>\n<p>O\u00f9 va-t-on ? au combat ? Je suis faible ! les autres avancent. Les outils, les armes\u2026 le temps !\u2026<\/p>\n<p>Feu ! feu sur moi ! L\u00e0 ! ou je me rends. \u2014 L\u00e2ches ! \u2014 Je me tue ! Je me jette aux pieds des chevaux !<\/p>\n<p>Ah !\u2026<\/p>\n<p>\u2014 Je m\u2019y habituerai.<\/p>\n<p>Ce serait la vie fran\u00e7aise, le sentier de l\u2019honneur !<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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