{"id":14307,"date":"2025-05-10T18:49:39","date_gmt":"2025-05-10T16:49:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=14307"},"modified":"2025-05-10T18:49:39","modified_gmt":"2025-05-10T16:49:39","slug":"chant-4","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/chant-4\/","title":{"rendered":"Chant 4"},"content":{"rendered":"<p>Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines,<br \/>\nAppelaient \u00e0 grand bruit les chantres \u00e0 matines ;<br \/>\nQuand leur chef, agit\u00e9 d\u2019un sommeil effrayant,<br \/>\nEncor tout en sueur se r\u00e9veille en criant.<br \/>\nAux \u00e9lans redoubl\u00e9s de sa voix douloureuse,<br \/>\nTous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse ;<br \/>\nLe vigilant Girot court \u00e0 lui le premier :<br \/>\nC\u2019est d\u2019un ma\u00eetre si saint le plus digne officier ;<br \/>\nLa porte dans le ch\u0153ur \u00e0 sa garde est commise :<br \/>\nValet souple au logis, fier huissier \u00e0 l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>Quel chagrin, lui dit-il, trouble votre sommeil ?<br \/>\nQuoi ! voulez-vous au ch\u0153ur pr\u00e9venir le soleil ?<br \/>\nAh ! dormez, et laissez \u00e0 des chantres vulgaires<br \/>\nLe soin d\u2019aller sit\u00f4t m\u00e9riter leurs salaires.<\/p>\n<p>Ami, lui dit le chantre encor p\u00e2le d\u2019horreur,<br \/>\nN\u2019insulte point, de gr\u00e2ce, \u00e0 ma juste terreur :<br \/>\nM\u00eale plut\u00f4t ici tes soupirs \u00e0 mes plaintes,<br \/>\nEt tremble en \u00e9coutant le sujet de mes craintes.<br \/>\nPour la seconde fois un sommeil gr\u00e2cieux<br \/>\nAvait sous ses pavots appesanti mes yeux ;<br \/>\nQuand, l\u2019esprit enivr\u00e9 d\u2019une douce fum\u00e9e,<br \/>\nJ\u2019ai cru remplir au ch\u0153ur ma place accoutum\u00e9e.<br \/>\nL\u00e0, triomphant aux yeux des chantres impuissant,<br \/>\nJe b\u00e9nissais le peuple, et j\u2019avalais l\u2019encens ;<br \/>\nLorsque du fond cach\u00e9 de notre sacristie<br \/>\nUne \u00e9paisse nu\u00e9e \u00e0 longs flots est sortie,<br \/>\nQui, s\u2019ouvrant \u00e0 mes yeux, dans un bleu\u00e2tre \u00e9clat<br \/>\nM\u2019a fait voir un serpent conduit par le pr\u00e9lat.<br \/>\nDu corps de ce dragon, plein de soufre et de nitre,<br \/>\nUne t\u00eate sortait en forme de pupitre,<br \/>\nDont le triangle affreux, tout h\u00e9riss\u00e9 de crins,<br \/>\nSurpassait en grosseur nos plus \u00e9pais lutrins.<br \/>\nAnim\u00e9 par son guide, en sifflant il s\u2019avance :<br \/>\nContre moi sur mon banc je le vois qui s\u2019\u00e9lance.<br \/>\nJ\u2019ai cri\u00e9, mais en vain : et, fuyant sa fureur,<br \/>\nJe me suis r\u00e9veill\u00e9 plein de trouble et d\u2019horreur.<\/p>\n<p>Le chantre, s\u2019arr\u00eatant \u00e0 cet endroit funeste,<br \/>\nA ses yeux effray\u00e9s laisse dire le reste.<br \/>\nGirot en vain l\u2019assure, et, riant de sa peur,<br \/>\nNomme sa vision l\u2019effet d\u2019une vapeur :<br \/>\nLe d\u00e9sol\u00e9 vieillard, qui hait la raillerie,<br \/>\nLui d\u00e9fend de parler, sort du lit en furie.<br \/>\nOn apporte \u00e0 l\u2019instant ses somptueux habits,<br \/>\nO\u00f9 sur l\u2019ouate molle \u00e9clata le tabis.<br \/>\nD\u2019une longue soutane il endosse la moire,<br \/>\nPrend ses gants violets, les marques de sa gloire ;<br \/>\nEt saisit, en pleurant, ce rochet qu\u2019autrefois<br \/>\nLe pr\u00e9lat trop jaloux lui rogna de trois doigts.<br \/>\nAussit\u00f4t d\u2019un bonnet ornant sa t\u00eate grise,<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 l\u2019aumuce en main il marche vers l\u2019\u00e9glise,<br \/>\nEt, h\u00e2tant de ses ans l\u2019importune langueur,<br \/>\nCourt, vole, et, le premier, arrive dans le ch\u0153ur.<\/p>\n<p>O toi qui, sur ces bords qu\u2019une eau dormante mouille<br \/>\nVit combattre autrefois le rat et la grenouille ;<br \/>\nQui, par les traits hardis d\u2019un bizarre pinceau,<br \/>\nMit l\u2019Italie en feu pour la perte d\u2019un seau ;<br \/>\nMuse, pr\u00eate \u00e0 ma bouche une voix plus sauvage,<br \/>\nPour chanter le d\u00e9pit, la col\u00e8re, la rage,<br \/>\nQue le chantre sentit allumer dans son sang<br \/>\nA l\u2019aspect du pupitre \u00e9lev\u00e9 sur son banc.<br \/>\nD\u2019abord p\u00e2le et muet, de col\u00e8re immobile,<br \/>\nA force de douleur, il demeura tranquille ;<br \/>\nMais sa voix s\u2019\u00e9chappant au travers des sanglots<br \/>\nDans sa bouche \u00e0 la fin fit passage \u00e0 ces mots :<br \/>\nLa voil\u00e0 donc, Girot, cette hydre \u00e9pouvantable<br \/>\nQue m\u2019a fait voir un songe, h\u00e9las ! trop v\u00e9ritable !<br \/>\nJe le vois ce dragon tout pr\u00eat \u00e0 m\u2019\u00e9gorger,<br \/>\nCe pupitre fatal qui me doit ombrager !<br \/>\nPr\u00e9lat, que t\u2019ai-je fait ? quelle rage envieuse<br \/>\nRend pour me tourmenter ton \u00e2me ing\u00e9nieuse ?<br \/>\nQuoi ! m\u00eame dans ton lit, cruel, entre deux draps,<br \/>\nTa profane fureur ne se repose pas !<br \/>\nO ciel ! quoi ! sur mon banc une honteuse masse<br \/>\nD\u00e9sormais me va faire un cachot de ma place !<br \/>\nInconnu dans l\u2019\u00e9glise, ignor\u00e9 dans ce lieu,<br \/>\nJe ne pourrai donc plus \u00eatre vu que de Dieu !<br \/>\nAh ! plut\u00f4t qu\u2019un moment cet affront m\u2019obscurcisse,<br \/>\nRenon\u00e7ons \u00e0 l\u2019autel, abandonnons l\u2019office ;<br \/>\nEt, sans lasser le ciel par de chants superflus,<br \/>\nNe voyons plus un ch\u0153ur o\u00f9 l\u2019on ne nous voit plus.<br \/>\nSortons\u2026 Mais cependant mon ennemi tranquille<br \/>\nJouira sur son banc de ma rage inutile,<br \/>\nEt verra dans le ch\u0153ur le pupitre exhauss\u00e9<br \/>\nTourner sur le pivot o\u00f9 sa main l\u2019a plac\u00e9 !<br \/>\nNon, s\u2019il n\u2019est abattu, je ne saurais plus vivre.<br \/>\nA moi, Girot, je veux que mon bras l\u2019en d\u00e9livre.<br \/>\nP\u00e9rissons s\u2019il le faut, mais de ses ais bris\u00e9s<br \/>\nEntra\u00eenons, en mourant, les restes divis\u00e9s.<\/p>\n<p>A ces mots, d\u2019une main par la rage affermie,<br \/>\nIl saisissait d\u00e9j\u00e0 la machine ennemie.<br \/>\nLorsqu\u2019en ce sacr\u00e9 lieu, par un heureux hasard,<br \/>\nEntre Jean le choriste, et le sonneur Girard<br \/>\nDeux Manseaux renomm\u00e9s, en qui l\u2019exp\u00e9rience<br \/>\nPour les proc\u00e8s est jointe \u00e0 la vaste science.<br \/>\nL\u2019un et l\u2019autre aussit\u00f4t prend part \u00e0 son affront.<br \/>\nToutefois condamnant un mouvement trop prompt,<br \/>\nDu lutrin, disent-ils, abattons la machine :<br \/>\nMais ne nous chargeons pas tous seuls de sa ruine ;<br \/>\nEt que tant\u00f4t, aux yeux du chapitre assembl\u00e9,<br \/>\nIl soit sous trente mains en plein jour accabl\u00e9.<\/p>\n<p>Ces mots des mains du chantre arrachent le pupitre.<br \/>\nJ\u2019y consens, leur dit-il ; assemblons le chapitre.<br \/>\nAllez donc de ce pas, par de saints hurlements,<br \/>\nVous-m\u00eames appeler les chanoines dormants.<br \/>\nPartez. Mais ce discours les surprend et les glace.<br \/>\nNous ! qu\u2019en ce vain projet, pleins d\u2019une folle audace,<br \/>\nNous allions, dit Girard, la nuit nous engager !<br \/>\nDe notre complaisance osez-vous l\u2019exiger ?<br \/>\nH\u00e9 ! seigneur ! quand nos cris pourraient, du fond des rues,<br \/>\nDe leurs appartements percer les avenues,<br \/>\nR\u00e9veiller ces valets autour d\u2019eux \u00e9tendus,<br \/>\nDe leurs sacr\u00e9s repos ministres assidus,<br \/>\nEt p\u00e9n\u00e9trer des lits aux bruits inaccessibles ;<br \/>\nPensez-vous, au moment que les ombres paisibles<br \/>\nA ces lits enchanteurs ont su les attacher.<br \/>\nQue la voix d\u2019un mortel les en puisse arracher ?<br \/>\nDeux chantres feront-ils, dans l\u2019ardeur de vous plaire,<br \/>\nCe que depuis trente ans six cloches n\u2019ont pu faire ?<\/p>\n<p>Ah ! je vois bien o\u00f9 tend tout ce discours trompeur,<br \/>\nReprend le chaud vieillard : le pr\u00e9lat vous fait peur.<br \/>\nJe vous ai vus cent fois, sous sa main b\u00e9nissante,<br \/>\nCourber servilement une \u00e9paule tremblante.<br \/>\nH\u00e9 bien ! allez ; sous lui fl\u00e9chissez les genoux :<br \/>\nJe saurai r\u00e9veiller les chanoines sans vous.<br \/>\nViens, Girot, seul ami qui me reste fid\u00e8le :<br \/>\nPrenons du saint jeudi la bruyante cr\u00e9celle.<br \/>\nSuis-moi. Qu\u2019\u00e0 son lever le soleil aujourd\u2019hui<br \/>\nTrouve tout le chapitre \u00e9veill\u00e9 devant lui.<\/p>\n<p>Il dit. Du fond poudreux d\u2019une armoire sacr\u00e9e<br \/>\nPar les mains de Girot la cr\u00e9celle est tir\u00e9e.<br \/>\nIls sortent \u00e0 l\u2019instant, et, par d\u2019heureux efforts,<br \/>\nDu lugubre instrument font crier les ressorts.<br \/>\nPour augmenter l\u2019effroi, la Discorde infernale<br \/>\nMonte dans le palais, entre dans la grand\u2019salle,<br \/>\nEt, du fond de cet antre, au travers de la nuit,<br \/>\nFait sortir le d\u00e9mon du tumulte et du bruit.<br \/>\nLe quartier alarm\u00e9 n\u2019a plus d\u2019yeux qui sommeillent ;<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 de toutes parts les chanoines s\u2019\u00e9veillent<br \/>\nL\u2019on croit que le tonnerre est tomb\u00e9 sur les toits,<br \/>\nEt que l\u2019\u00e9glise br\u00fble une seconde fois ;<br \/>\nL\u2019autre, encor agit\u00e9 de vapeurs plus fun\u00e8bres,<br \/>\nPense \u00eatre au jeudi saint, croit que l\u2019on dit t\u00e9n\u00e8bres,<br \/>\nEt d\u00e9j\u00e0 tout confus, tenant midi sonn\u00e9,<br \/>\nEn soi-m\u00eame fr\u00e9mit de n\u2019avoir point d\u00een\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi, lorsque tout pr\u00eat \u00e0 briser cent murailles<br \/>\nLouis, la foudre en main abandonnant Versailles,<br \/>\nAu retour du soleil et des z\u00e9phyrs nouveaux,<br \/>\nFait dans les champs de Mars d\u00e9ployer les drapeaux ;<br \/>\nAu seul bruit r\u00e9pandu de sa marche \u00e9tonnante,<br \/>\nLe Danube s\u2019\u00e9meut, le Tage s\u2019\u00e9pouvante,<br \/>\nBruxelles attend le coup qui la doit foudroyer,<br \/>\nEt le Batave encore est pr\u00eat \u00e0 se noyer.<\/p>\n<p>Mais en vain dans leurs lits un juste effroi les presse :<br \/>\nAucun ne laisse encor la plume enchanteresse.<br \/>\nPour les en arracher Girot s\u2019inqui\u00e9tant<br \/>\nVa crier qu\u2019au chapitre un repas les attend.<br \/>\nCe mot, dans tous les c\u0153urs r\u00e9pand la vigilance.<br \/>\nTout s\u2019\u00e9branle, tout sort, tout marche en diligence.<br \/>\nIls courent au chapitre, et chacun se pressant<br \/>\nFlatte d\u2019un doux espoir son app\u00e9tit naissant.<br \/>\nMais, \u00f4 d\u2019un d\u00e9jeuner vaine et frivole attente !<br \/>\nA peine ils sont assis, que, d\u2019une voix dolente,<br \/>\nLe chantre d\u00e9sol\u00e9, lamentant son malheur,<br \/>\nFait mourir l\u2019app\u00e9tit et na\u00eetre la douleur.<br \/>\nLe seul chanoine Evrard, d\u2019abstinence incapable,<br \/>\nOse encor proposer qu\u2019on apporte la table.<br \/>\nMais il a beau presser, aucun ne lui r\u00e9pond :<br \/>\nQuand le premier rompant ce silence profond,<br \/>\nAlain tousse et se l\u00e8ve ; Alain, ce savant homme,<br \/>\nQui de Bauny vingt fois a lu toute la somme,<br \/>\nQui poss\u00e8de Ab\u00e9li, qui sait tout Raconis,<br \/>\nEt m\u00eame entend, dit-on, le latin d\u2019A-Kempis.<\/p>\n<p>N\u2019en doutez point, leur dit ce savant canoniste,<br \/>\nCe coup part, j\u2019en suis s\u00fbr, d\u2019une main jans\u00e9niste.<br \/>\nMes yeux en sont t\u00e9moins : j\u2019ai vu moi-m\u00eame hier<br \/>\nEntrer chez le pr\u00e9lat le chapelain Garnier.<br \/>\nArnaud, cet h\u00e9r\u00e9tique ardent \u00e0 nous d\u00e9truire,<br \/>\nPar ce ministre adroit tente de le s\u00e9duire :<br \/>\nSans doute il aura lu dans son saint Augustin<br \/>\nQu\u2019autrefois saint Louis \u00e9rigea ce lutrin ;<br \/>\nIl va nous inonder des torrents de sa plume.<br \/>\nIl faut, pour lui r\u00e9pondre, ouvrir plus d\u2019un volume.<br \/>\nConsultons sur ce point quelque auteur signal\u00e9 ;<br \/>\nVoyons si des lutrins Bauny n\u2019a point parl\u00e9<br \/>\nEtudions enfin, il en est temps encor ;<br \/>\nEt, pour ce grand projet, tant\u00f4t d\u00e8s que l\u2019aurore<br \/>\nRallumera le jour dans l\u2019onde enseveli,<br \/>\nQue chacun prenne en main le moelleux Ab\u00e9li.<\/p>\n<p>Ce conseil impr\u00e9vu de nouveau les \u00e9tonne :<br \/>\nSurtout le gras Evrard d\u2019\u00e9pouvante en frissonne.<br \/>\nMoi, dit-il, qu\u2019\u00e0 mon \u00e2ge, \u00e9colier tout nouveau,<br \/>\nJ\u2019aille pour un lutrin me troubler le cerveau !<br \/>\nO le plaisant conseil ! Non, non, songeons \u00e0 vivre :<br \/>\nVa maigrir, si tu veux, et s\u00e9cher sur un livre.<br \/>\nPour moi, je lis la bible autant que l\u2019alcoran :<br \/>\nJe sais ce qu\u2019un fermier nous doit rendre par an ;<br \/>\nSur quelle vigne \u00e0 Reims nous avons hypoth\u00e8que :<br \/>\nVingt muids rang\u00e9s chez moi font ma biblioth\u00e8que.<br \/>\nEn pla\u00e7ant un pupitre on croit nous rabaisser :<br \/>\nMon bras seul sans latin saura le renverser.<br \/>\nQue m\u2019importe qu\u2019Arnaud me condamne ou m\u2019approuve ?<br \/>\nJ\u2019abats ce qui me nuit partout o\u00f9 je le trouve :<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 mon sentiment. A quoi bon tant d\u2019appr\u00eats ?<br \/>\nDu reste d\u00e9je\u00fbnons, messieurs, et buvons frais.<\/p>\n<p>Ce discours, que soutient l\u2019embonpoint du visage,<br \/>\nR\u00e9tablit l\u2019app\u00e9tit, r\u00e9chauffe le courage.<br \/>\nMais le chantre surtout en para\u00eet rassur\u00e9,<br \/>\nOui, dit-il, le pupitre a d\u00e9j\u00e0 trop dur\u00e9.<br \/>\nAllons sur sa ruine assurer ma vengeance :<br \/>\nDonnons \u00e0 ce grand \u0153uvre une heure d\u2019abstinence,<br \/>\nEt qu\u2019au retour tant\u00f4t un ample d\u00e9je\u00fbner<br \/>\nLongtemps nous tienne \u00e0 table, et s\u2019unisse au d\u00eener.<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t il se l\u00e8ve, et la troupe fid\u00e8le<br \/>\nPar ces mots attirants sent redoubler son z\u00e8le.<br \/>\nIls marchent droit au c\u0153ur d\u2019un pas audacieux.<br \/>\nEt bient\u00f4t le lutrin se fait voir \u00e0 leurs yeux.<br \/>\nA ce terrible objet aucun d\u2019eux ne consulte,<br \/>\nSur l\u2019ennemi commun ils fondent en tumulte,<br \/>\nIls sapent le pivot, qui se d\u00e9fend en vain ;<br \/>\nChacun sur lui d\u2019un coup veut honorer sa main.<br \/>\nEnfin sous tant d\u2019efforts la machine succombe,<br \/>\nEt son corps entr\u2019ouvert chancelle, \u00e9clate et tombe :<br \/>\nTel sur les monts glac\u00e9s des farouches G\u00e9lons<br \/>\nTombe un ch\u00eane battu des voisins aquilons ;<br \/>\nOu tel, abandonn\u00e9 de ses poutres us\u00e9es,<br \/>\nFond enfin un vieux toit sous ses tuiles bris\u00e9s.<br \/>\nLa masse est emport\u00e9e, et ses ais arrach\u00e9s<br \/>\nSont aux yeux des mortels chez le chantre cach\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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