{"id":16135,"date":"2025-05-18T23:47:48","date_gmt":"2025-05-18T21:47:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=16135"},"modified":"2025-05-18T23:47:48","modified_gmt":"2025-05-18T21:47:48","slug":"chant-troisieme-2","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/","title":{"rendered":"Chant troisi\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p>Que j\u2019aime le mortel, noble dans ses penchans,<br \/>\nQui cultive \u00e0 la fois son esprit et ses champs !<br \/>\nLui seul jouit de tout. Dans sa triste ignorance<br \/>\nLe vulgaire voit tout avec indiff\u00e9rence :<br \/>\nDes desseins du grand \u00eatre atteignant la hauteur,<br \/>\nIl ne sait point monter de l\u2019ouvrage \u00e0 l\u2019auteur.<br \/>\nNon, ce n\u2019est pas pour lui qu\u2019en ses tableaux si vastes<br \/>\nLe grand peintre forma d\u2019harmonieux contrastes.<br \/>\nIl ne sait pas comment, dans ses secrets canaux,<br \/>\nDe la racine au tronc, du tronc jusqu\u2019aux rameaux,<br \/>\nDes rameaux au feuillage accourt la s\u00e8ve errante ;<br \/>\nComment na\u00eet des cristaux la masse transparente,<br \/>\nL\u2019union, les reflets et le jeu des couleurs.<br \/>\n\u00c9tranger \u00e0 ses bois, \u00e9tranger \u00e0 ses fleurs,<br \/>\nIl ne sait point leurs noms, leurs vertus, leur famille.<br \/>\nD\u2019une grossi\u00e8re main il prend dans la charmille<br \/>\nSes fils au rossignol, au printemps ses concerts.<br \/>\nLe sage seul, instruit des lois de l\u2019univers,<br \/>\nSait go\u00fbter dans les champs une volupt\u00e9 pure :<br \/>\nC\u2019est pour l\u2019ami des arts qu\u2019existe la nature.<br \/>\nVous donc, quand des travaux ou des soins importans<br \/>\nDu bonheur domestique ont rempli les instans,<br \/>\nCherchez autour de vous de riches connoissances<br \/>\nQui, charmant vos loisirs, doublent vos jouissances.<br \/>\nTrois r\u00e8gnes \u00e0 vos yeux \u00e9talent leurs secrets.<br \/>\nUn ma\u00eetre doit toujours conno\u00eetre ses sujets :<br \/>\nObservez les tr\u00e9sors que la nature assemble.<br \/>\nVenez ; marchons, voyons, et jouissons ensemble.<br \/>\nDans ces aspects divers que de vari\u00e9t\u00e9 !<br \/>\nL\u00e0 tout est \u00e9l\u00e9gance, harmonie et beaut\u00e9.<br \/>\nC\u2019est la molle \u00e9paisseur de la fra\u00eeche verdure ;<br \/>\nC\u2019est de mille ruisseaux le caressant murmure,<br \/>\nDes coteaux arrondis, des bois majestueux<br \/>\nEt des antres rians l\u2019abri voluptueux.<br \/>\nIci d\u2019affreux d\u00e9bris, des cr\u00e9vasses affreuses,<br \/>\nDes ravages du temps empreintes d\u00e9sastreuses ;<br \/>\nUn sable infructueux, aux vents abandonn\u00e9 ;<br \/>\nDes rebelles torrens le cours d\u00e9sordonn\u00e9 ;<br \/>\nLa ronce, la bruy\u00e8re et la mousse sauvage,<br \/>\nEt d\u2019un sol d\u00e9vast\u00e9 l\u2019\u00e9pouvantable image.<br \/>\nPartout des biens, des maux, des fl\u00e9aux, des bienfaits !<br \/>\nPour en interpr\u00e9ter les causes, les effets,<br \/>\nVous n\u2019aurez point recours \u00e0 ce double g\u00e9nie,<br \/>\nDont l\u2019un veut le d\u00e9sordre, et l\u2019autre l\u2019harmonie :<br \/>\nPour vous d\u00e9velopper ces myst\u00e8res profonds,<br \/>\nVenez, le vrai g\u00e9nie est celui des Buffons.<br \/>\nAutrefois, disent-ils, un terrible d\u00e9luge,<br \/>\nLaissant l\u2019onde sans frein et l\u2019homme sans refuge,<br \/>\nR\u00e9pandit, confondit en une vaste mer,<br \/>\nEt les eaux de la terre et les torrens de l\u2019air ;<br \/>\nO\u00f9 s\u2019\u00e9levoient des monts, \u00e9tendit des campagnes ;<br \/>\nO\u00f9 furent des vallons, \u00e9leva des montagnes ;<br \/>\nJoignit deux continens dans les m\u00eames tombeaux ;<br \/>\nDu globe d\u00e9chir\u00e9 dispersa les lambeaux ;<br \/>\nLan\u00e7a l\u2019eau sur la terre et la terre dans l\u2019onde,<br \/>\nEt roula le chaos sur les d\u00e9bris du monde.<br \/>\nDe l\u00e0 ces grands amas dans la terre enferm\u00e9s,<br \/>\nCes bois, noirs alimens des volcans enflamm\u00e9s,<br \/>\nEt ces \u00e9normes lits, ces couches intestines,<br \/>\nQui d\u2019un monde sur l\u2019autre entassent les ruines.<br \/>\nAilleurs d\u2019autres d\u00e9p\u00f4ts se pr\u00e9sentent \u00e0 vous,<br \/>\nForm\u00e9s plus lentement par des moyens plus doux.<br \/>\nLes fleuves, nous dit-on, dans leurs errantes courses,<br \/>\nEn apportant aux mers les tributs de leurs sources,<br \/>\nEntra\u00een\u00e8rent des corps l\u2019un \u00e0 l\u2019autre \u00e9trangers,<br \/>\nQuelques-uns plus pesans, les autres plus l\u00e9gers.<br \/>\nLes uns au fond de l\u2019eau tout \u00e0 coup se plong\u00e8rent ;<br \/>\nQuelque temps suspendus les autres surnag\u00e8rent,<br \/>\nDe l\u00e0 pr\u00e9cipit\u00e9s dans l\u2019humide s\u00e9jour,<br \/>\nSur ces premiers d\u00e9p\u00f4ts s\u2019assirent \u00e0 leur tour.<br \/>\nDes couches de limon sur eux se r\u00e9pandirent,<br \/>\nSur ces lits \u00e9tendus d\u2019autres lits s\u2019\u00e9tendirent ;<br \/>\nDes arbustes sur eux grav\u00e8rent leurs rameaux,<br \/>\nNon bris\u00e9s par des chocs, non dissous par les eaux,<br \/>\nMais dans leur forme pure. En vain leurs caract\u00e8res<br \/>\nSemblent offrir aux yeux des plantes \u00e9trang\u00e8res,<br \/>\nQue des fleuves, des lacs et des mers en courroux<br \/>\nLe roulement affreux apporta parmi nous :<br \/>\nLeurs traits inalt\u00e9r\u00e9s, les couches plus profondes<br \/>\nDes lits que de la mer ont arr\u00eat\u00e9s les ondes ;<br \/>\nSouvent deux minces lits, l\u00e9ger travail des eaux,<br \/>\nL\u2019un sur l\u2019autre sculpt\u00e9s par les m\u00eames rameaux ;<br \/>\nTout d\u2019une cause lente annonce aux yeux l\u2019ouvrage.<br \/>\nAinsi, sans recourir \u00e0 tout ce grand ravage,<br \/>\nLe sage ne voit plus que des effets constans,<br \/>\nLe cours de la nature et la marche du temps.<br \/>\nMais j\u2019aper\u00e7ois d\u2019ici les d\u00e9bris d\u2019un village :<br \/>\nD\u2019un d\u00e9sastre fameux tout annonce l\u2019image.<br \/>\nQuels malheurs l\u2019ont produit ? Avan\u00e7ons, consultons<br \/>\nLes lieux et les vieillards de ces tristes cantons.<br \/>\nDans les concavit\u00e9s de ces roches profondes,<br \/>\nO\u00f9 des fleuves futurs l\u2019air d\u00e9posoit les ondes,<br \/>\nL\u2019eau, parmi les rochers se filtrant lentement,<br \/>\nDe ces grands r\u00e9servoirs mina le fondement.<br \/>\nLes vo\u00fbtes, tout \u00e0 coup \u00e0 grand bruit \u00e9croul\u00e9es,<br \/>\nRemplirent ces bassins, et les eaux refoul\u00e9es,<br \/>\nSe soulevant en masse et brisant leurs remparts,<br \/>\nAvec les bois, les rocs et leurs d\u00e9bris \u00e9pars,<br \/>\nDes hameaux, des cit\u00e9s tra\u00een\u00e8rent les ruines.<br \/>\nLeur cours se lit encore au creux de ces ravines,<br \/>\nEt l\u2019hermite du lieu, sur un d\u00e9combre assis,<br \/>\nAux voyageurs encore en fait de longs r\u00e9cits.<br \/>\nAilleurs ces noirs sommets dans le fond des campagnes<br \/>\nVers\u00e8rent tout \u00e0 coup leurs liquides montagnes,<br \/>\nEt le d\u00e9bordement de leurs bruyantes eaux<br \/>\nForma de nouveaux lacs et des courans nouveaux.<br \/>\nVoyez-vous ce mont chauve et d\u00e9pouill\u00e9 de terre,<br \/>\nA qui fait l\u2019aquilon une \u00e9ternelle guerre ?<br \/>\nL\u2019olympe pluvieux, de son front escarp\u00e9<br \/>\nD\u00e9tachant le limon par ses eaux d\u00e9tremp\u00e9,<br \/>\nL\u2019emporta dans les champs, et de sa cime nue<br \/>\nLaissa les noirs sommets se perdre dans la nue :<br \/>\nL\u2019\u0153il s\u2019afflige \u00e0 l\u2019aspect de ses rochers hideux.<br \/>\nPoursuivons, descendons de ces sauvages lieux ;<br \/>\nDes terrains vari\u00e9s marquons la diff\u00e9rence.<br \/>\nVoyons comment le sol, dont la simple substance,<br \/>\nSur les monts primitifs o\u00f9 les dieux l\u2019ont jet\u00e9,<br \/>\nConserve, vierge encor, toute sa puret\u00e9,<br \/>\nS\u2019alt\u00e8re en descendant des montagnes aux plaines.<br \/>\nDe nuance en nuance et de veines en veines<br \/>\nL\u2019observateur le suit d\u2019un regard curieux.<br \/>\nTant\u00f4t de l\u2019ouragan c\u2019est le cours furieux.<br \/>\nTerrible, il prend son vol, et dans des flots de poudre<br \/>\nPart, conduisant la nuit, la temp\u00eate et la foudre ;<br \/>\nBalaie, en se jouant, et for\u00eat et cit\u00e9 ;<br \/>\nRefoule dans son lit le fleuve \u00e9pouvant\u00e9 ;<br \/>\nJusqu\u2019au sommet des monts lance la mer profonde,<br \/>\nEt tourmente en courant les airs, la terre et l\u2019onde :<br \/>\nDe l\u00e0 sous d\u2019autres champs ces champs ensevelis,<br \/>\nCes monts changeant de place, et ces fleuves de lits ;<br \/>\nEt la terre sans fruits, sans fleurs et sans verdure,<br \/>\nPleure en habits de deuil sa riante parure.<br \/>\nNon moins imp\u00e9tueux et non moins d\u00e9vorans,<br \/>\nLes feux ont leur temp\u00eate et l\u2019Etna ses torrens.<br \/>\nLa terre dans son sein, \u00e9pouvantable gouffre,<br \/>\nNourrit de noirs amas de bitume et de soufre,<br \/>\nEnflamme l\u2019air et l\u2019onde, et de ses propres flancs<br \/>\nSur ses fruits et ses fleurs vomit des flots bouillans :<br \/>\nEmbl\u00e8me trop frappant des ardeurs turbulentes,<br \/>\nDans le volcan de l\u2019ame incessamment br\u00fblantes,<br \/>\nEt qui, sortant soudain de l\u2019abyme des c\u0153urs,<br \/>\nD\u00e9vorent de la vie et les fruits et les fleurs.<br \/>\nCes rocs tout calcin\u00e9s, cette terre noir\u00e2tre,<br \/>\nTout d\u2019un grand incendie annonce le th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nL\u00e0 grondoit un volcan : ses feux sont assoupis ;<br \/>\nFlore y donne des fleurs et C\u00e9r\u00e8s des \u00e9pis.<br \/>\nSur l\u2019un de ses c\u00f4t\u00e9s son d\u00e9sastre s\u2019efface,<br \/>\nMais la pente oppos\u00e9e en garde encor la trace.<br \/>\nC\u2019est ici que la lave en longs torrens coula ;<br \/>\nVoici le lit profond o\u00f9 le fleuve roula,<br \/>\nEt plus loin \u00e0 longs flots sa masse r\u00e9pandue<br \/>\nSe refroidit soudain et resta suspendue.<br \/>\nDans ce d\u00e9sastre affreux quels fleuves ont tari !<br \/>\nQuels sommets ont croul\u00e9, quels peuples ont p\u00e9ri !<br \/>\nLes vieux \u00e2ges l\u2019ont su, l\u2019\u00e2ge pr\u00e9sent l\u2019ignore ;<br \/>\nMais de ce grand fl\u00e9au la terreur dure encore.<br \/>\nUn jour, peut-\u00eatre, un jour, les peuples de ces lieux<br \/>\nQue l\u2019horrible volcan inonda de ses feux,<br \/>\nHeurtant avec le soc des restes de murailles,<br \/>\nD\u00e9couvriront ce gouffre, et, creusant ses entrailles,<br \/>\nContempleront au loin avec \u00e9tonnement<br \/>\nDes hommes et des arts ce profond monument ;<br \/>\nCet aspect si nouveau des demeures antiques ;<br \/>\nCes cirques, ces palais, ces temples, ces portiques ;<br \/>\nCes gymnases du sage autrefois fr\u00e9quent\u00e9s,<br \/>\nD\u2019hommes qui semblent vivre encor tout habit\u00e9s :<br \/>\nSimulacres l\u00e9gers, pr\u00eats \u00e0 tomber en poudre,<br \/>\nTous gardant l\u2019attitude o\u00f9 les surprit la foudre ;<br \/>\nL\u2019un enlevant son fils, l\u2019autre emportant son or,<br \/>\nCet autre ses \u00e9crits, son plus riche tr\u00e9sor ;<br \/>\nCelui-ci dans ses mains tient son dieu tut\u00e9laire ;<br \/>\nL\u2019autre, non moins pieux, s\u2019est charg\u00e9 de son p\u00e8re ;<br \/>\nL\u2019autre, par\u00e9 de fleurs et la coupe \u00e0 la main,<br \/>\nA vu sa derni\u00e8re heure et son dernier festin.<br \/>\nGloire, honneur \u00e0 Buffon, qui, pour guider nos sages,<br \/>\nEleva sept fanaux sur l\u2019oc\u00e9an des \u00e2ges,<br \/>\nEt, noble historien de l\u2019antique univers,<br \/>\nNous peignit \u00e0 grands traits ces changemens divers !<br \/>\nMais il quitta trop peu sa retraite profonde :<br \/>\nDes bosquets de Monbar Buffon jugeoit le monde ;<br \/>\nA des yeux \u00e9trangers se confiant en vain,<br \/>\nIl vit peu par lui-m\u00eame, et, tel qu\u2019un souverain,<br \/>\nDe loin et sur la foi d\u2019une vaine peinture<br \/>\nPar ses ambassadeurs courtisa la nature.<br \/>\nO ma ch\u00e8re patrie ! \u00f4 champs d\u00e9licieux<br \/>\nO\u00f9 les fastes du temps frappent partout les yeux !<br \/>\nOh ! S\u2019il e\u00fbt parcouru cette belle Limagne,<br \/>\nQu\u2019il e\u00fbt joui de voir dans la m\u00eame campagne<br \/>\nTrois \u00e2ges de volcans que distinguent entr\u2019eux<br \/>\nLeurs courans, leurs foyers, et des si\u00e8cles nombreux !<br \/>\nLa mer couvrit les uns par des couches profondes,<br \/>\nD\u2019autres ont recouvert le vieux s\u00e9jour des ondes.<br \/>\nL\u2019un d\u2019une c\u00f4te \u00e0 l\u2019autre \u00e9tendit ses torrens ;<br \/>\nL\u2019autre en fleuve de feu versa ses flots errans<br \/>\nDans ces fonds qu\u2019a creus\u00e9s la longue main des \u00e2ges.<br \/>\nEn voyant du pass\u00e9 ces sublimes images,<br \/>\nCes grands foyers \u00e9teints dans des si\u00e8cles divers,<br \/>\nDes mers sur des volcans, des volcans sur des mers,<br \/>\nVers l\u2019antique chaos notre ame est repouss\u00e9e,<br \/>\nEt des \u00e2ges sans fin p\u00e8sent sur la pens\u00e9e.<br \/>\nMais sans quitter vos monts et vos vallons ch\u00e9ris,<br \/>\nVoyez d\u2019un marbre us\u00e9 le plus mince d\u00e9bris :<br \/>\nQuel riche monument ! De quelle grande histoire<br \/>\nSes r\u00e9volutions conservent la m\u00e9moire !<br \/>\nCompos\u00e9 des d\u00e9p\u00f4ts de l\u2019empire anim\u00e9,<br \/>\nPar la destruction ce marbre fut form\u00e9.<br \/>\nPour cr\u00e9er les d\u00e9bris dont les eaux le p\u00e9trirent,<br \/>\nDe g\u00e9n\u00e9rations quelles foules p\u00e9rirent !<br \/>\nCombien de temps sur lui l\u2019oc\u00e9an a coul\u00e9 !<br \/>\nQue de temps dans leur sein les vagues l\u2019ont roul\u00e9 !<br \/>\nEn descendant des monts dans ses profonds abymes,<br \/>\nL\u2019oc\u00e9an autrefois le laissa sur leurs cimes ;<br \/>\nL\u2019orage dans les mers de nouveau le porta ;<br \/>\nDe nouveau sur ses bords la mer le rejeta,<br \/>\nLe reprit, le rendit : ainsi, rong\u00e9 par l\u2019\u00e2ge,<br \/>\nIl endura les vents et les flots et l\u2019orage.<br \/>\nEnfin, de ces grands monts humble contemporain,<br \/>\nCe marbre fut un roc, ce roc n\u2019est plus qu\u2019un grain ;<br \/>\nMais, fils du temps, de l\u2019air, de la terre et de l\u2019onde,<br \/>\nL\u2019histoire de ce grain est l\u2019histoire du monde.<br \/>\nEt quelle source encor d\u2019\u00e9tudes, de plaisirs,<br \/>\nVa de pensers sans nombre occuper vos loisirs,<br \/>\nSi la mer elle-m\u00eame et ses vastes domaines<br \/>\nVous offrent de plus pr\u00e8s leurs riches ph\u00e9nom\u00e8nes !<br \/>\nO mer, terrible mer, quel homme \u00e0 ton aspect<br \/>\nNe se sent pas saisi de crainte et de respect !<br \/>\nDe quelle impression tu frappas mon enfance !<br \/>\nMais alors je ne vis que ton espace immense :<br \/>\nCombien l\u2019homme et ses arts t\u2019agrandissent encor !<br \/>\nL\u00e0 le g\u00e9nie humain prit son plus noble essor.<br \/>\nTous ces nombreux vaisseaux suspendus sur ses ondes<br \/>\nSont le n\u0153ud des \u00e9tats, les courriers des deux mondes.<br \/>\nComme elle \u00e0 son aspect vos pensers sont profonds.<br \/>\nTant\u00f4t vous demandez \u00e0 ces gouffres sans fonds<br \/>\nLes d\u00e9bris disparus des nations guerri\u00e8res,<br \/>\nLeur or, leurs bataillons et leurs flottes enti\u00e8res :<br \/>\nTant\u00f4t, avec Linn\u00e9e enfonc\u00e9 sous les eaux,<br \/>\nVous cherchez ces for\u00eats de fucus, de roseaux,<br \/>\nDe la flore des mers invisible h\u00e9ritage,<br \/>\nQui ne viennent \u00e0 nous qu\u2019apport\u00e9s par l\u2019orage ;<br \/>\nEponges, polypiers, madr\u00e9pores, coraux,<br \/>\nDes insectes des mers miraculeux travaux.<br \/>\nQue de fleuves obscurs y d\u00e9robent leur source !<br \/>\nQue de fleuves fameux y terminent leur course !<br \/>\nTant\u00f4t avec effroi vous y suivez de l\u2019\u0153il<br \/>\nCes monstres qui de loin semblent un vaste \u00e9cueil.<br \/>\nSouvent avec Buffon vos yeux y viennent lire<br \/>\nLes r\u00e9volutions de ce bruyant empire,<br \/>\nSes courans, ses reflux, ces grands \u00e9v\u00e9nemens<br \/>\nQui de l\u2019axe inclin\u00e9 suivent les mouvemens ;<br \/>\nTous ces volcans \u00e9teints, qui du sein de la terre<br \/>\nJadis alloient aux cieux d\u00e9fier le tonnerre ;<br \/>\nCeux dont le foyer br\u00fble au sein des flots amers,<br \/>\nCeux dont la vo\u00fbte ardente est la base des mers,<br \/>\nEt qui peut-\u00eatre un jour sur les eaux \u00e9cumantes<br \/>\nVomiront des rochers et des \u00eeles fumantes.<br \/>\nPeindrai-je ces vieux caps, sur les ondes pendans ;<br \/>\nCes golfes qu\u2019\u00e0 leur tour rongent les flots grondans ;<br \/>\nCes monts ensevelis sous ces vo\u00fbtes obscures,<br \/>\nLes Alpes d\u2019autrefois et les Alpes futures ;<br \/>\nTandis que ces vallons, ces monts que voit le jour,<br \/>\nDans les profondes eaux vont rentrer \u00e0 leur tour ?<br \/>\nEchanges \u00e9ternels de la terre et de l\u2019onde,<br \/>\nQui semblent lentement se disputer le monde !<br \/>\nAinsi l\u2019ancre s\u2019attache o\u00f9 paissoient les troupeaux ;<br \/>\nAinsi roulent des chars o\u00f9 voguoient des vaisseaux !<br \/>\nEt le monde, vieilli par la mer qui voyage,<br \/>\nDans l\u2019abyme des temps s\u2019en va cacher son \u00e2ge.<br \/>\nApr\u00e8s les vastes mers et leurs mouvans tableaux,<br \/>\nVous aimerez \u00e0 voir les fleuves, les ruisseaux ;<br \/>\nNon point ceux qu\u2019ont chant\u00e9s tous ces rimeurs si fades<br \/>\nDe qui les vers us\u00e9s ont vieilli leurs nayades,<br \/>\nMais ceux de qui les eaux pr\u00e9sentent \u00e0 vos yeux<br \/>\nDes effets nobles, grands, rares ou curieux.<br \/>\nTant\u00f4t dans son berceau vous recherchez leur source ;<br \/>\nTant\u00f4t dans ses replis vous observez leur course,<br \/>\nComme, d\u2019un bord \u00e0 l\u2019autre errans en longs d\u00e9tours,<br \/>\nD\u2019angles creux ou saillans chacun marque son cours.<br \/>\nDirai-je ces ruisseaux, ces sources, ces fontaines,<br \/>\nQui de nos corps souffrans adoucissent les peines ?<br \/>\nL\u00e0, de votre canton doux et tristes tableaux,<br \/>\nLa joie et la douleur, les plaisirs et les maux,<br \/>\nVous font chaque printemps leur visite annuelle :<br \/>\nL\u00e0, m\u00ealant leur ga\u00eet\u00e9, leur plainte mutuelle,<br \/>\nViennent de tous c\u00f4t\u00e9s, exacts au rendez-vous,<br \/>\nDes vieillards \u00e9clop\u00e9s, un jeune essaim de foux.<br \/>\nDans le m\u00eame salon l\u00e0 viennent se confondre<br \/>\nLa belle vaporeuse et le triste hypocondre :<br \/>\nLise y vient de son teint rafra\u00eechir les couleurs ;<br \/>\nLe guerrier, de sa plaie adoucir les douleurs ;<br \/>\nLe gourmand, de sa table expier les d\u00e9lices.<br \/>\nAu dieu de la sant\u00e9 tous font leurs sacrifices.<br \/>\nTous, lassant de leurs maux valets, amis, voisins,<br \/>\nVeulent \u00eatre gu\u00e9ris, mais surtout \u00eatre plaints.<br \/>\nLe matin voit errer l\u2019essaim m\u00e9lancolique ;<br \/>\nLe soir, le jeu, le bal, les festins, la musique,<br \/>\nM\u00ealent \u00e0 mille maux mille plaisirs divers :<br \/>\nOn croit voir l\u2019Elys\u00e9e au milieu des enfers.<br \/>\nMais laissant l\u00e0 la foule et ses bruyantes sc\u00e8nes,<br \/>\nReprenons notre course autour de vos domaines,<br \/>\nEt du palais magique o\u00f9 se rendent les eaux<br \/>\nEnsemble remontons aux lieux de leurs berceaux,<br \/>\nVers ces monts, de vos champs dominateurs antiques.<br \/>\nQuels sublimes aspects, quels tableaux romantiques !<br \/>\nSur ces vastes rochers, confus\u00e9ment \u00e9pars,<br \/>\nJe crois voir le g\u00e9nie appeler tous les arts.<br \/>\nLe peintre y vient chercher, sous des teintes sans nombre,<br \/>\nLes jets de la lumi\u00e8re et les masses de l\u2019ombre :<br \/>\nLe po\u00ebte y con\u00e7oit de plus sublimes chants :<br \/>\nLe sage y voit des m\u0153urs les spectacles touchans.<br \/>\nDes si\u00e8cles autour d\u2019eux ont pass\u00e9 comme une heure,<br \/>\nEt l\u2019aigle et l\u2019homme libre en aiment la demeure ;<br \/>\nEt vous, vous y venez, d\u2019un \u0153il observateur,<br \/>\nAdmirer dans ses plans l\u2019\u00e9ternel cr\u00e9ateur.<br \/>\nL\u00e0 le temps a trac\u00e9 les annales du monde.<br \/>\nVous distinguez ces monts, lents ouvrages de l\u2019onde ;<br \/>\nCeux que des feux soudains ont lanc\u00e9s dans les airs,<br \/>\nEt les monts primitifs n\u00e9s avec l\u2019univers ;<br \/>\nLeurs lits si vari\u00e9s, leur couche verticale,<br \/>\nLeurs terrains inclin\u00e9s, leur forme horizontale ;<br \/>\nDu hasard et du temps travail myst\u00e9rieux !<br \/>\nTant\u00f4t vous parcourez d\u2019un regard curieux<br \/>\nDe leurs rochers pendans l\u2019informe amphith\u00e9\u00e2tre,<br \/>\nL\u2019ouvrage des volcans, le basalte noir\u00e2tre,<br \/>\nLe granit par les eaux lentement fa\u00e7onn\u00e9,<br \/>\nEt les feuilles du schiste et le marbre vein\u00e9.<br \/>\nVous fouillez dans leur sein, vous percez leur structure,<br \/>\nVous y voyez empreints Dieu, l\u2019homme et la nature :<br \/>\nLa nature, tant\u00f4t riante en tous ses traits,<br \/>\nDe verdure et de fleurs \u00e9gayant ses attraits ;<br \/>\nTant\u00f4t m\u00e2le, \u00e2pre et forte, et d\u00e9daignant les gr\u00e2ces,<br \/>\nFi\u00e8re, et du vieux chaos gardant encor les traces.<br \/>\nIci, modeste encore au sortir du berceau,<br \/>\nGlisse en minces filets un timide ruisseau ;<br \/>\nL\u00e0 s\u2019\u00e9lance en grondant la cascade \u00e9cumante ;<br \/>\nL\u00e0 le z\u00e9phyr caresse, ou l\u2019aquilon tourmente.<br \/>\nVous y voyez unis des volcans, des vergers,<br \/>\nEt l\u2019\u00e9cho du tonnerre, et l\u2019\u00e9cho des bergers ;<br \/>\nIci de frais vallons, une terre f\u00e9conde ;<br \/>\nL\u00e0 des rocs d\u00e9charn\u00e9s, vieux ossemens du monde ;<br \/>\nA leur pied le printemps, sur leurs fronts les hivers.<br \/>\nSalut, pompeux Jura ! Terrible Montanverts !<br \/>\nDe neiges, de gla\u00e7ons, entassemens \u00e9normes ;<br \/>\nDu temple des frimats colonnades informes !<br \/>\nPrismes \u00e9blouissans, dont les pans azur\u00e9s,<br \/>\nD\u00e9fiant le soleil dont ils sont color\u00e9s,<br \/>\nPeignent de pourpre et d\u2019or leur \u00e9clatante masse,<br \/>\nTandis que, triomphant sur son tr\u00f4ne de glace,<br \/>\nL\u2019hiver s\u2019enorgueillit de voir l\u2019astre du jour<br \/>\nEmbellir son palais et d\u00e9corer sa cour !<br \/>\nNon, jamais, au milieu de ces grands ph\u00e9nom\u00e8nes,<br \/>\nDe ces tableaux touchans, de ces terribles sc\u00e8nes,<br \/>\nL\u2019imagination ne laisse dans ces lieux<br \/>\nOu languir la pens\u00e9e ou reposer les yeux.<br \/>\nMalheureux cependant les mortels t\u00e9m\u00e9raires<br \/>\nQui viennent visiter ces horreurs solitaires,<br \/>\nSi par un bruit prudent de tous ces noirs frimats<br \/>\nLeurs tubes enflamm\u00e9s n\u2019interrogent l\u2019amas !<br \/>\nSouvent un grand effet na\u00eet d\u2019une foible cause.<br \/>\nSouvent sur ces hauteurs l\u2019oiseau qui se repose<br \/>\nD\u00e9tache un grain de neige. \u00e0 ce l\u00e9ger fardeau<br \/>\nDes grains dont il s\u2019accro\u00eet se joint le poids nouveau ;<br \/>\nLa neige autour de lui rapidement s\u2019amasse ;<br \/>\nDe moment en moment il augmente sa masse :<br \/>\nL\u2019air en tremble, et soudain, s\u2019\u00e9croulant \u00e0 la fois,<br \/>\nDes hivers entass\u00e9s l\u2019\u00e9pouvantable poids<br \/>\nBondit de roc en roc, roule de cime en cime,<br \/>\nEt de sa chute immense \u00e9branle au loin l\u2019abyme.<br \/>\nLes hameaux sont d\u00e9truits, et les bois emport\u00e9s ;<br \/>\nOn cherche en vain la place o\u00f9 furent les cit\u00e9s,<br \/>\nEt sous le vent lointain de ces Alpes qui tombent,<br \/>\nAvant d\u2019\u00eatre frapp\u00e9s, les voyageurs succombent.<br \/>\nAinsi quand des exc\u00e8s, suivis d\u2019exc\u00e8s nouveaux,<br \/>\nD\u2019un \u00e9tat par degr\u00e9s ont pr\u00e9par\u00e9 les maux,<br \/>\nDe malheur en malheur sa chute se consomme ;<br \/>\nTyr n\u2019est plus, Th\u00e8bes meurt, et les yeux cherchent Rome !<br \/>\nO France, \u00f4 ma patrie ! \u00f4 s\u00e9jour de douleurs !<br \/>\nMes yeux \u00e0 ces pensers se sont mouill\u00e9s de pleurs.<br \/>\nVos pas sont-ils lass\u00e9s de ces sites sauvages ?<br \/>\nEh bien ! Redescendez dans ces frais paysages.<br \/>\nL\u00e0 le long des vallons, au bord des clairs ruisseaux,<br \/>\nDe fertiles vergers, d\u2019aimables arbrisseaux,<br \/>\nEt des arbres pompeux et des fleurs odorantes,<br \/>\nViennent vous \u00e9taler leurs races diff\u00e9rentes.<br \/>\nQuel nouvel int\u00e9r\u00eat ils donnent \u00e0 vos champs !<br \/>\nObservez leurs couleurs, leurs formes, leurs penchans,<br \/>\nLeurs amours, leurs hymens, la greffe et ses prodiges ;<br \/>\nComment, des sauvageons civilisant les tiges,<br \/>\nL\u2019art corrige leurs fruits, leur pr\u00eate des rameaux,<br \/>\nEt peuple ces vergers de citoyens nouveaux ;<br \/>\nComment, dans les canaux o\u00f9 sa course s\u2019ach\u00e8ve,<br \/>\nDans ses balancemens monte et descend la s\u00e8ve ;<br \/>\nComment le suc, enfin, de la m\u00eame liqueur<br \/>\nForme le bois, la feuille, et le fruit et la fleur.<br \/>\nEt les humbles tribus, le peuple immense d\u2019herbes<br \/>\nQu\u2019effleure l\u2019ignorant de ses regards superbes,<br \/>\nN\u2019ont-ils pas leurs beaut\u00e9s et leurs bienfaits divers ?<br \/>\nLe m\u00eame dieu cr\u00e9a la mousse et l\u2019univers.<br \/>\nDe leurs secrets pouvoirs connoissez les myst\u00e8res,<br \/>\nLeurs utiles vertus, leurs poisons salutaires.<br \/>\nPar eux autour de vous rien n\u2019est inhabit\u00e9,<br \/>\nEt m\u00eame le d\u00e9sert n\u2019est jamais sans beaut\u00e9.<br \/>\nSouvent, pour visiter leurs riantes peuplades,<br \/>\nVous dirigez vers eux vos douces promenades,<br \/>\nSoit que vous parcouriez les coteaux de Marli,<br \/>\nOu le riche Meudon, ou le frais Chantilli.<br \/>\nEt voulez-vous encore embellir le voyage ?<br \/>\nQu\u2019une troupe d\u2019amis avec vous le partage :<br \/>\nLa peine est plus l\u00e9g\u00e8re et le plaisir plus doux.<br \/>\nLe jour vient, et la troupe arrive au rendez-vous.<br \/>\nCe ne sont point ici de ces guerres barbares,<br \/>\nO\u00f9 les accens du cor et le bruit des fanfares<br \/>\n\u00c9pouvantent de loin les h\u00f4tes des for\u00eats.<br \/>\nPaissez, jeunes chevreuils, sous vos ombrages frais ;<br \/>\nOiseaux, ne craignez rien : ces chasses innocentes<br \/>\nOnt pour objet les fleurs, les arbres et les plantes ;<br \/>\nEt des pr\u00e9s et des bois, et des champs et des monts<br \/>\nLe porte-feuille avide attend d\u00e9j\u00e0 les dons.<br \/>\nOn part : l\u2019air du matin, la fra\u00eecheur de l\u2019aurore<br \/>\nAppellent \u00e0 l\u2019envi les disciples de Flore.<br \/>\nJussieu marche \u00e0 leur t\u00eate ; il parcourt avec eux<br \/>\nDu r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal les nourrissons nombreux.<br \/>\nPour tenter son savoir quelquefois leur malice<br \/>\nDe plusieurs v\u00e9g\u00e9taux compose un tout factice.<br \/>\nLe sage l\u2019aper\u00e7oit, sourit avec bont\u00e9,<br \/>\nEt rend \u00e0 chaque plant son d\u00e9bris emprunt\u00e9.<br \/>\nChacun dans sa recherche \u00e0 l\u2019envi se signale ;<br \/>\nEtamine, pistil, et corolle et p\u00e9tale,<br \/>\nOn interroge tout. Parmi ces v\u00e9g\u00e9taux<br \/>\nLes uns vous sont connus, d\u2019autres vous sont nouveaux<br \/>\nVous voyez les premiers avec reconnoissance,<br \/>\nVous voyez les seconds des yeux de l\u2019esp\u00e9rance ;<br \/>\nL\u2019un est un vieil ami qu\u2019on aime \u00e0 retrouver,<br \/>\nL\u2019autre est un inconnu que l\u2019on doit \u00e9prouver.<br \/>\nEt quel plaisir encor lorsque des objets rares,<br \/>\nDont le sol, le climat et le ciel sont avares,<br \/>\nRendus par votre attente encor plus pr\u00e9cieux,<br \/>\nPar un heureux hasard se montrent \u00e0 vos yeux !<br \/>\nVoyez quand la pervenche, en nos champs ignor\u00e9e,<br \/>\nOffre \u00e0 Rousseau sa fleur si long-temps d\u00e9sir\u00e9e !<br \/>\nLa pervenche, grand dieu ! La pervenche ! Soudain<br \/>\nIl la couve des yeux ; il porte la main,<br \/>\nSaisit sa douce proie : avec moins de tendresse<br \/>\nL\u2019amant voit, reconno\u00eet, adore sa ma\u00eetresse.<br \/>\nMais le besoin commande : un champ\u00eatre repas,<br \/>\nPour ranimer leur force, a suspendu leurs pas ;<br \/>\nC\u2019est au bord des ruisseaux, des sources, des cascades.<br \/>\nBacchus se rafra\u00eechit dans les eaux des Nayades.<br \/>\nDes arbres pour lambris, pour tableaux l\u2019horison,<br \/>\nLes oiseaux pour concert, pour table le gazon !<br \/>\nLe laitage, les \u0153ufs, l\u2019abricot, la cerise,<br \/>\nEt la fraise des bois, que leurs mains ont conquise,<br \/>\nVoil\u00e0 leurs simples mets ; gr\u00e2ce \u00e0 leurs doux travaux<br \/>\nLeur app\u00e9tit insulte \u00e0 tout l\u2019art des m\u00e9ots.<br \/>\nOn f\u00eate, on chante Flore et l\u2019antique Cyb\u00e8le,<br \/>\nEternellement jeune, \u00e9ternellement belle.<br \/>\nLeurs discours ne sont pas tous ces riens si vant\u00e9s,<br \/>\nPar la mode introduits, par la mode emport\u00e9s ;<br \/>\nMais la grandeur d\u2019un dieu, mais sa bont\u00e9 f\u00e9conde,<br \/>\nLa nature immortelle et les secrets du monde.<br \/>\nLa troupe enfin se l\u00e8ve ; on vole de nouveau<br \/>\nDes bois \u00e0 la prairie, et des champs au coteau ;<br \/>\nEt le soir dans l\u2019herbier, dont les feuilles sont pr\u00eates,<br \/>\nChacun vient en triomphe apporter ses conqu\u00eates.<br \/>\nAux plantes toutefois le destin n\u2019a donn\u00e9<br \/>\nQu\u2019une vie imparfaite, et qu\u2019un instinct born\u00e9.<br \/>\nMoins \u00e9trangers \u00e0 l\u2019homme et plus pr\u00e8s de son \u00eatre,<br \/>\nLes animaux divers sont plus doux \u00e0 conno\u00eetre :<br \/>\nLes uns sont ses sujets, d\u2019autres ses ennemis ;<br \/>\nCeux-ci ses compagnons, et ceux-l\u00e0 ses amis.<br \/>\nSuivez, \u00e9tudiez ces familles sans nombre :<br \/>\nCeux que cachent les bois, qu\u2019abrite un antre sombre ;<br \/>\nCeux dont l\u2019essaim l\u00e9ger perche sur des rameaux,<br \/>\nLes h\u00f4tes de vos cours, les h\u00f4tes des hameaux ;<br \/>\nCeux qui peuplent les monts, qui vivent sous la terre ;<br \/>\nCeux que vous combattez, qui vous livrent la guerre.<br \/>\nEtudiez leurs m\u0153urs, leurs ruses, leurs combats,<br \/>\nEt surtout les degr\u00e9s, si fins, si d\u00e9licats,<br \/>\nPar qui l\u2019instinct changeant de l\u2019\u00e9chelle vivante<br \/>\nOu s\u2019\u00e9l\u00e8ve vers l\u2019homme, ou descend vers la plante.<br \/>\nC\u2019est peu ; pour vous donner un int\u00e9r\u00eat nouveau,<br \/>\nDe ces vastes objets rassemblez le tableau.<br \/>\nQue d\u2019un lieu pr\u00e9par\u00e9 l\u2019\u00e9troite enceinte assemble<br \/>\nLes trois r\u00e8gnes rivaux, \u00e9tonn\u00e9s d\u2019\u00eatre ensemble.<br \/>\nQue chacun ait ici ses tiroirs, ses cartons ;<br \/>\nQue, divis\u00e9s par classe, et rang\u00e9s par cantons,<br \/>\nIls offrent de plaisir une source f\u00e9conde,<br \/>\nL\u2019extrait de la nature et l\u2019abr\u00e9g\u00e9 du monde.<br \/>\nMais plut\u00f4t r\u00e9primez de trop vastes projets.<br \/>\nContentez-vous d\u2019abord d\u2019\u00e9taler les objets<br \/>\nDont le ciel a pour vous peupl\u00e9 votre domaine,<br \/>\nSur qui votre regard chaque jour se prom\u00e8ne :<br \/>\nN\u00e9s dans vos propres champs, ils vous en plairont mieux.<br \/>\nEntre les min\u00e9raux pr\u00e9sentez \u00e0 nos yeux<br \/>\nLes terres et les sels, le soufre, le bitume ;<br \/>\nLa pyrite, cachant le feu qui la consume ;<br \/>\nLes m\u00e9taux color\u00e9s, et les brillans cristaux,<br \/>\nNobles fils du rocher, aussi purs que ses eaux ;<br \/>\nL\u2019argile \u00e0 qui le feu donna l\u2019\u00e9clat du verre,<br \/>\nEt les bois que les eaux ont transform\u00e9s en pierre,<br \/>\nSoit qu\u2019un limon durci les recouvre au dehors,<br \/>\nSoit que des sucs pierreux aient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 leurs corps ;<br \/>\nEnfin tous ces objets, combinaisons f\u00e9condes<br \/>\nDe la flamme, de l\u2019air, de la terre et de l\u2019onde.<br \/>\nD\u2019un \u0153il plus curieux et plus avide encor<br \/>\nDu r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal je cherche le tr\u00e9sor.<br \/>\nL\u00e0, sont en cent tableaux, avec art mari\u00e9es,<br \/>\nDu varec, fils des mers, les teintes vari\u00e9es ;<br \/>\nLe lichen parasite, aux ch\u00eanes attach\u00e9 ;<br \/>\nLe puissant agaric, qui du sang \u00e9panch\u00e9<br \/>\nArr\u00eate les ruisseaux, et dont le sein fid\u00e8le<br \/>\nDu caillou p\u00e9tillant recueille l\u2019\u00e9tincelle ;<br \/>\nLe n\u00e9nuphar, ami de l\u2019humide s\u00e9jour,<br \/>\nDestructeur des plaisirs et poison de l\u2019amour,<br \/>\nEt ces rameaux vivans, ces plantes populeuses,<br \/>\nDe deux r\u00e8gnes rivaux races miraculeuses.<br \/>\nDans le monde vivant m\u00eame vari\u00e9t\u00e9 !<br \/>\nLe contraste surtout en fera la beaut\u00e9.<br \/>\nUn m\u00eame lieu voit l\u2019aigle et la mouche l\u00e9g\u00e8re,<br \/>\nLes oiseaux du climat, la caille passag\u00e8re,<br \/>\nL\u2019ours \u00e0 la masse informe et le l\u00e9ger chevreuil,<br \/>\nEt la lente tortue et le vif \u00e9cureuil ;<br \/>\nL\u2019animal recouvert de son \u00e9paisse cro\u00fbte,<br \/>\nCelui dont la coquille est arrondie en vo\u00fbte ;<br \/>\nL\u2019\u00e9caille du serpent, et celle du poisson,<br \/>\nLe poil uni du rat, les dards du h\u00e9risson ;<br \/>\nLe nautile, sur l\u2019eau dirigeant sa gondole ;<br \/>\nLa grue, au haut des airs naviguant sans boussole ;<br \/>\nLe perroquet, le singe, imitateurs adroits,<br \/>\nL\u2019un des gestes de l\u2019homme et l\u2019autre de sa voix ;<br \/>\nLes peuples casaniers, les races vagabondes ;<br \/>\nL\u2019\u00e9quivoque habitant de la terre et des ondes,<br \/>\nEt les oiseaux rameurs, et les poissons ail\u00e9s.<br \/>\nVous-m\u00eames dans ces lieux vous serez appel\u00e9s,<br \/>\nVous le dernier degr\u00e9 de cette grande \u00e9chelle,<br \/>\nVous, insectes sans nombre, ou volans ou sans aile,<br \/>\nQui rampez dans les champs, sucez les arbrisseaux,<br \/>\nTourbillonnez dans l\u2019air, ou jouez sur les eaux.<br \/>\nL\u00e0 je place le ver, la nymphe, la chenille ;<br \/>\nSon fils, beau parvenu, honteux de sa famille ;<br \/>\nL\u2019insecte de tout rang et de toutes couleurs,<br \/>\nL\u2019habitant de la fange, et les h\u00f4tes des fleurs ;<br \/>\nEt ceux qui, se creusant un plus secret asile,<br \/>\nDes tumeurs d\u2019une feuille ont fait leur domicile ;<br \/>\nLe ver rongeur des fruits, et le ver assassin,<br \/>\nEn rubans anim\u00e9s vivant dans notre sein.<br \/>\nJ\u2019y veux voir de nos murs la tapissi\u00e8re agile,<br \/>\nLa mouche qui b\u00e2tit, et la mouche qui file ;<br \/>\nCeux qui d\u2019un fil dor\u00e9 composent leur tombeau,<br \/>\nCeux dont l\u2019amour dans l\u2019ombre allume le flambeau ;<br \/>\nL\u2019insecte dont un an borne la destin\u00e9e ;<br \/>\nCelui qui na\u00eet, jouit et meurt dans la journ\u00e9e,<br \/>\nEt dont la vie au moins n\u2019a pas d\u2019instans perdus.<br \/>\nVous tous, dans l\u2019univers en foule r\u00e9pandus,<br \/>\nDont les races sans fin, sans fin se renouvellent,<br \/>\nInsectes, paroissez, vos cartons vous appellent.<br \/>\nVenez avec l\u2019\u00e9clat de vos riches habits,<br \/>\nVos aigrettes, vos fleurs, vos perles, vos rubis,<br \/>\nEt ces fourreaux brillans, et ces \u00e9tuis fid\u00e8les,<br \/>\nDont l\u2019\u00e9caille d\u00e9fend la gaze de vos ailes ;<br \/>\nCes prismes, ces miroirs, savamment travaill\u00e9s ;<br \/>\nCes yeux qu\u2019avec tant d\u2019art la nature a taill\u00e9s,<br \/>\nLes uns sem\u00e9s sur vous en brillans microscopes,<br \/>\nD\u2019autres se d\u00e9ployant en de longs t\u00e9lescopes.<br \/>\nMontrez-moi ces fuseaux, ces tarri\u00e8res, ces dards,<br \/>\nArmes de vos combats, instrumens de vos arts,<br \/>\nEt les filets prudens de ces longues antennes,<br \/>\nQui sondent devant vous les routes incertaines.<br \/>\nQue j\u2019observe de pr\u00e8s ces clairons, ces tambours,<br \/>\nSignal de vos fureurs, signal de vos amours,<br \/>\nQui guidoient vos h\u00e9ros dans les champs de la gloire,<br \/>\nEt sonnoient le danger, la charge et la victoire ;<br \/>\nEnfin tous ces ressorts, organes merveilleux,<br \/>\nQui confondent des arts le savoir orgueilleux,<br \/>\nChefs-d\u2019\u0153uvres d\u2019une main en merveilles f\u00e9conde,<br \/>\nDont un seul prouve un dieu, dont un seul vaut un monde.<br \/>\nTel est le triple empire \u00e0 vos ordres soumis.<br \/>\nDe nouveaux citoyens sans cesse y sont admis.<br \/>\nCette ardeur d\u2019acqu\u00e9rir que chaque jour augmente,<br \/>\nVous embellira tout ; une pierre, une plante,<br \/>\nUn insecte qui vole, une fleur qui sourit,<br \/>\nTout vous pla\u00eet, tout vous charme, et d\u00e9j\u00e0 votre esprit<br \/>\nVoit le rang, le gradin, la tablette fid\u00e8le,<br \/>\nTout pr\u00eats \u00e0 recevoir leur richesse nouvelle ;<br \/>\nEt peut-\u00eatre en secret d\u00e9j\u00e0 vous flattez-vous<br \/>\nDu d\u00e9pit d\u2019un rival et d\u2019un voisin jaloux.<br \/>\nL\u00e0 les yeux sont charm\u00e9s, la pens\u00e9e est active ;<br \/>\nL\u2019imagination n\u2019y reste point oisive ;<br \/>\nEt, quand par les frimats vous \u00eates retenus,<br \/>\nElle part, elle vole aux lieux, aux champs connus ;<br \/>\nElle revoit le bois, le coteau, la prairie,<br \/>\nO\u00f9, s\u2019offrant tout \u00e0 coup \u00e0 votre r\u00eaverie,<br \/>\nUne fleur, un arbuste, un caillou pr\u00e9cieux<br \/>\nVint suspendre vos pas, et vint frapper vos yeux.<br \/>\nEt lorsque vous quittez enfin votre retraite,<br \/>\nCombien des souvenirs l\u2019illusion secr\u00e8te<br \/>\nDes campagnes pour vous embellit le tableau !<br \/>\nL\u00e0 votre \u0153il d\u00e9couvrit un insecte nouveau ;<br \/>\nIci la mer, couvrant ou quittant son rivage,<br \/>\nVous fit don d\u2019un fucus, ou d\u2019un beau coquillage :<br \/>\nL\u00e0 sortit de la mine un riche \u00e9chantillon ;<br \/>\nIci, nouveau pour vous, un brillant papillon<br \/>\nFut surpris sur ces fleurs, et votre main avide<br \/>\nDe son r\u00e8gne incomplet courut remplir le vide.<br \/>\nVous marchez : vos tr\u00e9sors, vos plaisirs sont partout.<br \/>\nCependant arrangez ces tr\u00e9sors avec go\u00fbt ;<br \/>\nQue dans tous vos cartons un ordre heureux r\u00e9side.<br \/>\nQu\u2019\u00e0 vos compartimens avec gr\u00e2ce pr\u00e9side<br \/>\nLa propret\u00e9, l\u2019aimable et simple propret\u00e9,<br \/>\nQui donne un air d\u2019\u00e9clat m\u00eame \u00e0 la pauvret\u00e9.<br \/>\nSurtout des animaux consultez l\u2019habitude ;<br \/>\nConservez \u00e0 chacun son air, son attitude,<br \/>\nSon maintien, son regard. Que l\u2019oiseau semble encor,<br \/>\nPerch\u00e9 sur son rameau, m\u00e9diter son essor.<br \/>\nAvec son air fripon montrez-nous la belette<br \/>\nA la mine allong\u00e9e, \u00e0 la taille fluette ;<br \/>\nEt, sournois dans son air, rus\u00e9 dans son regard,<br \/>\nQu\u2019un projet d\u2019embuscade occupe le renard.<br \/>\nQue la nature enfin soit partout embellie,<br \/>\nEt m\u00eame apr\u00e8s la mort y ressemble \u00e0 la vie.<br \/>\nLaissez aux cabinets des villes et des rois<br \/>\nCes corps o\u00f9 la nature a viol\u00e9 ses lois,<br \/>\nCes f\u0153tus monstrueux, ces corps \u00e0 double t\u00eate,<br \/>\nLa momie \u00e0 la mort disputant sa conqu\u00eate,<br \/>\nEt ces os de g\u00e9ant, et l\u2019avorton hideux<br \/>\nQue l\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant r\u00e9clam\u00e8rent tous deux.<br \/>\nMais si quelqu\u2019oiseau cher, un chien, ami fid\u00e8le,<br \/>\nA distrait vos chagrins, vous a marqu\u00e9 son z\u00e8le,<br \/>\nAu lieu de lui donner ces honneurs du cercueil<br \/>\nQui d\u00e9gradent la tombe et profanent le deuil,<br \/>\nFaites-en dans ces lieux la simple apoth\u00e9ose :<br \/>\nQue dans votre \u00e9lys\u00e9e avec gr\u00e2ce il repose !<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 qu\u2019on veut le voir ; c\u2019est l\u00e0 que tu vivrois,<br \/>\nO toi dont Lafontaine e\u00fbt vant\u00e9 les attraits,<br \/>\nO ma ch\u00e8re Raton, qui, rare en ton esp\u00e8ce,<br \/>\nEus la gr\u00e2ce du chat et du chien la tendresse ;<br \/>\nQui, fi\u00e8re avec douceur et fine avec bont\u00e9,<br \/>\nIgnoras l\u2019\u00e9go\u00efsme \u00e0 ta race imput\u00e9.<br \/>\nL\u00e0 je voudrois te voir, telle que je t\u2019ai vue,<br \/>\nDe ta molle fourrure \u00e9l\u00e9gamment v\u00eatue,<br \/>\nAffectant l\u2019air distrait, jouant l\u2019air endormi,<br \/>\nEpier une mouche, ou le rat ennemi,<br \/>\nSi funeste aux auteurs, dont la dent t\u00e9m\u00e9raire<br \/>\nRonge indiff\u00e9remment Dubartas ou Voltaire ;<br \/>\nOu telle que tu viens, minaudant avec art,<br \/>\nDe mon sobre d\u00eener solliciter ta part ;<br \/>\nOu bien, le dos en vo\u00fbte et la queue ondoyante,<br \/>\nOffrir ta douce hermine \u00e0 ma main caressante,<br \/>\nOu d\u00e9ranger ga\u00eement par mille bonds divers<br \/>\nEt la plume et la main qui t\u2019adressa ces vers.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}}},"annee":[918],"poems-book":[942],"poemes-theme":[],"poete":[752],"class_list":["post-16135","poemes","type-poemes","status-publish","hentry","annee-918","poems-book-lhomme-des-champs","poete-jacques-delille"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v25.1 (Yoast SEO v27.8) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Rimes.fr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-troisieme-2\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-troisieme-2\\\/\",\"name\":\"Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2025-05-18T21:47:48+00:00\",\"description\":\"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-troisieme-2\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-troisieme-2\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/chant-troisieme-2\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Poemes\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Chant troisi\u00e8me\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\",\"caption\":\"Rimes.fr\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","description":"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","og_description":"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","og_url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/","og_site_name":"Rimes.fr","twitter_card":"summary_large_image","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/","name":"Chant troisi\u00e8me (L\u2019Homme des champs, 1802), Jacques Delille","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website"},"datePublished":"2025-05-18T21:47:48+00:00","description":"Lisez Chant troisi\u00e8me \u00e9crit par Jacques Delille dans L\u2019Homme des champs, et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-troisieme-2\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Poemes","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Chant troisi\u00e8me"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","name":"Rimes.fr","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization","name":"Rimes.fr","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"","contentUrl":"","caption":"Rimes.fr"},"image":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes\/16135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/poemes"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=16135"},{"taxonomy":"poems-book","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poems-book?post=16135"},{"taxonomy":"poemes-theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes-theme?post=16135"},{"taxonomy":"poete","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poete?post=16135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}