{"id":16136,"date":"2025-05-18T23:47:47","date_gmt":"2025-05-18T21:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=16136"},"modified":"2025-05-18T23:47:47","modified_gmt":"2025-05-18T21:47:47","slug":"chant-quatrieme-2","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/","title":{"rendered":"Chant quatri\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p>Oui, les riches aspects et des champs et de l\u2019onde<br \/>\nD\u2019int\u00e9ressans tableaux sont la source f\u00e9conde :<br \/>\nOui, toujours je revois avec un plaisir pur<br \/>\nDans l\u2019azur de ces lacs briller ce ciel d\u2019azur,<br \/>\nCes fleuves s\u2019\u00e9pancher en nappes transparentes,<br \/>\nCes gazons serpenter le long des eaux errantes,<br \/>\nSe noircir ces for\u00eats et jaunir les moissons,<br \/>\nEn de rians bassins s\u2019enfoncer ces vallons,<br \/>\nLes monts porter les cieux sur leurs t\u00eates hautaines<br \/>\nEt s\u2019\u00e9tendre \u00e0 leurs pieds l\u2019immensit\u00e9 des plaines ;<br \/>\nTandis que, colorant tous ces tableaux divers,<br \/>\nLe soleil marche en pompe autour de l\u2019univers.<br \/>\nHeureux qui, contemplant cette sc\u00e8ne imposante,<br \/>\nJouit de ses beaut\u00e9s ! Plus heureux qui les chante !<br \/>\nPour lui tout s\u2019embellit ; il rassemble \u00e0 son choix<br \/>\nLes agr\u00e9mens \u00e9pars et des champs et des bois,<br \/>\nEt dans ses vers brillans, rivaux de la nature,<br \/>\nAinsi que des objets, jouit de leur peinture.<br \/>\nMais loin ces \u00e9crivains dont le vers ennuyeux<br \/>\nNous dit ce que cent fois on a dit encor mieux !<br \/>\nInsipides rimeurs ! N\u2019avez-vous pas encore<br \/>\nEpuis\u00e9, dites-moi, tous les parfums de Flore ?<br \/>\nEntendrai-je toujours les bonds de vos troupeaux ?<br \/>\nFaut-il toujours dormir au bruit de vos ruisseaux ?<br \/>\nZ\u00e9phir n\u2019est-il point las de caresser la rose,<br \/>\nDe ses jeunes boutons depuis long-temps \u00e9close ?<br \/>\nEt l\u2019\u00e9cho de vos vers ne peut-il une fois<br \/>\nLaisser dormir en paix les \u00e9chos de nos bois ?<br \/>\nPeut-on \u00eatre si pauvre, en chantant la nature ?<br \/>\nOh ! Que, plus vari\u00e9, moins vague en sa peinture,<br \/>\nHorace nous d\u00e9crit en vers d\u00e9licieux<br \/>\nCe p\u00e2le peuplier, ce pin audacieux,<br \/>\nEnsemble mariant leurs rameaux frais et sombres,<br \/>\nEt pr\u00eatant au buveur l\u2019hospice de leurs ombres ;<br \/>\nTandis qu\u2019un clair ruisseau, se h\u00e2tant dans son cours,<br \/>\nFuit, roule et de son lit abr\u00e8ge les d\u00e9tours !<br \/>\nLa nature en ses vers semble toujours nouvelle,<br \/>\nEt vos vers, en naissant, sont d\u00e9j\u00e0 vieux comme elle.<br \/>\nAh ! C\u2019est que, pour les peindre, il faut aimer les champs !<br \/>\nMais souvent, insensible \u00e0 leurs charmes touchans,<br \/>\nDes rimeurs citadins la muse peu champ\u00eatre<br \/>\nLes peint sans les aimer, les peint sans les conno\u00eetre ;<br \/>\nA peine ils ont go\u00fbt\u00e9 la paix de leur s\u00e9jour,<br \/>\nLa fra\u00eecheur d\u2019un beau soir, ou l\u2019aube d\u2019un beau jour.<br \/>\nAussi lisez leurs vers ; on conno\u00eet \u00e0 leur style<br \/>\nDans ces peintres des champs les amis de la ville.<br \/>\nVoyez-les prodiguer, toujours riches de mots,<br \/>\nL\u2019\u00e9meraude des pr\u00e9s et le cristal des flots.<br \/>\nL\u2019aurore, sans briller sur un tr\u00f4ne d\u2019opale,<br \/>\nNe peut point \u00e9clairer la rive orientale ;<br \/>\nLe pourpre et le saphir forment ses v\u00eatemens.<br \/>\nR\u00e9pand-elle des fleurs ? Ce sont des diamans !<br \/>\nIls vont puiser \u00e0 Tyr, vont chercher au Potose,<br \/>\nLe teint de la jonquille et celui de la rose.<br \/>\nAinsi, d\u2019or et d\u2019argent, de perles, de rubis,<br \/>\nDe la simple nature ils chargent les habits,<br \/>\nEt, croyant l\u2019embellir, leur main la d\u00e9figure.<br \/>\nPuisque la po\u00ebsie est s\u0153ur de la peinture,<br \/>\nEcoutez de Zeuxis ces mots trop peu connus.<br \/>\nUn artiste novice osoit peindre V\u00e9nus.<br \/>\nCe n\u2019\u00e9toient point ses traits et ses gr\u00e2ces touchantes,<br \/>\nD\u2019un buste harmonieux les rondeurs \u00e9l\u00e9gantes,<br \/>\nCes contours d\u2019un beau sein, ces bras voluptueux ;<br \/>\nCe n\u2019\u00e9toit point V\u00e9nus : son pinceau fastueux<br \/>\nAvoit prodigu\u00e9 l\u2019or, l\u2019argent, les pierreries,<br \/>\nEt Cypris se perdoit sous d\u2019amples draperies.<br \/>\nQue fais-tu, malheureux ? Dit Zeuxis irrit\u00e9 ;<br \/>\nTu nous peins la richesse, et non pas la beaut\u00e9 !<br \/>\nRimeur sans go\u00fbt, ce mot vous regarde vous-m\u00eame :<br \/>\nJe le r\u00e9p\u00e8te, il faut peindre ce que l\u2019on aime.<br \/>\nN\u2019imitez pas pourtant ces auteurs trop soigneux,<br \/>\nQui, des beaut\u00e9s des champs amans minutieux,<br \/>\nPr\u00e9f\u00e9rant dans leurs vers Linn\u00e9us \u00e0 Virgile,<br \/>\nProdiguent des objets un d\u00e9tail inutile ;<br \/>\nSur le plus vil insecte \u00e9puisent leurs pinceaux,<br \/>\nEt la loupe \u00e0 la main composent leurs tableaux.<br \/>\nC\u2019est un peintre sans go\u00fbt, dont le soin ridicule,<br \/>\nEn peignant une femme, imite avec scrupule<br \/>\nSes ongles, ses cheveux, les taches de son sein.<br \/>\nVous, peignez plus en grand. Au retour du matin<br \/>\nAvez-vous quelquefois, du sommet des montagnes,<br \/>\nEmbrass\u00e9 d\u2019un coup-d\u2019\u0153il la sc\u00e8ne des campagnes,<br \/>\nLes fleuves, les moissons, les vallons, les coteaux,<br \/>\nLes bois, les champs, les pr\u00e9s blanchis par les troupeaux,<br \/>\nEt, dans l\u2019enfoncement de l\u2019horizon bleu\u00e2tre,<br \/>\nDe ces monts fugitifs le long amphith\u00e9\u00e2tre ?<br \/>\nVoil\u00e0 votre mod\u00e8le. Imitez dans vos vers<br \/>\nCes masses de beaut\u00e9s et ces groupes divers.<br \/>\nJe sais qu\u2019un peintre adroit du fond d\u2019un paysage<br \/>\nDe quelque objet saillant peut d\u00e9tacher l\u2019image ;<br \/>\nMais ne choisissez point ces objets au hasard ;<br \/>\nPour la belle nature \u00e9puisez tout votre art.<br \/>\nCependant laissez croire \u00e0 la foule grossi\u00e8re<br \/>\nQue la belle nature est toujours r\u00e9guli\u00e8re :<br \/>\nCes arbres arrondis, droits et majestueux,<br \/>\nPeignez-les, j\u2019y consens. Mais ce tronc tortueux,<br \/>\nQui, bizarre en sa masse, informe en sa parure,<br \/>\nEt jetant au hasard des touffes de verdure,<br \/>\nEtend ses bras pendans sur des rochers d\u00e9serts,<br \/>\nDans ses brutes beaut\u00e9s m\u00e9rite aussi vos vers.<br \/>\nJusque dans ses horreurs la nature int\u00e9resse.<br \/>\nNature, \u00f4 s\u00e9duisante et sublime d\u00e9esse,<br \/>\nQue tes traits sont divers ! Tu fais na\u00eetre dans moi<br \/>\nOu les plus doux transports, ou le plus saint effroi.<br \/>\nTant\u00f4t, dans nos vallons, jeune, fra\u00eeche et brillante,<br \/>\nTu marches, et, des plis de ta robe flottante<br \/>\nSecouant la ros\u00e9e et versant les couleurs,<br \/>\nTes mains s\u00e8ment les fruits, la verdure et les fleurs :<br \/>\nLes rayons d\u2019un beau jour naissent de ton sourire ;<br \/>\nDe ton souffle l\u00e9ger s\u2019exhale le z\u00e9phire ;<br \/>\nEt le doux bruit des eaux, le doux concert des bois,<br \/>\nSont les accens divers de ta brillante voix.<br \/>\nTant\u00f4t, dans les d\u00e9serts, divinit\u00e9 terrible,<br \/>\nSur des sommets glac\u00e9s pla\u00e7ant ton tr\u00f4ne horrible,<br \/>\nLe front ceint de vieux pins s\u2019entrechoquant dans l\u2019air,<br \/>\nDes torrens \u00e9cumeux battent tes flancs ; l\u2019\u00e9clair<br \/>\nSort de tes yeux ; ta voix est la foudre qui gronde<br \/>\nEt du bruit des volcans \u00e9pouvante le monde.<br \/>\nOh ! Qui pourra saisir dans leur vari\u00e9t\u00e9<br \/>\nDe tes riches aspects la changeante beaut\u00e9 ?<br \/>\nQui peindra d\u2019un ton vrai tes ouvrages sublimes,<br \/>\nDepuis les monts altiers jusqu\u2019aux profonds abymes ;<br \/>\nDepuis ces bois pompeux dans les airs \u00e9gar\u00e9s,<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 la violette, humble amante des pr\u00e9s ?<br \/>\nQuelquefois, oubliant nos simples paysages,<br \/>\nCherchez sous d\u2019autres cieux de plus grandes images :<br \/>\nPassez les mers ; volez aux lieux o\u00f9 le soleil<br \/>\nDonne aux quatre saisons un plus riche appareil.<br \/>\nSous le ciel \u00e9clatant de cette ardente z\u00f4ne<br \/>\nMontrez-nous l\u2019Or\u00e9noque et l\u2019immense Amazone,<br \/>\nQui, fiers enfans des monts, nobles rivaux des mers,<br \/>\nEt baignant la moiti\u00e9 de ce vaste univers,<br \/>\nEpuisent, pour former les tr\u00e9sors de leur onde,<br \/>\nLes plus vastes sommets qui dominent le monde ;<br \/>\nBaignent d\u2019oiseaux brillans un innombrable essaim,<br \/>\nDe masses de verdure enrichissent leur sein :<br \/>\nTant\u00f4t, se d\u00e9ployant avec magnificence,<br \/>\nVoyagent lentement, et marchent en silence ;<br \/>\nTant\u00f4t avec fracas pr\u00e9cipitent leurs flots,<br \/>\nDe leurs mugissemens fatiguent les \u00e9chos,<br \/>\nEt semblent, \u00e0 leur poids, \u00e0 leur bruyant tonnerre,<br \/>\nPlut\u00f4t tomber des cieux que rouler sur la terre.<br \/>\nPeignez de ces beaux lieux les oiseaux et les fleurs,<br \/>\nO\u00f9 le ciel prodigua le luxe des couleurs ;<br \/>\nDe ces vastes for\u00eats l\u2019immensit\u00e9 profonde,<br \/>\nNoires comme la nuit, vieilles comme le monde ;<br \/>\nCes bois ind\u00e9pendans, ces champs abandonn\u00e9s ;<br \/>\nCes vergers, du hasard enfans d\u00e9sordonn\u00e9s ;<br \/>\nCes troupeaux sans pasteurs, ces moissons sans culture ;<br \/>\nEnfin cette imposante et sublime nature,<br \/>\nPr\u00e8s de qui l\u2019Apennin n\u2019est qu\u2019un humble coteau,<br \/>\nNos for\u00eats des buissons, le Danube un ruisseau.<br \/>\nTant\u00f4t de ces beaux lieux, de ces plaines f\u00e9condes,<br \/>\nPortez-nous dans les champs sans verdure, sans ondes,<br \/>\nD\u2019o\u00f9 s\u2019exile la vie et la f\u00e9condit\u00e9.<br \/>\nPeignez-nous, dans leur triste et morne aridit\u00e9,<br \/>\nDes sables africains l\u2019espace solitaire,<br \/>\nQu\u2019un limpide ruisseau jamais ne d\u00e9salt\u00e8re :<br \/>\nQue l\u2019ardeur du climat, la soif de ces d\u00e9serts,<br \/>\nEmbrase vos tableaux et br\u00fble dans vos vers ;<br \/>\nQue l\u2019hydre \u00e9pouvantable \u00e0 longs plis les sillonne ;<br \/>\nQue, gonfl\u00e9 du poison dont tout son sang bouillonne,<br \/>\nL\u2019affreux dragon s\u2019y dresse, et de son corps vermeil<br \/>\nAllume les couleurs aux rayons du soleil.<br \/>\nLivrez \u00e0 l\u2019ouragan cette ar\u00eane mouvante ;<br \/>\nQue le tigre et l\u2019hy\u00e8ne y portent l\u2019\u00e9pouvante,<br \/>\nEt que du fier lion la rugissante voix<br \/>\nProclame le courroux du monarque des bois.<br \/>\nTant\u00f4t vous nous portez aux limites du monde,<br \/>\nO\u00f9 l\u2019hiver tient sa cour, o\u00f9 l\u2019aquilon qui gronde<br \/>\nSans cesse fait partir de son tr\u00f4ne orageux<br \/>\nEt le givre piquant et les flocons neigeux,<br \/>\nEt des frimats durcis les balles bondissantes,<br \/>\nSur la terre sonore au loin retentissantes.<br \/>\nTracez toute l\u2019horreur de ce ciel rigoureux ;<br \/>\nQue tout le corps frissonne \u00e0 ces r\u00e9cits affreux.<br \/>\nMais ces lieux ont leur pompe et leur beaut\u00e9 sauvage :<br \/>\nDu palais des frimats pr\u00e9sentez-nous l\u2019image ;<br \/>\nCes prismes color\u00e9s ; ce luxe des hivers,<br \/>\nQui, se jouant aux yeux en cent reflets divers,<br \/>\nBrise des traits du jour les fl\u00e8ches transparentes ;<br \/>\nSe suspend aux rochers en aiguilles brillantes,<br \/>\nTremble sur les sapins en mobiles cristaux ;<br \/>\nD\u2019une \u00e9corce de glace entoure les roseaux ;<br \/>\nRecouvre les \u00e9tangs, les lacs, les mers profondes,<br \/>\nEt change en bloc d\u2019azur leurs immobiles ondes.<br \/>\nEblouissant d\u00e9sert ! Brillante immensit\u00e9,<br \/>\nO\u00f9, sur son char glissant l\u00e9g\u00e8rement port\u00e9,<br \/>\nLe rapide lapon court, vole, et de ses rennes,<br \/>\nCoursiers de ces climats, laisse flotter les r\u00eanes.<br \/>\nAinsi vous parcourez mille sites divers.<br \/>\nMais bient\u00f4t, revenu dans des climats plus chers,<br \/>\nPlus doux dans leur \u00e9t\u00e9, plus doux dans leur froidure,<br \/>\nEt d\u2019un ciel sans rigueur molle temp\u00e9rature,<br \/>\nVous nous rendez nos pr\u00e9s, nos bois, nos arbrisseaux,<br \/>\nLes nids de nos buissons, le bruit de nos ruisseaux ;<br \/>\nNos fruits qu\u2019un teint moins vif plus doucement colore ;<br \/>\nNotre simple Pal\u00e8s, notre modeste Flore ;<br \/>\nEt, pauvre de couleurs, mais riche de sa voix,<br \/>\nLe rossignol encore enchantera nos bois.<br \/>\nMais n\u2019allez pas non plus toujours peindre et d\u00e9crire :<br \/>\nDans l\u2019art d\u2019int\u00e9resser consiste l\u2019art d\u2019\u00e9crire.<br \/>\nSouvent dans vos tableaux placez des spectateurs ;<br \/>\nSur la sc\u00e8ne des champs amenez des acteurs :<br \/>\nCet art de l\u2019int\u00e9r\u00eat est la source f\u00e9conde.<br \/>\nOui, l\u2019homme aux yeux de l\u2019homme est l\u2019ornement du monde :<br \/>\nLes lieux les plus rians sans lui nous touchent peu ;<br \/>\nC\u2019est un temple d\u00e9sert qui demande son dieu.<br \/>\nAvec lui mouvement, plaisir, ga\u00eet\u00e9, culture ;<br \/>\nTout rena\u00eet, tout revit : ainsi qu\u2019\u00e0 la nature,<br \/>\nLa pr\u00e9sence de l\u2019homme est n\u00e9cessaire aux arts.<br \/>\nC\u2019est lui dans vos tableaux que cherchent nos regards.<br \/>\nPeuplez donc ces coteaux de jeunes vendangeuses,<br \/>\nCes vallons de bergers, et ces eaux de baigneuses,<br \/>\nQui, timides, \u00e0 peine osant aux flots discrets<br \/>\nConfier le tr\u00e9sor de leurs charmes secrets,<br \/>\nSemblent, en tressaillant dans leurs rayeux extr\u00eames,<br \/>\nCraindre leurs propres yeux, et rougir d\u2019elles-m\u00eames ;<br \/>\nTandis que, les suivant sous le cristal de l\u2019eau,<br \/>\nUn faune du feuillage entr\u2019ouvre le rideau.<br \/>\nQue si l\u2019homme est absent de vos tableaux rustiques,<br \/>\nQuel peuple d\u2019animaux sauvages, domestiques,<br \/>\nCourageux ou craintifs, rebelles ou soumis,<br \/>\nEsclaves patiens ou g\u00e9n\u00e9reux amis,<br \/>\nDont le lait vous nourrit, dont vous filez la laine,<br \/>\nD\u2019acteurs int\u00e9ressans vient occuper la sc\u00e8ne !<br \/>\nCeux qui de Wouvermans exer\u00e7oient les pinceaux,<br \/>\nQui du riant Berghem animoient les tableaux,<br \/>\nNe vous disent-ils rien ? La lyre du po\u00ebte<br \/>\nNe peut-elle du peintre \u00e9galer la palette ?<br \/>\nAh ! Soyez peintre aussi ! Venez ; \u00e0 votre voix<br \/>\nLes h\u00f4tes de la plaine et des monts et des bois<br \/>\nS\u2019en vont donner la vie au plus froid paysage.<br \/>\nL\u00e0, d\u00e8s qu\u2019un vent l\u00e9ger fait fr\u00e9mir le feuillage,<br \/>\nAussi tremblant que lui, le timide chevreuil<br \/>\nFuit, plus prompt que l\u2019\u00e9clair, plus rapide que l\u2019\u0153il :<br \/>\nIci, des pr\u00e9s fleuris paissant l\u2019herbe abondante,<br \/>\nLa vache gonfle en paix sa mamelle pendante,<br \/>\nEt son fol\u00e2tre enfant se joue \u00e0 son c\u00f4t\u00e9.<br \/>\nPlus loin, fier de sa race et s\u00fbr de sa beaut\u00e9,<br \/>\nS\u2019il entend ou le cor ou le cri des cavales,<br \/>\nDe son s\u00e9rail nombreux hennissantes rivales,<br \/>\nDu rempart \u00e9pineux qui borde le vallon,<br \/>\nIndocile, inquiet, le fougueux \u00e9talon<br \/>\nS\u2019\u00e9chappe, et, libre enfin, bondissant et superbe,<br \/>\nTant\u00f4t d\u2019un pied l\u00e9ger \u00e0 peine effleure l\u2019herbe,<br \/>\nTant\u00f4t demande aux vents les objets de ses feux ;<br \/>\nTant\u00f4t vers la fra\u00eecheur d\u2019un bain voluptueux,<br \/>\nFier, relevant ses crins que le z\u00e9phir d\u00e9ploie,<br \/>\nVole et fr\u00e9mit d\u2019orgueil, de jeunesse et de joie :<br \/>\nSes pas dans tous vos sens retentissent encor.<br \/>\nVoulez-vous d\u2019int\u00e9r\u00eats un plus riche tr\u00e9sor ?<br \/>\nDans tous ces animaux peignez les m\u0153urs humaines ;<br \/>\nDonnez-leur notre espoir, nos plaisirs et nos peines,<br \/>\nEt par nos passions rapprochez-les de nous.<br \/>\nEn vain le grand Buffon, de leur gloire jaloux,<br \/>\nPeu d\u2019accord avec soi dans sa prose divine,<br \/>\nVoulut ne voir en eux qu\u2019une adroite machine,<br \/>\nQu\u2019une argile mouvante, et d\u2019aveugles ressorts<br \/>\nD\u2019une grossi\u00e8re vie organisant leurs corps :<br \/>\nBuffon les peint ; chacun de sa main immortelle<br \/>\nDu feu de Prom\u00e9th\u00e9e obtint une \u00e9tincelle :<br \/>\nLe chien eut la tendresse et la fid\u00e9lit\u00e9,<br \/>\nLe b\u0153uf, la patience et la docilit\u00e9 ;<br \/>\nEt fier de porter l\u2019homme, et sensible \u00e0 la gloire,<br \/>\nLe coursier partagea l\u2019orgueil de la victoire.<br \/>\nAinsi chaque animal, r\u00e9tabli dans ses droits,<br \/>\nLui dut un caract\u00e8re et des m\u0153urs et des lois.<br \/>\nMais que dis-je ? D\u00e9j\u00e0 l\u2019auguste po\u00ebsie<br \/>\nAvoit donn\u00e9 l\u2019exemple \u00e0 la philosophie.<br \/>\nC\u2019est elle qui toujours, dans ses riches tableaux,<br \/>\nUnit les dieux \u00e0 l\u2019homme, et l\u2019homme aux animaux.<br \/>\nVoyez-vous dans Hom\u00e8re, aux si\u00e8cles po\u00ebtiques,<br \/>\nLes h\u00e9ros haranguant leurs coursiers h\u00e9ro\u00efques ?<br \/>\nUlysse est de retour, \u00f4 spectacle touchant !<br \/>\nSon chien le reconno\u00eet, et meurt en le l\u00e9chant.<br \/>\nEt toi, Virgile, et toi, trop \u00e9loquent Lucr\u00e8ce,<br \/>\nAux m\u0153urs des animaux que votre art int\u00e9resse !<br \/>\nAvec le laboureur je d\u00e9t\u00e8le, en pleurant,<br \/>\nLe taureau qui g\u00e9mit sur son fr\u00e8re expirant.<br \/>\nLes chefs d\u2019un grand troupeau se d\u00e9clarent la guerre :<br \/>\nAu bruit dont leurs d\u00e9bats font retentir la terre,<br \/>\nMon \u0153il \u00e9pouvant\u00e9 ne voit plus deux taureaux ;<br \/>\nCe sont deux souverains, ce sont deux fiers rivaux,<br \/>\nArm\u00e9s pour un empire, arm\u00e9s pour une H\u00e9l\u00e8ne,<br \/>\nBr\u00fblant d\u2019ambition, enflamm\u00e9s par la haine.<br \/>\nTous deux, le front baiss\u00e9, s\u2019entrechoquent ; tous deux,<br \/>\nDe leur large fanon battant leur cou nerveux,<br \/>\nMugissent de douleur, d\u2019amour et de vengeance.<br \/>\nLe vaste olympe en gronde, et la foule en silence<br \/>\nAttend, int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 ces sanglans assauts,<br \/>\nA qui doit demeurer l\u2019empire des troupeaux.<br \/>\nVoulez-vous un tableau d\u2019un plus doux caract\u00e8re ?<br \/>\nRegardez la genisse, inconsolable m\u00e8re :<br \/>\nH\u00e9las ! Elle a perdu le fruit de ses amours !<br \/>\nDe la noire for\u00eat parcourant les d\u00e9tours,<br \/>\nSes longs mugissemens en vain le redemandent.<br \/>\nA ses cris, que les monts, que les rochers lui rendent,<br \/>\nLui seul ne r\u00e9pond point ; l\u2019ombre, les frais ruisseaux,<br \/>\nRoulant sur des cailloux leurs diligentes eaux,<br \/>\nLa saussaie encor fra\u00eeche et de pluie arros\u00e9e,<br \/>\nL\u2019herbe o\u00f9 tremblent encor les gouttes de ros\u00e9e ;<br \/>\nRien ne la touche plus : elle va mille fois<br \/>\nEt du bois \u00e0 l\u2019\u00e9table, et de l\u2019\u00e9table au bois ;<br \/>\nS\u2019en \u00e9loigne plaintive, y revient \u00e9plor\u00e9e,<br \/>\nEt s\u2019en retourne enfin, seule et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e.<br \/>\nQuel c\u0153ur n\u2019est point \u00e9mu de ses tendres regrets !<br \/>\nM\u00eame aux eaux, m\u00eame aux fleurs, m\u00eame aux arbres muets,<br \/>\nLa po\u00ebsie encore, avec art mensong\u00e8re,<br \/>\nNe peut-elle pr\u00eater une ame imaginaire ?<br \/>\nTout semble concourir \u00e0 cette illusion.<br \/>\nVoyez l\u2019eau caressante embrasser le gazon,<br \/>\nCes arbres s\u2019enlacer, ces vignes tortueuses<br \/>\nEmbrasser les ormeaux de leurs mains amoureuses,<br \/>\nEt, refusant les sucs d\u2019un terrain ennemi,<br \/>\nCes racines courir vers un sol plus ami.<br \/>\nCe mouvement des eaux et cet instinct des plantes<br \/>\nSuffit pour enhardir vos fictions brillantes ;<br \/>\nDonnez-leur donc l\u2019essor. Que le jeune bouton<br \/>\nEsp\u00e8re le z\u00e9phire, et craigne l\u2019aquilon ;<br \/>\nA ce lys alt\u00e9r\u00e9 versez l\u2019eau qu\u2019il implore :<br \/>\nFormez dans ses beaux ans l\u2019arbre docile encore :<br \/>\nQue ce tronc, enrichi de rameaux adopt\u00e9s,<br \/>\nAdmire son ombrage et ses fruits emprunt\u00e9s ;<br \/>\nEt, si le jeune cep prodigue son feuillage,<br \/>\nDemandez gr\u00e2ce au fer en faveur de son \u00e2ge.<br \/>\nAlors, dans ces objets croyant voir mes \u00e9gaux,<br \/>\nLa douce sympathie \u00e0 leurs biens, \u00e0 leurs maux,<br \/>\nTrouve mon c\u0153ur sensible, et votre heureuse adresse<br \/>\nMe surprend pour un arbre un moment de tendresse.<br \/>\nIl est d\u2019autres secrets : quelquefois \u00e0 nos yeux<br \/>\nD\u2019aimables souvenirs embellissent les lieux.<br \/>\nJ\u2019aime en vos vers ce riche et brillant paysage ;<br \/>\nMais si vous ajoutez : \u00ab L\u00e0 de mon premier \u00e2ge<br \/>\n\u00ab Coul\u00e8rent les momens ; l\u00e0 je sentis s\u2019ouvrir<br \/>\n\u00ab Mes yeux \u00e0 la lumi\u00e8re, et mon c\u0153ur au plaisir : \u00bb<br \/>\nAlors vous r\u00e9veillez un souvenir que j\u2019aime ;<br \/>\nAlors mon c\u0153ur revole au moment o\u00f9, moi-m\u00eame,<br \/>\nJ\u2019ai revu les beaux lieux qui m\u2019ont donn\u00e9 le jour.<br \/>\nO champs de la Limagne ! \u00f4 fortun\u00e9 s\u00e9jour !<br \/>\nH\u00e9las ! J\u2019y revolois apr\u00e8s vingt ans d\u2019absence :<br \/>\nA peine le mont-d\u2019or, levant son front immense,<br \/>\nDans un lointain obscur apparut \u00e0 mes yeux,<br \/>\nTout mon c\u0153ur tressaillit ; et la beaut\u00e9 des lieux,<br \/>\nEt les riches coteaux et la plaine riante,<br \/>\nMes yeux ne voyoient rien ; mon ame impatiente,<br \/>\nDes rapides coursiers accusant la lenteur,<br \/>\nAppeloit, imploroit ce lieu cher \u00e0 mon c\u0153ur.<br \/>\nJe le vis ; je sentis une joie inconnue :<br \/>\nJ\u2019allois, j\u2019errois ; par tout o\u00f9 je portois la vue,<br \/>\nEn foule s\u2019\u00e9levoient des souvenirs charmans.<br \/>\nVoici l\u2019arbre t\u00e9moin de mes amusemens :<br \/>\nC\u2019est ici que Z\u00e9phir de sa jalouse haleine<br \/>\nEffa\u00e7oit mes palais dessin\u00e9s sur l\u2019ar\u00e8ne :<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 que le caillou, lanc\u00e9 dans le ruisseau,<br \/>\nGlissoit, sautoit, glissoit, et sautoit de nouveau.<br \/>\nUn rien m\u2019int\u00e9ressoit. Mais avec quelle ivresse<br \/>\nJ\u2019embrassois, je baignois de larmes de tendresse,<br \/>\nLe vieillard qui jadis guida mes pas tremblans,<br \/>\nLa femme dont le lait nourrit mes premiers ans,<br \/>\nEt le sage pasteur qui forma mon enfance !<br \/>\nSouvent je m\u2019\u00e9criois : t\u00e9moins de ma naissance,<br \/>\nT\u00e9moins de mes beaux jours, de mes premiers d\u00e9sirs,<br \/>\nBeaux lieux ! Qu\u2019avez-vous fait de mes premiers plaisirs ?<br \/>\nMais loin de mon sujet ce doux sujet m\u2019entra\u00eene.<br \/>\nVous donc, peintres des champs, animez chaque sc\u00e8ne !<br \/>\nPr\u00e9sentez-nous, au lieu d\u2019un site inanim\u00e9,<br \/>\nLes lieux que l\u2019on aima, ceux o\u00f9 l\u2019on fut aim\u00e9.<br \/>\nD\u2019autres fois, du contraste essayant la puissance,<br \/>\nDes asiles du vice \u00e0 ceux de l\u2019innocence<br \/>\nOpposez les tableaux terribles ou touchans,<br \/>\nEt des maux de la ville embellisez les champs.<br \/>\nDu haut de ces coteaux d\u2019o\u00f9 Paris nous d\u00e9couvre<br \/>\nSes temples, ses palais, ses d\u00f4mes et son louvre,<br \/>\nSur ces grands monumens arr\u00eatant vos regards,<br \/>\nL\u00e0 r\u00e8gnent, dites-vous, l\u2019opulence et les arts !<br \/>\nL\u00e0 le ciseau divin, la c\u00e9leste harmonie,<br \/>\nLes \u00e9crits immortels o\u00f9 s\u2019empreint le g\u00e9nie,<br \/>\nAmusent noblement la reine des cit\u00e9s.<br \/>\nMais bient\u00f4t, oubliant ces trompeuses beaut\u00e9s,<br \/>\nL\u00e0 r\u00e8gnent, direz-vous, l\u2019orgueil et la bassesse,<br \/>\nLes maux de la mis\u00e8re et ceux de la richesse :<br \/>\nL\u00e0, sans cesse attir\u00e9s des bouts de l\u2019univers,<br \/>\nFermentent \u00e0 la fois tous les vices divers :<br \/>\nL\u00e0, sombre et d\u00e9daignant les plaisirs l\u00e9gitimes,<br \/>\nLe d\u00e9go\u00fbt m\u00e8ne au vice, et l\u2019ennui veut des crimes :<br \/>\nL\u00e0 le noir suicide, \u00e9garant la raison,<br \/>\nAiguise le poignard et verse le poison :<br \/>\nL\u00e0 r\u00e8gne des la\u00efs la cohorte effr\u00e9n\u00e9e,<br \/>\nHonte du c\u00e9libat, fl\u00e9au de l\u2019hym\u00e9n\u00e9e :<br \/>\nL\u00e0, dans des murs infects, asiles d\u00e9vorans,<br \/>\nLa charit\u00e9 cruelle entasse les mourans :<br \/>\nL\u00e0 des fripons gag\u00e9s surveillent leurs complices,<br \/>\nEt le repos public est fond\u00e9 sur des vices :<br \/>\nL\u00e0 le p\u00e2le joueur, dans son antre infernal,<br \/>\nD\u2019un bras d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 lance le d\u00e9 fatal.<br \/>\nQue d\u2019enfans au berceau d\u00e9laiss\u00e9s par leur m\u00e8re !<br \/>\nCombien n\u2019ont jamais vu le sourire d\u2019un p\u00e8re !<br \/>\nQue de crimes cach\u00e9s ! Que d\u2019obscures douleurs !<br \/>\nCombien coule de sang, combien coulent de pleurs !<br \/>\nLa nature en fr\u00e9mit. Mais bient\u00f4t vos images<br \/>\nNous rendent les ruisseaux, les gazons, les ombrages :<br \/>\nCe contraste puissant les embellit pour nous ;<br \/>\nL\u2019ombrage, les ruisseaux, les z\u00e9phirs sont plus doux ;<br \/>\nEt le c\u0153ur, que fl\u00e9trit ce s\u00e9jour d\u2019imposture,<br \/>\nRevient s\u2019\u00e9panouir au sein de la nature.<br \/>\nAinsi, lorsque Rousseau, dans ses bosquets ch\u00e9ris,<br \/>\nDu bout de son all\u00e9e apercevoit Paris ;<br \/>\n\u00ab De vices, de vertus effroyable m\u00e9lange !<br \/>\nParis ! Ville de bruit, de fum\u00e9e et de fange !<br \/>\nTrop heureux, disoit-il, qui peut loin de tes murs<br \/>\nFuir tes brouillards infects, et tes vices impurs ! \u00bb<br \/>\nEt soudain, revenant dans ses routes ch\u00e9ries,<br \/>\nIl promenoit en paix ses douces r\u00eaveries.<br \/>\nH\u00e9las ! Pourquoi faut-il que celui dont les chants<br \/>\nEnseignent l\u2019art d\u2019orner et d\u2019habiter les champs,<br \/>\nNe puisse encor jouir des objets qu\u2019il adore !<br \/>\nO champs, \u00f4 mes amis ! Quand vous verrai-je encore ?<br \/>\nQuand pourrai-je, tant\u00f4t go\u00fbtant un doux sommeil<br \/>\nEt des bons vieux auteurs amusant mon r\u00e9veil,<br \/>\nTant\u00f4t ornant sans art mes rustiques demeures,<br \/>\nTant\u00f4t laissant couler mes indolentes heures,<br \/>\nBoire l\u2019heureux oubli des soins tumultueux,<br \/>\nIgnorer les humains et vivre ignor\u00e9 d\u2019eux !<br \/>\nVous, cependant, semez des figures sans nombre ;<br \/>\nM\u00ealez le fort au doux et le riant au sombre.<br \/>\nQuels qu\u2019ils soient, aux objets conformez votre ton ;<br \/>\nAinsi que par les mots, exprimez par le son.<br \/>\nPeignez en vers l\u00e9gers l\u2019amant l\u00e9ger de Flore ;<br \/>\nQu\u2019un doux ruisseau murmure en vers plus doux encore.<br \/>\nEntend-on d\u2019un torrent les ondes bouillonner ?<br \/>\nLe vers tumultueux en roulant doit tonner.<br \/>\nQue d\u2019un pas lent et lourd le b\u0153uf fende la plaine ;<br \/>\nChaque syllabe p\u00e8se, et chaque mot se tra\u00eene.<br \/>\nMais si le daim l\u00e9ger bondit, vole et fend l\u2019air,<br \/>\nLe vers vole et le suit, aussi prompt que l\u2019\u00e9clair.<br \/>\nAinsi de votre chant la marche cadenc\u00e9e<br \/>\nImite l\u2019action et note la pens\u00e9e.<br \/>\nMais, malgr\u00e9 ces travaux, trop heureux si toujours<br \/>\nVous aviez \u00e0 chanter les beaux lieux, les beaux jours !<br \/>\nMais lorsque vous dictez des pr\u00e9ceptes rustiques,<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut ouvrir vos tr\u00e9sors po\u00ebtiques :<br \/>\nUn pr\u00e9cepte est aride ? Il le faut embellir ;<br \/>\nEnnuyeux ? L\u2019\u00e9gayer ; vulgaire ? L\u2019ennoblir.<br \/>\nQuelquefois, des le\u00e7ons interrompant la cha\u00eene,<br \/>\nSuspendez votre course ; et, reprenant haleine,<br \/>\nAu lecteur fatigu\u00e9 pr\u00e9sentez \u00e0 propos<br \/>\nD\u2019un \u00e9pisode heureux l\u2019agr\u00e9able repos.<br \/>\nHom\u00e8re, en d\u00e9crivant les soins du labourage,<br \/>\nOffre de ce pr\u00e9cepte une charmante image.<br \/>\nChaque fois que du b\u0153uf press\u00e9 de l\u2019aiguillon<br \/>\nLe conducteur, lass\u00e9, touche au bout du sillon,<br \/>\nChaque fois d\u2019un vin pur abreuv\u00e9 par son ma\u00eetre,<br \/>\nIl retourne ga\u00eement \u00e0 son labour champ\u00eatre.<br \/>\nAinsi, par la douceur de vos digressions,<br \/>\nFaites boire l\u2019oubli des aust\u00e8res le\u00e7ons ;<br \/>\nPuis, suivez votre course un instant suspendue,<br \/>\nEt de votre sujet parcourez l\u2019\u00e9tendue.<br \/>\nMais pourquoi ces conseils trac\u00e9s si longuement ?<br \/>\nAh ! Pour toute le\u00e7on j\u2019aurois d\u00fb seulement<br \/>\nDire, lisez Virgile : avec quelle harmonie<br \/>\nAux rustiques travaux il instruit l\u2019Ausonie !<br \/>\nDe la sc\u00e8ne des champs s\u2019il m\u2019offre le tableau,<br \/>\nQue ses pinceaux sont vrais ! Le limpide ruisseau,<br \/>\nO\u00f9 le berger pensif voit flotter son image,<br \/>\nRend moins fid\u00e8lement les fleurs de son rivage.<br \/>\nS\u2019il me peint les bergers, leurs amours, leurs concerts,<br \/>\nL\u2019\u00e2ge d\u2019or tout entier respire dans ses vers.<br \/>\nLisez Virgile : heureux qui sait go\u00fbter ses charmes !<br \/>\nMalheureux qui le lit sans verser quelques larmes !<br \/>\nLorsque sa voix si douce en des sons si touchans<br \/>\nS\u2019\u00e9crie : heureux vieillard, tu conserves tes champs !<br \/>\nCombien il m\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce vieillard champ\u00eatre !<br \/>\nCe verger qu\u2019il planta, ce toit qui le vit na\u00eetre,<br \/>\nJ\u2019y crois \u00eatre avec lui ; le tendre tourtereau,<br \/>\nEt l\u2019amoureux ramier roucoulant sous l\u2019ormeau,<br \/>\nSur la saussaie en fleur l\u2019abeille qui bourdonne,<br \/>\nLes airs qu\u2019au haut des monts le bucheron fredonne,<br \/>\nCes bois, ces frais ruisseaux ! Ah ! Quel peintre eut jamais<br \/>\nDe plus douces couleurs et des tableaux plus vrais !<br \/>\nMais qu\u2019entends-je ? Quels sons ? Ah ! C\u2019est Gallus qui chante,<br \/>\nIl chante Lycoris, sa Lycoris absente.<br \/>\nSa voix pour Lycoris conjure les frimats<br \/>\nD\u2019\u00e9mousser leurs gla\u00e7ons sous ses pieds d\u00e9licats.<br \/>\nDieu du chant pastoral ! \u00f4 Virgile ! \u00f4 mon ma\u00eetre !<br \/>\nQuand je voulus chanter la nature champ\u00eatre,<br \/>\nJe l\u2019observai ; j\u2019errois avec des yeux ravis<br \/>\nDans les bois, dans les pr\u00e9s : je te lus et je vis<br \/>\nQue la nature et toi n\u2019\u00e9toient qu\u2019un. Ah ! Pardonne<br \/>\nSi, fier de ramasser des fleurs de ta couronne,<br \/>\nJ\u2019essayai d\u2019imiter tes tableaux ravissans !<br \/>\nQue ne puis-je les rendre ainsi que je les sens !<br \/>\nMais ils ont anim\u00e9 mes premi\u00e8res esquisses,<br \/>\nEt s\u2019ils n\u2019ont fait ma gloire, ils ont fait mes d\u00e9lices.<br \/>\nAinsi, seul, \u00e0 l\u2019abri de mes rochers d\u00e9serts,<br \/>\nTandis que la discorde \u00e9branloit l\u2019univers,<br \/>\nHeureux, je c\u00e9l\u00e9brois, d\u2019une voix libre et pure,<br \/>\nL\u2019humanit\u00e9, les champs, les arts et la nature.<br \/>\nVeuillent les dieux sourire \u00e0 mes champ\u00eatres sons !<br \/>\nEt moi, puiss\u00e9-je encor, pour prix de mes le\u00e7ons,<br \/>\nCompter quelques printemps, et dans les champs que j\u2019aime,<br \/>\nVivre pour mes amis, mes livres et moi-m\u00eame !<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}}},"annee":[918],"poems-book":[942],"poemes-theme":[],"poete":[752],"class_list":["post-16136","poemes","type-poemes","status-publish","hentry","annee-918","poems-book-lhomme-des-champs","poete-jacques-delille"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v25.1 (Yoast SEO v27.8) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Rimes.fr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-quatrieme-2\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-quatrieme-2\\\/\",\"name\":\"Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2025-05-18T21:47:47+00:00\",\"description\":\"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-quatrieme-2\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-quatrieme-2\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-quatrieme-2\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Poemes\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Chant quatri\u00e8me\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\",\"caption\":\"Rimes.fr\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","description":"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","og_description":"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","og_url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/","og_site_name":"Rimes.fr","twitter_card":"summary_large_image","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/","name":"Chant quatri\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website"},"datePublished":"2025-05-18T21:47:47+00:00","description":"Lisez Chant quatri\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-quatrieme-2\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Poemes","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Chant quatri\u00e8me"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","name":"Rimes.fr","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization","name":"Rimes.fr","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"","contentUrl":"","caption":"Rimes.fr"},"image":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes\/16136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/poemes"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=16136"},{"taxonomy":"poems-book","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poems-book?post=16136"},{"taxonomy":"poemes-theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes-theme?post=16136"},{"taxonomy":"poete","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poete?post=16136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}