{"id":14815,"date":"2025-05-11T17:54:07","date_gmt":"2025-05-11T15:54:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=14815"},"modified":"2025-05-11T17:54:07","modified_gmt":"2025-05-11T15:54:07","slug":"les-paysans","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/les-paysans\/","title":{"rendered":"Les paysans"},"content":{"rendered":"<p>Ces hommes de labour, que Greuze affadissait<br \/>\nDans les molles couleurs de paysanneries,<br \/>\nSi proprets dans leur mise et si roses, que c\u2019est<br \/>\nMotif gai de les voir, parmi les sucreries<br \/>\nD\u2019un salon Louis-Quinze animer des pastels,<br \/>\nLes voici noirs, grossiers, bestiaux \u2014 ils sont tels.<\/p>\n<p>Entre eux, ils sont parqu\u00e9s par villages ; en somme,<br \/>\nLes gens des bourgs voisins sont, d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e9tranger,<br \/>\nL\u2019instrus qu\u2019on doit ha\u00efr, l\u2019ennemi fatal, l\u2019homme<br \/>\nQu\u2019il faut tromper, qu\u2019il faut leurrer, qu\u2019il faut gruger.<br \/>\nLa patrie ? Allons donc ! Qui d\u2019entre eux croit en elle ?<br \/>\nElle leur prend des gars pour les armer soldats,<br \/>\nElle ne leur est point la terre maternelle,<br \/>\nLa terre f\u00e9cond\u00e9e au travail de leurs bras.<br \/>\nLa patrie ! on l\u2019ignore au fond de leur campagne.<br \/>\nCe qu\u2019ils voient vaguement dans un coin de cerveau,<br \/>\nC\u2019est le roi, l\u2019homme en or, fait comme Charlemagne,<br \/>\nAssis dans le velours frang\u00e9 de son manteau ;<br \/>\nC\u2019est tout un apparat de glaives, de couronnes,<br \/>\n\u00c9cussonnant les murs de palais lambriss\u00e9s,<br \/>\nQue gardent des soldats avec sabre \u00e0 dragonnes.<br \/>\nIls ne savent que \u00e7a du pouvoir. \u2014 C\u2019est assez.<br \/>\nAu reste, leur esprit, balourd en toute chose,<br \/>\nMarcherait en sabots \u00e0 travers droit, devoir,<br \/>\nJustice et libert\u00e9 \u2014 l\u2019instinct les ankylose ;<br \/>\nUn almanach crasseux, voil\u00e0 tout leur savoir ;<br \/>\nEt s\u2019ils ont entendu rugir, au loin, les villes,<br \/>\nLes r\u00e9volutions les ont tant effray\u00e9s,<br \/>\nQue, dans la lutte humaine, ils restent les serviles,<br \/>\nDe peur, s\u2019ils se cabraient, d\u2019\u00eatre un jour les broy\u00e9s.<\/p>\n<p>I<\/p>\n<p>\u00c0 droite, au long de noirs chemins, creus\u00e9s d\u2019orni\u00e8res,<br \/>\nAvec des tufs derri\u00e8re et des fumiers devant,<br \/>\nS\u2019\u00e9tendent, le toit bas, le mur nu, des chaumi\u00e8res,<br \/>\nSous des lames de pluie et des soufflets de vent.<br \/>\nCe sont leurs fermes. L\u00e0, c\u2019est leur clocher d\u2019\u00e9glise,<br \/>\nTach\u00e9 de suintements vert-de-gris\u00e9s au nord,<br \/>\nEt plus loin, o\u00f9 le sol fum\u00e9 se fertilise,<br \/>\nGr\u00e2ce \u00e0 l\u2019acharnement des herses qui le mord,<br \/>\nSont leurs labours. La vie est close tout enti\u00e8re<br \/>\nEntre ces trois t\u00e9moins de leur rusticit\u00e9,<br \/>\nQui les ploient au servage et tiennent en lisi\u00e8re<br \/>\nL\u2019effort de leur labeur et de leur \u00e2pret\u00e9.<br \/>\nIls sont l\u00e0, travaillant de leurs mains obstin\u00e9es<br \/>\nLes terreaux noirs, l\u2019humus tout impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019hiver,<br \/>\nPourri de d\u00e9tritus et creux de taupin\u00e9es ;<br \/>\nIls b\u00eachent, front en eau, du pied plantant le fer,<br \/>\nLe corps en deux, sur les sillons qu\u2019ils ensemencent,<br \/>\nSous les gr\u00ealons de Mars qui flagellent leur dos.<br \/>\nL\u2019\u00e9t\u00e9, quand les moissons de seigle se balancent<br \/>\nAvec des \u00e9clats d\u2019or, tombant des cieux \u00e0 flots,<br \/>\nLes voici, dans le feu des jours longs et torrides,<br \/>\nPeinant encor, la faux rasant les seigles m\u00fbrs,<br \/>\nLa sueur d\u00e9coulant de leurs fronts tout en rides<br \/>\nEt transper\u00e7ant leur peau des bras jusqu\u2019aux f\u00e9murs :<br \/>\nMidi darde ses rais de braise sur leurs t\u00eates :<br \/>\nSi crue est la chaleur, qu\u2019en des champs de m\u00e9teil<br \/>\nSe cassent les \u00e9pis trop secs et que les b\u00eates,<br \/>\nLe cou cribl\u00e9 de taons, ahannent au soleil.<br \/>\nVienne Novembre avec ses lentes agonies,<br \/>\nEt ses r\u00e2les roul\u00e9s \u00e0 travers les bois sourds,<br \/>\nSes sanglots hululants, ses plaintes infinies,<br \/>\nSes glas de mort \u2014 et les voici suant toujours,<br \/>\nPr\u00e9parant \u00e0 nouveau les r\u00e9coltes futures,<br \/>\nSous un ciel d\u00e9bordant de nuages grossis,<br \/>\nSous la bise, cinglant \u00e0 ras les emblavures,<br \/>\nEt trouant les for\u00eats d\u2019\u00e9normes abatis,<br \/>\nDe sorte que leurs corps tombent vite en ruine,<br \/>\nQue jeunes, s\u2019ils sont beaux, plantureux et massifs,<br \/>\nL\u2019hiver qui les froidit, l\u2019\u00e9t\u00e9 qui les calcine,<br \/>\nFont leurs membres affreux et leurs torses poussifs ;<br \/>\nQue vieux, portant le poids renversant des ann\u00e9es,<br \/>\nLe dos cass\u00e9, les bras perclus, les yeux pourris,<br \/>\nAvec l\u2019horreur sur leurs faces h\u00e9rissonn\u00e9es,<br \/>\nIls roulent sous le vent qui s\u2019acharne aux d\u00e9bris ;<br \/>\nEt qu\u2019au temps o\u00f9 la mort ouvre vers eux ses portes,<br \/>\nLeur cercueil, descendant au fond des terrains mous,<br \/>\nNe semble contenir que choses deux fois mortes.<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>Les soirs de vents en rage et de ciel en remous,<br \/>\nLes soirs de bise aux champs et de neige essaim\u00e9e,<br \/>\nLes vieux fermiers sont l\u00e0, m\u00e9ditant, calculant,<br \/>\nPr\u00e8s des lampes, d\u2019o\u00f9 monte un filet de fum\u00e9e.<br \/>\nLa cuisine pr\u00e9sente un aspect d\u00e9solant :<br \/>\nOn soupe dans un coin, toute une ribambelle<br \/>\nD\u2019enfants sales gloutonne aux restes d\u2019un repas ;<br \/>\nDes chats osseux, r\u00e2cl\u00e9s, l\u00e8chent des fonds d\u2019\u00e9cuelle ;<br \/>\nDes coqs tintent du bec contre l\u2019\u00e9tain des plats ;<br \/>\nL\u2019humidit\u00e9 s\u2019attache aux murs l\u00e9preux ; dans l\u2019\u00e2tre,<br \/>\nQuatres pauvres tisons se tordent de maigreur,<br \/>\nAvec des jets mourants d\u2019une clart\u00e9 rouge\u00e2tre ;<br \/>\nEt les vieux ont au front des pensers pleins d\u2019aigreur.<br \/>\n\u00ab Bien qu\u2019en toute saison tous travaillassent ferme,<br \/>\nQue chacun de son mieux donn\u00e2t tout son appoint,<br \/>\nVoil\u00e0 cent ans, de p\u00e8re en fils, que va la ferme,<br \/>\nEt que bon an, mal an, on reste au m\u00eame point ;<br \/>\nToujours m\u00eame train-train voisinant la mis\u00e8re. \u00bb<br \/>\nEt c\u2019est ce qui les ronge et les mord lentement.<br \/>\nAussi la haine, ils l\u2019ont en eux comme un ulc\u00e8re,<br \/>\nLa haine patiente et sournoise, qui ment.<br \/>\nLeur bonhomie et leurs rires couvent la rage ;<br \/>\nLa m\u00e9chancet\u00e9 luit dans leurs regards glac\u00e9s ;<br \/>\nIls puent les fiels et les ranc\u0153urs que, d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge,<br \/>\nLes souffrances en leurs \u00e2mes ont amass\u00e9s.<br \/>\nIls sont \u00e2pres au gain minime ; ils sont sordides ;<br \/>\nNe pouvant conqu\u00e9rir leur part, gr\u00e2ce au travail,<br \/>\nLa l\u00e9sine rend leurs c\u0153urs durs, leurs c\u0153urs f\u00e9tides ;<br \/>\nEt leur esprit est noir, mesquin, pris au d\u00e9tail,<br \/>\nStupide et terrass\u00e9 devant les grandes choses :<br \/>\nC\u2019est \u00e0 croire qu\u2019ils n\u2019ont jamais vers le soleil<br \/>\nLev\u00e9 leurs yeux, ni vu les couchants grandioses<br \/>\nS\u2019\u00e9taler dans le soir ainsi qu\u2019un lac vermeil.<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>Aux kermesses pourtant les paysans font f\u00eate,<br \/>\nM\u00eame les plus crasseux, les plus ladres. Leurs gars<br \/>\nY vont chercher femelle et s\u2019y chauffer la t\u00eate.<br \/>\nUn fort repas, graiss\u00e9 de sauces et de lards,<br \/>\nSale \u00e0 point les gosiers et les enflamme \u00e0 boire.<br \/>\nOn roule aux cabarets, goussets ronds, c\u0153urs en feu,<br \/>\nOn y bataille, on y casse gueule et m\u00e2choire<br \/>\nAux gens du bourg voisin, qui voudraient, Nom de Dieu !<br \/>\nL\u00e9cher trop goul\u00fbment les filles du village<br \/>\nEt gloutonner un plat de chair, qui n\u2019est pas leur.<\/p>\n<p>Tout l\u2019argent mis \u00e0 part y passe \u2014 en gaspillage,<br \/>\nEn danse, en brocs offerts de sableur \u00e0 sableur,<br \/>\nEn bouteilles, gisant \u00e0 terre en tas difformes.<br \/>\nLes plus fiers de leur force ont des gestes de roi<br \/>\n\u00c0 rafler d\u2019un seul trait des pots de bi\u00e8re \u00e9normes,<br \/>\nEt leurs masques, plaqu\u00e9s de feu, dardant l\u2019effroi,<br \/>\nAvec leurs yeux sanglants et leur bouche gluante,<br \/>\nAllument des soleils dans le grouillement noir.<br \/>\nL\u2019orgie avance et flambe. Une urine puante<br \/>\nMousse en \u00e9cume blanche aux fentes du trottoir.<br \/>\nDes soulards assomm\u00e9s tombent comme des b\u00eates ;<br \/>\nD\u2019autres vaguent, serrant leurs pas, pour s\u2019affermir ;<br \/>\nD\u2019autres gueulent tout seuls quelques refrains de f\u00eates<br \/>\nCoup\u00e9s de hoquets gras et d\u2019arr\u00eats pour vomir.<br \/>\nDes bandes de braillards font des rondes au centre<br \/>\nDu bourg ; et les gars aux gouges faisant appel,<br \/>\nLes serrent \u00e0 pleins bras, les cognent ventre \u00e0 ventre,<br \/>\nLes l\u00e2chant, les cherchant, dans un assaut charnel,<br \/>\nEt les tombent, jupons lev\u00e9s, jambes ruantes.<br \/>\nDans les bouges \u2014 o\u00f9 la fum\u00e9e en brouillards gris<br \/>\nRampe et roule au plafond, o\u00f9 les sueurs gluantes<br \/>\nDes corps chauff\u00e9s et les senteurs des corps fl\u00e9tris<br \/>\n\u00c9tament de vapeur les carreaux et les pintes \u2014<br \/>\n\u00c0 voir des bataillons de couples se ruer<br \/>\nToujours en plus grand nombre autour des tables peintes,<br \/>\nIl semble que les murs sous le heurt vont craquer.<br \/>\nLa so\u00fblerie est l\u00e0 plus furieuse encore,<br \/>\nQui tr\u00e9pigne et vacarme et temp\u00eate, \u00e0 travers<br \/>\nDes cris de fl\u00fbte aigu\u00eb et de piston sonore.<br \/>\nRustres en sarreaux bleus, vieilles en bonnets clairs,<br \/>\nGamins h\u00e2ves, fumant des pipes ramass\u00e9es,<br \/>\nTout c\u00e0 saute, cognant des bras, grognant du groin,<br \/>\nTapant des pieds. Parfois les soudaines pouss\u00e9es<br \/>\nDe nouveaux arrivants \u00e9crasent dans un coin<br \/>\nLe quadrille fougueux qui semble une bataille,<br \/>\nEt c\u2019est alors \u00e0 qui gueulera le plus haut,<br \/>\n\u00c0 qui repoussera le flot vers la muraille,<br \/>\nD\u00fbt-il trouer son homme \u00e0 longs coups de couteau.<br \/>\nMais l\u2019orchestre aussit\u00f4t redouble ses crieries<br \/>\nEt, couvrant de son bruit les querelles des gars,<br \/>\nLes m\u00eale tous en des fureurs de sauteries.<br \/>\nOn se calme, on rigole, on trinque entre pochards,<br \/>\nLes femmes \u00e0 leur tour se chauffent et se so\u00fblent.<br \/>\nL\u2019acide du d\u00e9sir charnel br\u00fblant leur sang,<br \/>\nEt dans ces flots de corps sautants, de dos qui houlent,<br \/>\nL\u2019instinct l\u00e2ch\u00e9 devient \u00e0 tel point rugissant<br \/>\nQu\u2019\u00e0 voir garces et gars se d\u00e9battre et se tordre,<br \/>\nAvec des heurts de corps, des cris, des coups de poings,<br \/>\nDes bonds \u00e0 s\u2019\u00e9craser, des rages \u00e0 se mordre,<br \/>\n\u00c0 les voir se rouler ivres-morts dans les coins,<br \/>\nSe vautrant sur le sol, se heurtant aux bossages,<br \/>\nSuant, l\u2019\u00e9cume blanche aux l\u00e8vres, les deux mains,<br \/>\nLes dix doigts, saccageant et vidant les corsages,<br \/>\nOn dirait \u2014 tant ces gars fougueux donnent des reins,<br \/>\nTant sautent de fureur les croupes de leurs gouges \u2014<br \/>\nDes ardeurs s\u2019allumant au feu noir des viols.<br \/>\nAvant que le soleil n\u2019arde de flammes rouges,<br \/>\nEt que les brouillards blancs ne tombent \u00e0 pleins vols,<br \/>\nDans les bouges, on met un terme aux so\u00fbleries.<br \/>\nLa kermesse s\u2019\u00e9puise en des accablements,<br \/>\nLa foule s\u2019en retourne, et vers les m\u00e9tairies<br \/>\nOn la voit dispara\u00eetre avec des hurlements.<br \/>\nLes vieux fermiers aussi, les bras tombants, les trognes<br \/>\nD\u00e9go\u00fbtantes de bi\u00e8re et de gros vin sabl\u00e9s,<br \/>\nGagnent, avec le pas zigzaguant des ivrognes,<br \/>\nLeur ferme assise au loin dans une mer de bl\u00e9s.<br \/>\nMais au creux des foss\u00e9s que les mousses veloutent,<br \/>\nParmi les plants herbus d\u2019un enclos mara\u00eecher,<br \/>\nAu d\u00e9tour des sentiers gazonn\u00e9s, ils \u00e9coutent<br \/>\nRugir encor l\u2019amour en des festins de chair.<br \/>\nLes buissons semblent \u00eatre habit\u00e9s par des fauves.<br \/>\nDes accouplements noirs bondissent par dessus<br \/>\nLes lins montants, l\u2019avoine en fleur, les tr\u00e8fles mauves,<br \/>\nDes cris de passion montent ; on n\u2019entend plus<br \/>\nQue des spasmes r\u00e2lants auxquels les chiens r\u00e9pondent.<\/p>\n<p>Les vieux songent aux ans de jeunesse et d\u2019ardeurs.<br \/>\nChez eux, m\u00eames appels d\u2019amour qui se confondent.<br \/>\nDans l\u2019\u00e9table o\u00f9 se sont gliss\u00e9s les maraudeurs,<br \/>\nO\u00f9 la vach\u00e8re couche au milieu des fourrages,<br \/>\nDans l\u2019auge, dont les gars font choix pour le d\u00e9duit,<br \/>\nM\u00eames enlacements, m\u00eames cris, m\u00eames rages,<br \/>\nM\u00eames fureurs d\u2019aimer rugissant dans la nuit.<br \/>\nEt d\u00e8s qu\u2019il est lev\u00e9, le soleil, d\u00e8s qu\u2019il cr\u00e8ve<br \/>\nDe ses boulets de feu le mur des horizons,<br \/>\nVoici qu\u2019un \u00e9talon, r\u00e9veill\u00e9 dans son r\u00eave,<br \/>\nHennit et que les porcs \u00e9branlent leurs cloisons<br \/>\nComme allum\u00e9s par la d\u00e9bauche environnante ;<br \/>\nCr\u00eate pourpre, des coqs se haussent sur le foin<br \/>\nEt sonnent le matin de leur voix claironnante ;<br \/>\nDes poulains attach\u00e9s se cabrent dans un coin ;<br \/>\nDes chiens bergers, les yeux flambant, guettent leurs lices ;<br \/>\nEt les naseaux souillants, les pieds fouillant le sol,<br \/>\nDes taureaux monstrueux ascendent les g\u00e9nisses.<\/p>\n<p>Alors vautr\u00e9s aussi dans leur rut d\u2019alcool,<br \/>\nLe sang battant leur c\u0153ur et leurs tempes bl\u00eamies,<br \/>\nLe gosier dess\u00e9ch\u00e9 de spasmes \u00e9touffants,<br \/>\nEt cherchant \u00e0 t\u00e2tons leurs femmes endormies,<br \/>\nEux, les fermiers, les vieux, font encor des enfants.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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