{"id":15823,"date":"2025-05-17T02:08:29","date_gmt":"2025-05-17T00:08:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=15823"},"modified":"2025-05-17T02:08:29","modified_gmt":"2025-05-17T00:08:29","slug":"pascal","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/pascal\/","title":{"rendered":"Pascal"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00c0 M. Ernest Havet<\/em><\/p>\n<p>I<\/p>\n<p>LE SPHINX<\/p>\n<p>Lorsque Pascal, rempli de puissance et d\u2019audace,<br \/>\nJusque devant le Sphinx par sa fougue entra\u00een\u00e9,<br \/>\nS\u2019\u00e9criait, lui jetant sa r\u00e9ponse \u00e0 la face :<br \/>\n\ufeff\u00ab Il est vaincu, j\u2019ai devin\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n<p>Il le voyait d\u00e9j\u00e0, son horrible adversaire,<br \/>\nCouch\u00e9 dans la poussi\u00e8re, au moment d\u2019expirer.<br \/>\nEn effet, du rocher dont il faisait son aire<br \/>\nLe monstre vint tomber aux pieds du t\u00e9m\u00e9raire,<br \/>\n\ufeffMais c\u2019\u00e9tait pour le d\u00e9vorer.<\/p>\n<p>Au tour du Sphinx alors de manquer sa victime.<br \/>\nDans ce p\u00e2le chr\u00e9tien qu\u2019il croyait sous sa dent<br \/>\nIl trouvait un athl\u00e8te h\u00e9ro\u00efque, sublime,<br \/>\nEt qui le mena\u00e7ait tout en se d\u00e9fendant.<br \/>\nAu lieu de reculer, regardez ! il assaille.<br \/>\nEn vain son sang jaillit, en vain sa chair tressaille,<br \/>\nDans leur extr\u00eame effort ses membres sont roidis,<br \/>\nPar sa t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 sa fureur se d\u00e9c\u00e8le ;<br \/>\nLe danger l\u2019exasp\u00e8re, et c\u2019est quand il chancelle<br \/>\nQu\u2019il porte \u00e0 l\u2019ennemi ses coups les plus hardis.<br \/>\nQuels assauts ! quels \u00e9lans ! Jamais lutte pareille<br \/>\nNe s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e \u00e0 la clart\u00e9 des cieux.<br \/>\nNous les avons toujours dans l\u2019\u00e2me et dans l\u2019oreille<br \/>\nCes cris et ces d\u00e9fis du jeune audacieux.<br \/>\nN\u2019\u00e9tait-il pas vainqueur ? \u00c0 l\u2019instant, ici m\u00eame<br \/>\nN\u2019a-t-il point prononc\u00e9 la parole supr\u00eame,<br \/>\nEt r\u00e9solu d\u2019un mot l\u2019\u00e9nigme d\u2019ici-bas ?<br \/>\nUn tel aveuglement nous trouble et nous \u00e9tonne.<br \/>\nNon, non, pauvre Pascal, tu n\u2019as vaincu personne ;<br \/>\nTa r\u00e9ponse est absurde, et le Sphinx n\u2019en veut pas.<br \/>\nImpassible et muet, que tu frappes ou railles,<br \/>\nIl le garde enfoui dans ses mornes entrailles,<br \/>\nCe terrible secret que tu crus p\u00e9n\u00e9trer,<br \/>\nEt pour le lui ravir il faudrait l\u2019\u00e9ventrer.<br \/>\nL\u2019\u00e9ventrer ! Cet espoir saisit ton \u00e2me ardente.<br \/>\nMais ne sais-tu donc pas, cr\u00e9ature imprudente,<br \/>\nQue le monstre \u00e9ternel est comme un roc \u00e9pais ?<br \/>\nC\u2019est plut\u00f4t du granit que de la chair vivante.<br \/>\nCe corps invuln\u00e9rable, \u00e0 ta grande \u00e9pouvante,<br \/>\nTe renvoyait tes coups lorsque tu le frappais.<br \/>\nIl faut te voir alors redoubler de courage ;<br \/>\nInutiles et vains, tes efforts sont navrants ;<br \/>\nM\u00eame \u00e0 certains moments l\u2019impuissance et la rage<br \/>\nT\u2019arrachent malgr\u00e9 toi des accents d\u00e9chirants.<br \/>\nDes spasmes convulsifs tordent tes l\u00e8vres p\u00e2les ;<br \/>\nLa voix va te manquer ; \u00e0 bout de cris, tu r\u00e2les.<br \/>\nUn autre e\u00fbt succomb\u00e9 ; toi, tu r\u00e9sisteras.<br \/>\nMais si tu sors vivant d\u2019une \u00e9treinte brutale,<br \/>\nC\u2019est que tu sus \u00e0 temps, dans la lutte in\u00e9gale,<br \/>\nAppeler tout ton c\u0153ur au secours de ton bras.<br \/>\nTon c\u0153ur lui seul, Pascal, en ce p\u00e9ril extr\u00eame,<br \/>\nPr\u00eate \u00e0 ce m\u00eame bras la force et le ressort,<br \/>\nEt lorsque l\u2019instant vint, d\u00e9cisif et supr\u00eame,<br \/>\nIl changea tout \u00e0 coup ton angoisse en essor.<br \/>\nBien plus, il t\u2019apportait un renfort invincible :<br \/>\nL\u2019Amour qui peut tout croire, et veut tout affirmer.<br \/>\nAppuy\u00e9 d\u00e9sormais sur ton dogme inflexible,<br \/>\nTu verrais sans trembler l\u2019univers s\u2019ab\u00eemer.<br \/>\nQu\u2019importe qu\u2019en toi l\u2019homme ait ses moments de transe ?<br \/>\nLe chr\u00e9tien jusqu\u2019au bout demeure in\u00e9branl\u00e9.<br \/>\nParfois le Sphinx, outr\u00e9 d\u2019une telle assurance,<br \/>\nTentait de t\u2019arracher un r\u00eave, une esp\u00e9rance,<br \/>\nTu ne l\u00e2chas point prise, et l\u2019animal ail\u00e9<br \/>\nDe ses ongles en vain labourait ta poitrine ;<br \/>\nTu regardais couler ton sang avec transport,<br \/>\nDans tes bras d\u00e9chir\u00e9s pressant la Foi divine,<br \/>\nEt tu livrais tes flancs pour sauver ton tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>LA CROIX<\/p>\n<p>Au retour du combat, tout couvert de morsures,<br \/>\nEt songeant au danger qu\u2019il venait de courir,<br \/>\nQuand le lutteur comptait ou sondait ses blessures<br \/>\nEt qu\u2019il se demandait s\u2019il n\u2019allait pas mourir,<br \/>\nIl lui semblait alors, vers la hauteur c\u00e9leste<br \/>\nS\u2019il venait \u00e0 lever son regard attrist\u00e9,<br \/>\nQu\u2019aussit\u00f4t tant de trouble et de langueur funeste<br \/>\nSe changeait en espoir, en ivresse, en clart\u00e9.<br \/>\nComme un point lumineux qu\u2019en vain le brouillard voile,<br \/>\nPascal, dans le lointain, sous un ciel sans \u00e9toile,<br \/>\nTu t\u2019imaginais voir un phare ensanglant\u00e9,<br \/>\nLa Croix ! Elle \u00e9levait de loin ses bras fun\u00e8bres<br \/>\nO\u00f9, livide, pendait ton Dieu m\u00eame immol\u00e9.<br \/>\nPour l\u2019avoir aper\u00e7ue \u00e0 travers les t\u00e9n\u00e8bres,<br \/>\nTu te dis \u00e9clair\u00e9 ; tu n\u2019\u00e9tais qu\u2019aveugl\u00e9.<br \/>\nEn proie aux visions d\u2019une peur insens\u00e9e,<br \/>\nTu t\u2019\u00e9lances vers Elle, implorant ton salut ;<br \/>\nGloire, plaisirs, travaux, ta vie et ta pens\u00e9e,<br \/>\nTu jettes tout au pied d\u2019un gibet vermoulu.<br \/>\nNous te surprenons l\u00e0, spectacle qui nous navre,<br \/>\nTe consumant d\u2019amour dans les bras d\u2019un cadavre,<br \/>\nEt croyant sur son sein trouver ta gu\u00e9rison.<br \/>\nMais tu n\u2019\u00e9treins, h\u00e9las ! qu\u2019une forme insensible,<br \/>\nEt, bien loin d\u2019obtenir un miracle impossible,<br \/>\nDans cet embrassement tu laissas ta raison.<br \/>\nLa Croix a triomph\u00e9 ; ta d\u00e9faite est compl\u00e8te ;<br \/>\nOui ! te voil\u00e0 vaincu, subjugu\u00e9, prostern\u00e9.<br \/>\nAu lieu comme autrefois d\u2019un h\u00e9ro\u00efque athl\u00e8te,<br \/>\nNous n\u2019avons sous les yeux qu\u2019un pauvre hallucin\u00e9.<br \/>\nComment ? tant de faiblesse apr\u00e8s tant de vaillance !<br \/>\nPuisqu\u2019entre ces tr\u00e9pas tu pouvais faire un choix,<br \/>\nN\u2019e\u00fbt-il pas mieux valu p\u00e9rir sans d\u00e9faillance<br \/>\nD\u00e9vor\u00e9 par le Sphinx qu\u2019\u00e9cras\u00e9 sous la Croix ?<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>L\u2019INCONNUE<\/p>\n<p>Le dernier acte est clos, l\u2019\u00e9ternel rideau tombe.<br \/>\nC\u2019est un h\u00e9ros r\u00e9el qui sous nos yeux succombe.<br \/>\nRien n\u2019est fictif ici, le th\u00e9\u00e2tre est vivant ;<br \/>\nL\u2019ardente passion l\u2019anime et le d\u00e9core.<br \/>\nSpectateurs \u00e9loign\u00e9s, nous ne pouvons encore<br \/>\nD\u00e9tacher nos regards de ce drame \u00e9mouvant.<br \/>\nEh bien ! qui le croirait ? cette m\u00eame existence<br \/>\nQui jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9mence exalta le tourment,<br \/>\nLoin d\u2019elle rejetant cilice et p\u00e9nitence,<br \/>\nA pris sur ses douleurs un court enchantement.<br \/>\nElle eut sa fleur aussi ; c\u2019\u00e9tait un lys candide<br \/>\nQui tendait aux rayons naissants du jour splendide,<br \/>\nComme une blanche coupe, un pur calice ouvert ;<br \/>\nL\u2019Aurore lui pr\u00eatait son charme et son prestige,<br \/>\nEt, lui, ne demandait qu\u2019\u00e0 balancer sa tige<br \/>\nEt verser ses parfums sur le vallon d\u00e9sert.<br \/>\nOui, l\u2019amour a fleuri dans cette vie aust\u00e8re,<br \/>\nL\u2019amour humain, Pascal ; ton c\u0153ur a touch\u00e9 terre.<br \/>\nToi qu\u2019appelait d\u2019en haut la voix du Dieu jaloux,<br \/>\nComment ! te voil\u00e0 pris au pi\u00e8ge d\u2019un sourire,<br \/>\nEt devant la Beaut\u00e9 qui t\u2019engage et t\u2019attire,<br \/>\nComme un simple mortel tu tombes \u00e0 genoux !<br \/>\nQuelle \u00e9tait cette femme assez noble, assez belle,<br \/>\nPour soumettre \u00e0 son joug ce c\u0153ur fier et rebelle ?<br \/>\nLes hommes ici-bas jamais ne le sauront.<br \/>\nL\u2019image fugitive \u00e0 peine se dessine ;<br \/>\nC\u2019est un fant\u00f4me, une ombre, et la forme divine,<br \/>\nEn passant devant nous, garde son voile au front.<br \/>\nAutour d\u2019elle ce n\u2019est que silence et myst\u00e8re ;<br \/>\nSon amant le premier se r\u00e9signe \u00e0 se taire,<br \/>\nEt peut-\u00eatre fut-elle aim\u00e9e \u00e0 son insu.<br \/>\nQuoi ! s\u00e9duire un Pascal et n\u2019en avoir rien su !<br \/>\nSi, si, tu le savais. L\u2019Amour a son langage.<br \/>\nOh ! comme on l\u2019entend vite et sans l\u2019avoir appris !<br \/>\nTout parle, le regard, les teintes du visage\u2026<br \/>\nH\u00e9las ! n\u2019aurais-tu pas plut\u00f4t trop bien compris ?<br \/>\nNous te soup\u00e7onnons d\u2019\u00eatre une \u00e2me tendre et douce,<br \/>\nCraignant tout choc soudain et prompte \u00e0 se troubler,<br \/>\nTon amant, prodiguant l\u2019\u00e9clair et la secousse,<br \/>\nN\u2019a pu que t\u2019\u00e9blouir sans doute et t\u2019\u00e9branler.<br \/>\nIl nous semble ici voir vers un mont qui surplombe,<br \/>\nAu-dessus de l\u2019ab\u00eeme emportant sa colombe,<br \/>\nUn grand aigle \u00e9perdu s\u2019\u00e9lever dans les cieux.<br \/>\nLe cher et faible oiseau tremble et ferme les yeux.<br \/>\nElle ne savait pas, cette serre puissante,<br \/>\nQu\u2019en l\u2019enlevant si haut elle allait le meurtrir.<br \/>\nTriste et chaste inconnue, \u00f4 colombe innocente !<br \/>\nCombien ton aigle a d\u00fb te faire aussi souffrir !<br \/>\nIl est des c\u0153urs de feu, foyers d\u2019ardeur intense :<br \/>\nPour s\u2019embraser soi-m\u00eame il suffit d\u2019y toucher.<br \/>\nR\u00e9sistez \u00e0 l\u2019attrait, tenez-vous \u00e0 distance,<br \/>\nCar c\u2019est vouloir p\u00e9rir que de s\u2019en approcher.<br \/>\nSi par un soir d\u2019\u00e9t\u00e9 la phal\u00e8ne imprudente<br \/>\nVoit dans l\u2019obscurit\u00e9 luire une lampe ardente,<br \/>\nAffol\u00e9e, elle court vers l\u2019\u00e9clatant flambeau ;<br \/>\nMais qu\u2019elle effleure au vol la flamme de son aile,<br \/>\nSon tr\u00e9pas est certain ; h\u00e9las ! c\u2019en est fait d\u2019elle ;<br \/>\nElle meurt consum\u00e9e en ce br\u00fblant tombeau.<\/p>\n<p>Ton c\u0153ur eut donc son jour d\u2019\u00e9claircie et de tr\u00eave,<br \/>\nPascal, puis, effray\u00e9, ton pauvre amour en sort,<br \/>\nSe croyant un p\u00e9ch\u00e9, lui qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019un r\u00eave.<br \/>\nMais voici le r\u00e9veil ; au combat ! \u00e0 l\u2019essor !<br \/>\nFi des bas-fonds humains ! que le ciel seul te tente !<br \/>\nL\u00e0 du moins tu pourras aimer sans t\u2019avilir,<br \/>\nEt, s\u2019il est dans ton c\u0153ur une place d\u2019attente,<br \/>\nTrouver l\u2019unique objet digne de le remplir.<br \/>\nD\u2019un \u00e9lan plus fougueux sur ta noble victime<br \/>\nTu reviens \u00e0 l\u2019assaut, \u00e2pre et tenace Foi !<br \/>\nPlus d\u2019espoir, l\u2019amant c\u00e8de et le savant s\u2019ab\u00eeme ;<br \/>\nCar c\u2019est s\u2019an\u00e9antir que de se rendre \u00e0 toi.<br \/>\nDans ton avidit\u00e9, d\u00e9sastreuse, infinie,<br \/>\nTu ne lui laissas rien qu\u2019une croix et la mort ;<br \/>\nOui, tu lui ravis tout, et tr\u00e9sor \u00e0 tr\u00e9sor :<br \/>\nApr\u00e8s son chaste amour, tu lui pris son g\u00e9nie.<br \/>\nSacrifice complet ! Jamais \u00eatre mortel<br \/>\nN\u2019avait encor livr\u00e9 tant de dons \u00e0 ta flamme.<br \/>\nTon rayon devint foudre en tombant sur cette \u00e2me ;<br \/>\nIl a tout d\u00e9vor\u00e9, l\u2019holocauste et l\u2019autel !<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>Tu nous en fais l\u2019aveu : si quelque chose au monde<br \/>\nT\u2019a jamais irrit\u00e9, Pascal, et confondu,<br \/>\nC\u2019est que l\u2019on p\u00fbt dormir en une paix profonde,<br \/>\nLorsque sur un ab\u00eeme on se sait suspendu ;<br \/>\nC\u2019est un monstre pour toi que cette indiff\u00e9rence.<br \/>\nQuoi ! ne point s\u2019enqu\u00e9rir du supr\u00eame secret<br \/>\nQui doit remplir nos c\u0153urs d\u2019horreur ou d\u2019esp\u00e9rance ;<br \/>\nRester dans l\u2019insouci du supr\u00eame int\u00e9r\u00eat ;<br \/>\nAux choses d\u2019ici-bas restreindre notre envie ;<br \/>\nSur des spectacles vains tenant fix\u00e9s nos yeux,<br \/>\nPasser sans demander autre chose \u00e0 la vie<br \/>\nQue son voile d\u2019un jour pour nous cacher les cieux !<br \/>\nTu voulais que la peur, l\u2019espoir, l\u2019inqui\u00e9tude,<br \/>\nNous enfon\u00e7\u00e2t dans l\u2019\u00e2me un aiguillon puissant,<br \/>\nQue notre \u00e9ternit\u00e9 f\u00fbt notre unique \u00e9tude<br \/>\nEt que, dans les tourments d\u2019un d\u00e9sir incessant,<br \/>\nL\u2019homme, s\u2019il ignorait, cherch\u00e2t en g\u00e9missant.<br \/>\nEt tu nous annon\u00e7ais une heureuse nouvelle :<br \/>\nLa destin\u00e9e humaine \u00e9clair\u00e9e au vrai jour,<br \/>\nDans notre \u00e2me en ruine et pourtant immortelle<br \/>\nDes d\u00e9bris retrouv\u00e9s de grandeur et d\u2019amour.<br \/>\nNous donc, qui n\u2019avons pas \u00e0 craindre ta col\u00e8re,<br \/>\nPuisque dans l\u2019inconnu nous ne saurions dormir,<br \/>\nQui sondons et fouillons notre propre mis\u00e8re,<br \/>\nEt qui, selon tes v\u0153ux, cherchons, non sans g\u00e9mir,<br \/>\nNous sommes accourus \u00e0 ta voix \u00e9clatante.<br \/>\nPar tant de passion nous laissant entra\u00eener,<br \/>\nNous sommes pleins d\u2019espoir, de terreur et d\u2019attente ;<br \/>\nNous te suivons, Pascal ! o\u00f9 vas-tu nous mener ?<br \/>\nAux pieds d\u2019un Dieu jaloux, d\u00e9loyal, implacable,<br \/>\nQui hait sa cr\u00e9ature et l\u2019aveugle \u00e0 dessein,<br \/>\nQui d\u2019un p\u00e9ch\u00e9 lointain la fait na\u00eetre coupable,<br \/>\nAfin de lui fermer plus ais\u00e9ment son sein ;<br \/>\nD\u2019un Dieu qui, s\u2019acharnant sur sa moindre victime,<br \/>\nA des tourments sans fin pour un moment d\u2019erreur,<br \/>\nQui d\u00e9fend toute attache et qui nous fait un crime<br \/>\nDe ces m\u00eames instincts qu\u2019il nous a mis au c\u0153ur ;<br \/>\nQui, de tous les c\u00f4t\u00e9s, nous traque et nous opprime,<br \/>\nSourd aux v\u0153ux, sourd aux cris, que l\u2019on implore en vain ;<br \/>\nD\u2019un Dieu dont la vengeance est la pens\u00e9e unique,<br \/>\nEt qui va, couronnant ainsi son \u0153uvre inique,<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 verser un sang innocent et divin.<br \/>\n\u00c0 quel degr\u00e9 d\u2019effroi, de d\u00e9sir, de d\u00e9mence,<br \/>\nTon noble c\u0153ur, Pascal, \u00e9tait-il donc mont\u00e9,<br \/>\nPour aux pieds d\u2019un tel Dieu t\u2019avoir pr\u00e9cipit\u00e9 ?<br \/>\nEt tu nous y poussais avec ta v\u00e9h\u00e9mence,<br \/>\nNous d\u00e9fiant ailleurs de trouver la clart\u00e9.<br \/>\nL\u2019absurde Foi, voil\u00e0 ton unique lumi\u00e8re ;<br \/>\nTu t\u2019es sur ce flambeau jet\u00e9 de d\u00e9sespoir.<br \/>\nCroire ! aveu d\u2019impuissance et ressource derni\u00e8re<br \/>\nD\u2019un pauvre \u00eatre ignorant qui renonce \u00e0 savoir.<br \/>\nNous n\u2019y renon\u00e7ons point. Puisqu\u2019un doute invincible<br \/>\nSape en ses fondements jusqu\u2019au dernier autel,<br \/>\nEt que notre raison se heurte \u00e0 l\u2019impossible<br \/>\nLorsqu\u2019elle croit saisir le fant\u00f4me immortel ;<br \/>\nPuisqu\u2019elle ne veut point, r\u00e9sign\u00e9e \u00e0 se taire,<br \/>\nPour r\u00e9soudre un probl\u00e8me acceptant un myst\u00e8re,<br \/>\nDans l\u2019ab\u00eatissement lier l\u2019essor humain ;<br \/>\nSurtout puisque devant l\u2019injustice infinie<br \/>\nLa conscience en nous, Pascal, s\u2019indigne et nie,<br \/>\nNous chercherons sans toi sur un autre chemin.<\/p>\n<p>Nous voulons avant tout, pour la nacelle humaine,<br \/>\nUn pilote plus s\u00fbr que le mensonge saint,<br \/>\nEt nous repousserons toute chim\u00e8re vaine<br \/>\nQui, comme rive ou port, nous offrirait son sein ;<br \/>\nCar nous avons \u00e9lu pour objet de conqu\u00eate,<br \/>\nNon une illusion, mais la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nEntre un gouffre et le ciel apr\u00e8s avoir flott\u00e9,<br \/>\nRencontrant un mirage on s\u2019abuse, on s\u2019arr\u00eate.<br \/>\nNous, nous voulons aller jusqu\u2019\u00e0 la V\u00e9rit\u00e9 :<br \/>\nPr\u00eats \u00e0 tout affronter, nous marchons droit sur elle.<br \/>\n\u00c0 notre appel ardent, s\u2019empressant d\u2019accourir,<br \/>\nLa Science nous ouvre une route nouvelle,<br \/>\nEt du voile jet\u00e9 sur la face \u00e9ternelle<br \/>\nSa main l\u00e8ve les plis. Qu\u2019allons-nous d\u00e9couvrir ?<br \/>\nPeut-\u00eatre, au lieu d\u2019un p\u00e8re aimant sa cr\u00e9ature,<br \/>\nUne mar\u00e2tre aveugle et sourde, la Nature,<br \/>\nEt dans son vaste sein, perdu mais encha\u00een\u00e9,<br \/>\nL\u2019Homme qui souffre et meurt, esclave abandonn\u00e9.<br \/>\nSi tel est notre sort, eh bien ! qu\u2019il s\u2019accomplisse !<br \/>\nSachons d\u2019abord\u2026 apr\u00e8s ce n\u2019est rien d\u2019ob\u00e9ir.<br \/>\nD\u00e9livr\u00e9s d\u2019ignorer, cet horrible supplice,<br \/>\nNous trouverons en nous la force de subir.<\/p>\n<p>\u00d4 R\u00e9signation ! religion derni\u00e8re,<br \/>\nSeul culte que doit l\u2019homme \u00e0 l\u2019ordre universel,<br \/>\nToi qu\u2019il embrassera quand, malgr\u00e9 sa pri\u00e8re,<br \/>\nSes dieux l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre auront quitt\u00e9 le ciel,<br \/>\nD\u00e9sapprends-lui les v\u0153ux et la plainte inutile ;<br \/>\nSe taire et renoncer, c\u2019est se sanctifier.<br \/>\nH\u00e9las ! tant que la Foi l\u2019aveugle et le mutile,<br \/>\nIl ne peut que trembler, g\u00e9mir et supplier ;<br \/>\nL\u2019\u00eatre faible devient alors un \u00eatre l\u00e2che.<br \/>\nRedonne-lui du c\u0153ur, et qu\u2019il fasse sa t\u00e2che<br \/>\nBravement, jusqu\u2019au bout, sous les yeux du destin.<br \/>\n\u00c0 la place o\u00f9 tr\u00f4nait le caprice divin<br \/>\nQuand il ne verra plus que des lois souveraines,<br \/>\nQu\u2019il cesse d\u2019adorer et de se prosterner,<br \/>\nEt sache que devant ces inflexibles reines,<br \/>\nPour tout geste en passant, il n\u2019a qu\u2019\u00e0 s\u2019incliner.<\/p>\n<p>V<\/p>\n<p>DERNIER MOT<\/p>\n<p>Un dernier mot, Pascal ! \u00c0 ton tour de m\u2019entendre<br \/>\nPousser aussi ma plainte et mon cri de fureur.<br \/>\nJe vais faire d\u2019horreur fr\u00e9mir ta noble cendre,<br \/>\nMais du moins j\u2019aurai dit ce que j\u2019ai sur le c\u0153ur.<\/p>\n<p>\u00c0 plaisir sous nos yeux lorsque ta main d\u00e9roule<br \/>\nLe tableau d\u00e9solant des humaines douleurs,<br \/>\nNous montrant qu\u2019en ce monde o\u00f9 tout s\u2019effondre et croule<br \/>\nL\u2019homme lui-m\u00eame n\u2019est qu\u2019une ruine en pleurs,<br \/>\nOu lorsque, nous tra\u00eenant de sommets en ab\u00eemes,<br \/>\nEntre deux infinis tu nous tiens suspendus,<br \/>\nQue ta voix, p\u00e9n\u00e9trant en leurs fibres intimes,<br \/>\nFrappe \u00e0 cris redoubl\u00e9s sur nos c\u0153urs \u00e9perdus,<br \/>\nTu crois que tu n\u2019as plus dans ton ardeur f\u00e9brile,<br \/>\nTant d\u00e9j\u00e0 tu nous crois \u00e9branl\u00e9s, ab\u00eatis,<br \/>\nQu\u2019\u00e0 d\u00e9voiler la Foi, monstrueuse et st\u00e9rile,<br \/>\nPour nous voir sur son sein tomber an\u00e9antis.<br \/>\n\u00c0 quoi bon le nier ? dans tes sombres peintures,<br \/>\nOui, tout est vrai, Pascal, nous le reconnaissons :<br \/>\nVoil\u00e0 nos d\u00e9sespoirs, nos doutes, nos tortures,<br \/>\nEt devant l\u2019Infini ce sont l\u00e0 nos frissons.<br \/>\nMais parce qu\u2019ici-bas par des maux incurables,<br \/>\nJusqu\u2019en nos profondeurs, nous nous sentons atteints,<br \/>\nEt que nous succombons, faibles et mis\u00e9rables,<br \/>\nSous le poids accablant d\u2019effroyables destins,<br \/>\nIl ne nous resterait, dans l\u2019angoisse o\u00f9 nous sommes,<br \/>\nQu\u2019\u00e0 courir embrasser cette Croix que tu tiens ?<br \/>\nAh ! nous ne pouvons point nous d\u00e9fendre d\u2019\u00eatre hommes,<br \/>\nMais nous nous refusons \u00e0 devenir chr\u00e9tiens.<br \/>\nQuand de son Golgotha, saignant sous l\u2019aur\u00e9ole,<br \/>\nTon Christ viendrait \u00e0 nous, tendant ses bras sacr\u00e9s,<br \/>\nEt quand il laisserait sa divine parole<br \/>\nTomber pour les gu\u00e9rir en nos c\u0153urs ulc\u00e9r\u00e9s ;<br \/>\nQuand il ferait jaillir devant notre \u00e2me avide<br \/>\nDes sources d\u2019esp\u00e9rance et des flots de clart\u00e9,<br \/>\nEt qu\u2019il nous montrerait dans son beau ciel splendide<br \/>\nNos tr\u00f4nes pr\u00e9par\u00e9s de toute \u00e9ternit\u00e9,<br \/>\nNous nous d\u00e9tournerions du Tentateur c\u00e9leste<br \/>\nQui nous offre son sang, mais veut notre raison.<br \/>\nPour repousser l\u2019\u00e9change in\u00e9gal et funeste<br \/>\nNotre bouche jamais n\u2019aurait assez de Non !<br \/>\nNon \u00e0 la Croix sinistre et qui fit de son ombre<br \/>\nUne nuit o\u00f9 faillit p\u00e9rir l\u2019esprit humain,<br \/>\nQui, devant le Progr\u00e8s se dressant haute et sombre,<br \/>\nAu vrai lib\u00e9rateur a barr\u00e9 le chemin ;<br \/>\nNon \u00e0 cet instrument d\u2019un inf\u00e2me supplice<br \/>\nO\u00f9 nous voyons, aupr\u00e8s du divin Innocent<br \/>\nEt sous les m\u00eames coups, expirer la Justice ;<br \/>\nNon \u00e0 notre salut s\u2019il a co\u00fbt\u00e9 du sang ;<br \/>\nPuisque l\u2019Amour ne peut nous d\u00e9rober ce crime,<br \/>\nTout en l\u2019enveloppant d\u2019un voile s\u00e9ducteur,<br \/>\nMalgr\u00e9 son d\u00e9vo\u00fbment, Non ! m\u00eame \u00e0 la Victime,<br \/>\nEt Non par-dessus tout au Sacrificateur !<br \/>\nQu\u2019importe qu\u2019il soit Dieu si son \u0153uvre est impie ?<br \/>\nQuoi ! c\u2019est son propre fils qu\u2019il a crucifi\u00e9 ?<br \/>\nIl pouvait pardonner, mais il veut qu\u2019on expie ;<br \/>\nIl immole, et cela s\u2019appelle avoir piti\u00e9 !<\/p>\n<p>Pascal, \u00e0 ce bourreau, toi, tu disais : \u00ab Mon P\u00e8re. \u00bb<br \/>\nSon odieux forfait ne t\u2019a point r\u00e9volt\u00e9 ;<br \/>\nBien plus, tu l\u2019adorais sous le nom de myst\u00e8re,<br \/>\nTant le probl\u00e8me humain t\u2019avait \u00e9pouvant\u00e9.<br \/>\nLorsque tu te courbais sous la Croix qui t\u2019accable,<br \/>\nTu ne voulais, h\u00e9las ! qu\u2019endormir ton tourment,<br \/>\nEt ce que tu cherchais dans un dogme implacable,<br \/>\nPlus que la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019\u00e9tait l\u2019apaisement,<br \/>\nCar ta Foi n\u2019\u00e9tait pas la certitude encore ;<br \/>\nAurais-tu tant g\u00e9mi si tu n\u2019avais dout\u00e9 ?<br \/>\nPour avoir recul\u00e9 devant ce mot : J\u2019ignore,<br \/>\nDans quel gouffre d\u2019erreurs tu t\u2019es pr\u00e9cipit\u00e9 !<br \/>\nNous, nous restons au bord. Aucune perspective,<br \/>\nSoit Enfer, soit N\u00e9ant, ne fait p\u00e2lir nos fronts,<br \/>\nEt s\u2019il faut accepter ta sombre alternative,<br \/>\nCroire ou d\u00e9sesp\u00e9rer, nous d\u00e9sesp\u00e9rerons.<br \/>\nAussi bien, jamais heure \u00e0 ce point triste et morne<br \/>\nSous le soleil des cieux n\u2019avait encor sonn\u00e9 ;<br \/>\nJamais l\u2019homme, au milieu de l\u2019univers sans borne,<br \/>\nNe s\u2019est senti plus seul et plus abandonn\u00e9.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 son d\u00e9sespoir se transforme en furie ;<br \/>\nIl se tra\u00eene au combat sur ses genoux sanglants,<br \/>\nEt se sachant vou\u00e9 d\u2019avance \u00e0 la tuerie,<br \/>\nPour s\u2019achever plus vite ouvre ses propres flancs.<\/p>\n<p>Aux applaudissements de la pl\u00e8be romaine<br \/>\nQuand le cirque jadis se remplissait de sang,<br \/>\nAu-dessus des horreurs de la douleur humaine,<br \/>\nLe regard d\u00e9couvrait un C\u00e9sar tout-puissant.<br \/>\nIl \u00e9tait l\u00e0, tr\u00f4nant dans sa grandeur sereine,<br \/>\nTout entier au plaisir de regarder souffrir,<br \/>\nEt le gladiateur, en marchant vers l\u2019ar\u00e8ne,<br \/>\nSavait qui saluer quand il allait mourir.<br \/>\nNous, qui saluerons-nous ? \u00e0 nos luttes brutales<br \/>\nQui donc pr\u00e9side, arm\u00e9 d\u2019un sinistre pouvoir ?<br \/>\nAh ! seules, si des Lois aveugles et fatales<br \/>\nAu carnage \u00e9ternel nous livraient sans nous voir,<br \/>\nD\u2019un geste r\u00e9sign\u00e9 nous saluerions nos reines.<br \/>\nEnferm\u00e9 dans un cirque impossible \u00e0 franchir,<br \/>\nL\u2019on pourrait n\u00e9anmoins devant ces souveraines,<br \/>\nTout roseau que l\u2019on est, s\u2019incliner sans fl\u00e9chir.<br \/>\nOui, mais si c\u2019est un Dieu, ma\u00eetre et tyran supr\u00eame,<br \/>\nQui nous contemple ainsi nous entre-d\u00e9chirer,<br \/>\nCe n\u2019est plus un salut, non ! c\u2019est un anath\u00e8me<br \/>\nQue nous lui lancerons avant que d\u2019expirer.<br \/>\nComment ! ne disposer de la Force infinie<br \/>\nQue pour se procurer des spectacles navrants,<br \/>\nImposer le massacre, infliger l\u2019agonie,<br \/>\nNe vouloir sous ses yeux que morts et que mourants !<br \/>\nDevant ce spectateur de nos douleurs extr\u00eames<br \/>\nNotre indignation vaincra toute terreur ;<br \/>\nNous entrecouperons nos r\u00e2les de blasph\u00e8mes,<br \/>\nNon sans d\u00e9sir secret d\u2019exciter sa fureur.<br \/>\nQui sait ? nous trouverons peut-\u00eatre quelque injure<br \/>\nQui l\u2019irrite \u00e0 ce point que, d\u2019un bras forcen\u00e9,<br \/>\nIl arrache des cieux notre plan\u00e8te obscure,<br \/>\nEt brise en mille \u00e9clats ce globe infortun\u00e9.<br \/>\nNotre audace du moins vous sauverait de na\u00eetre,<br \/>\nVous qui dormez encore au fond de l\u2019avenir,<br \/>\nEt nous triompherions d\u2019avoir, en cessant d\u2019\u00eatre,<br \/>\nAvec l\u2019Humanit\u00e9 forc\u00e9 Dieu d\u2019en finir.<br \/>\nAh ! quelle immense joie apr\u00e8s tant de souffrance !<br \/>\n\u00c0 travers les d\u00e9bris, par-dessus les charniers,<br \/>\nPouvoir enfin jeter ce cri de d\u00e9livrance :<br \/>\n\u00ab Plus d\u2019hommes sous le ciel, nous sommes les derniers ! \u00bb<\/p>\n<p>\ufeffNice, 1871.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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