{"id":10705,"date":"2025-04-22T18:13:39","date_gmt":"2025-04-22T16:13:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=10705"},"modified":"2025-04-22T18:13:39","modified_gmt":"2025-04-22T16:13:39","slug":"au-bord-de-leau","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/au-bord-de-leau\/","title":{"rendered":"Au bord de l&rsquo;eau"},"content":{"rendered":"<p>I<\/p>\n<p>Un lourd soleil tombait d\u2019aplomb sur le lavoir ;<br \/>\nLes canards engourdis s\u2019endormaient dans la vase,<br \/>\nEt l\u2019air br\u00fblait si fort qu\u2019on s\u2019attendait \u00e0 voir<br \/>\nLes arbres s\u2019enflammer du sommet \u00e0 la base.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais couch\u00e9 sur l\u2019herbe aupr\u00e8s du vieux bateau<br \/>\nO\u00f9 des femmes lavaient leur linge. Des eaux grasses,<br \/>\nDes bulles de savon qui se crevaient bient\u00f4t<br \/>\nS\u2019en allaient au courant, laissant de longues traces.<br \/>\nEt je m\u2019assoupissais lorsque je vis venir,<br \/>\nSous la grande lumi\u00e8re et la chaleur torride,<br \/>\nUne fille marchant d\u2019un pas ferme et rapide,<br \/>\nAvec ses bras lev\u00e9s en l\u2019air, pour maintenir<br \/>\nUn fort paquet de linge au-dessus de sa t\u00eate.<br \/>\nLa hanche large avec la taille mince, faite<br \/>\nAinsi qu\u2019une V\u00e9nus de marbre, elle avan\u00e7ait<br \/>\nTr\u00e8s droite, et sur ses reins, un peu, se balan\u00e7ait.<br \/>\nJe la suivis, prenant l\u2019\u00e9troite passerelle<br \/>\nJusqu\u2019au seuil du lavoir, o\u00f9 j\u2019entrai derri\u00e8re elle.<\/p>\n<p>Elle choisit sa place, et dans un baquet d\u2019eau,<br \/>\nD\u2019un geste souple et fort abattit son fardeau.<br \/>\nElle avait tout au plus la toilette permise ;<br \/>\nElle lavait son linge ; et chaque mouvement<br \/>\nDes bras et de la hanche accusait nettement,<br \/>\nSous le jupon collant et la mince chemise,<br \/>\nLes rondeurs de la croupe et les rondeurs des seins.<br \/>\nElle travaillait dur ; puis, quand elle \u00e9tait lasse,<br \/>\nElle \u00e9levait les bras, et, superbe de gr\u00e2ce,<br \/>\nTendait son corps flexible en renversant ses reins.<br \/>\nMais le puissant soleil faisait craquer les planches ;<br \/>\nLe bateau s\u2019entr\u2019ouvrait comme pour respirer.<br \/>\nLes femmes haletaient ; on voyait sous leurs manches<br \/>\nLa moiteur de leurs bras par place transpirer<br \/>\nUne rougeur montait \u00e0 sa gorge sanguine.<br \/>\nElle fixa sur moi son regard effront\u00e9,<br \/>\nD\u00e9grafa sa chemise, et sa ronde poitrine<br \/>\nSurgit, double et luisante, en pleine libert\u00e9,<br \/>\n\u00c9cart\u00e9e aux sommets et d\u2019une ampleur solide.<br \/>\nElle battait alors son linge, et chaque coup<br \/>\nAgitait par moment d\u2019un soubresaut rapide<br \/>\nLes roses fleurs de chair qui se dressent au bout.<\/p>\n<p>Un air chaud me frappait, comme un souffle de forge,<br \/>\n\u00c0 chacun des soupirs qui soulevaient sa gorge.<br \/>\nLes coups de son battoir me tombaient sur le c\u0153ur !<br \/>\nElle me regardait d\u2019un air un peu moqueur ;<br \/>\nJ\u2019approchai, l\u2019\u0153il tendu sur sa poitrine humide<br \/>\nDe gouttes d\u2019eau, si blanche et tentante au baiser.<br \/>\nElle eut piti\u00e9 de moi, me voyant tr\u00e8s timide,<br \/>\nM\u2019aborda la premi\u00e8re et se mit \u00e0 causer.<br \/>\nComme des sons perdus m\u2019arrivaient ses paroles.<br \/>\nJe ne l\u2019entendais pas, tant je la regardais.<br \/>\nPar sa robe entr\u2019ouverte, au loin, je me perdais,<br \/>\nDevinant les dessous et br\u00fbl\u00e9 d\u2019ardeurs folles ;<br \/>\nPuis, comme elle partait, elle me dit tout bas<br \/>\nDe me trouver le soir au bout de la prairie.<\/p>\n<p>Tout ce qui m\u2019emplissait s\u2019\u00e9loigna sur ses pas ;<br \/>\nMon pass\u00e9 disparut ainsi qu\u2019une eau tarie !<br \/>\nPourtant j\u2019\u00e9tais joyeux, car en moi j\u2019entendais<br \/>\nLes ivresses chanter avec leur voix sonore.<br \/>\nVers le ciel obscurci toujours je regardais,<br \/>\nEt la nuit qui tombait me semblait une aurore !<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait la premi\u00e8re au lieu du rendez-vous.<br \/>\nJ\u2019accourus aupr\u00e8s d\u2019elle et me mis \u00e0 genoux,<br \/>\nEt promenant mes mains tout autour de sa taille<br \/>\nJe l\u2019attirais. Mais elle, aussit\u00f4t, se leva<br \/>\nEt par les pr\u00e9s baign\u00e9s de lune se sauva.<br \/>\nEnfin je l\u2019atteignis, car dans une broussaille<br \/>\nQu\u2019elle ne voyait point son pied fut arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>Alors, fermant mes bras sur sa hanche arrondie,<br \/>\nAupr\u00e8s d\u2019un arbre, au bord de l\u2019eau, je l\u2019emportai.<br \/>\nElle, que j\u2019avais vue impudique et hardie,<br \/>\n\u00c9tait p\u00e2le et troubl\u00e9e et pleurait lentement,<br \/>\nTandis que je sentais comme un enivrement<br \/>\nDe force qui montait de sa faiblesse \u00e9mue.<\/p>\n<p>Quel est donc et d\u2019o\u00f9 vient ce ferment qui remue<br \/>\nLes entrailles de l\u2019homme \u00e0 l\u2019heure de l\u2019amour ?<\/p>\n<p>La lune illuminait les champs comme en plein jour.<br \/>\nGrouillant dans les roseaux, la bruyante peuplade<br \/>\nDes grenouilles faisaient un grand charivari ;<br \/>\nUne caille tr\u00e8s loin jetait son double cri,<br \/>\nEt, comme pr\u00e9ludant \u00e0 quelque s\u00e9r\u00e9nade,<br \/>\nDes oiseaux r\u00e9veill\u00e9s commen\u00e7aient leurs chansons.<br \/>\nLe vent me paraissait charg\u00e9 d\u2019amours lointaines,<br \/>\nAlourdi de baisers, plein des chaudes haleines<br \/>\nQue l\u2019on entend venir avec de longs frissons,<br \/>\nEt qui passent roulant des ardeurs d\u2019incendies.<br \/>\nUn rut puissant tombait des brises atti\u00e9dies.<br \/>\nEt je pensai : \u00ab Combien, sous le ciel infini,<br \/>\nPar cette douce nuit d\u2019\u00e9t\u00e9, combien nous sommes<br \/>\nQu\u2019une angoisse soul\u00e8ve et que l\u2019instinct unit<br \/>\nParmi les animaux comme parmi les hommes. \u00bb<br \/>\nEt moi j\u2019aurais voulu, seul, \u00eatre tous ceux-l\u00e0 !<\/p>\n<p>Je pris et je baisai ses doigts ; elle trembla.<br \/>\nSes mains fra\u00eeches sentaient une odeur de lavande<br \/>\nEt de thym, dont son linge \u00e9tait tout embaum\u00e9.<br \/>\nSous ma bouche ses seins avaient un go\u00fbt d\u2019amande<br \/>\nComme un laurier sauvage ou le lait parfum\u00e9<br \/>\nQu\u2019on boit dans la montagne aux mamelles des ch\u00e8vres.<br \/>\nElle se d\u00e9battait ; mais je trouvai ses l\u00e8vres !<br \/>\nCe fut un baiser long comme une \u00e9ternit\u00e9<br \/>\nQui tendit nos deux corps dans l\u2019immobilit\u00e9.<br \/>\nElle se renversa, r\u00e2lant sous ma caresse ;<br \/>\nSa poitrine oppress\u00e9e et dure de tendresse,<br \/>\nHaletait fortement avec de longs sanglots ;<br \/>\nSa joue \u00e9tait br\u00fblante et ses yeux demi-clos ;<br \/>\nEt nos bouches, nos sens, nos soupirs se m\u00eal\u00e8rent.<br \/>\nPuis, dans la nuit tranquille o\u00f9 la campagne dort,<br \/>\nUn cri d\u2019amour monta, si terrible et si fort<br \/>\nQue des oiseaux dans l\u2019ombre effar\u00e9s s\u2019envol\u00e8rent.<br \/>\nLes grenouilles, la caille, et les bruits et les voix<br \/>\nSe turent ; un silence \u00e9norme emplit l\u2019espace.<br \/>\nSoudain, jetant aux vents sa lugubre menace,<br \/>\nTr\u00e8s loin derri\u00e8re nous un chien hurla trois fois.<\/p>\n<p>Mais quand le jour parut, comme elle \u00e9tait rest\u00e9e,<br \/>\nElle s\u2019enfuit. J\u2019errai dans les champs au hasard.<br \/>\nLa senteur de sa peau me hantait ; son regard<br \/>\nM\u2019attachait comme une ancre au fond du c\u0153ur jet\u00e9e.<br \/>\nAinsi que deux for\u00e7ats riv\u00e9s aux m\u00eames fers,<br \/>\nUn lien nous tenait, l\u2019affinit\u00e9 des chairs.<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>Pendant cinq mois entiers, chaque soir, sur la rive,<br \/>\nPlein d\u2019un emportement qui jamais ne faiblit,<br \/>\nJ\u2019ai caress\u00e9 sur l\u2019herbe ainsi que dans un lit<br \/>\nCette fille superbe, ignorante et lascive.<br \/>\nEt le matin, mordus encor du souvenir,<br \/>\nQuoique tout alanguis des baisers de la veille,<br \/>\nD\u00e8s l\u2019heure o\u00f9, dans la plaine, un chant d\u2019oiseau s\u2019\u00e9veille,<br \/>\nNous trouvions que la nuit tardait bien \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Quelquefois, oubliant que le jour d\u00fbt \u00e9clore,<br \/>\nNous nous laissions surprendre embrass\u00e9s, par l\u2019aurore.<br \/>\nVite, nous revenions le long des clairs chemins,<br \/>\nMes deux yeux dans ses yeux, ses deux mains dans mes mains.<br \/>\nJe voyais s\u2019allumer des lueurs dans les haies,<br \/>\nDes troncs d\u2019arbre soudain rougir comme des plaies,<br \/>\nSans songer qu\u2019un soleil se levait quelque part,<br \/>\nEt je croyais, sentant mon front baign\u00e9 de flammes,<br \/>\nQue toutes ces clart\u00e9s tombaient de son regard.<br \/>\nElle allait au lavoir avec les autres femmes ;<br \/>\nJe la suivais, rempli d\u2019attente et de d\u00e9sir.<br \/>\nLa regarder sans fin \u00e9tait mon seul plaisir,<br \/>\nEt je restais debout dans la m\u00eame posture,<br \/>\nMur\u00e9 dans mon amour comme en une prison.<br \/>\nLes lignes de son corps fermaient mon horizon ;<br \/>\nMon espoir se bornait aux n\u0153uds de sa ceinture.<br \/>\nJe demeurais pr\u00e8s d\u2019elle, \u00e9piant le moment<br \/>\nO\u00f9 quelque autre attirait la gaiet\u00e9 toujours pr\u00eate ;<br \/>\nJe me penchais bien vite, elle tournait la t\u00eate,<br \/>\nNos bouches se touchaient, puis fuyaient brusquement.<br \/>\nParfois elle sortait en m\u2019appelant d\u2019un signe ;<br \/>\nJ\u2019allais la retrouver dans quelque champ de vigne<br \/>\nOu sous quelque buisson qui nous cachait aux yeux.<br \/>\nNous regardions s\u2019aimer les b\u00eates accoupl\u00e9es,<br \/>\nQuatre ailes qui portaient deux papillons joyeux,<br \/>\nUn double insecte noir qui passait les all\u00e9es.<br \/>\nGrave, elle ramassait ces petits amoureux<br \/>\nEt les baisait. Souvent des oiseaux sur nos t\u00eates<br \/>\nSe becquetaient sans peur, et les couples des b\u00eates<br \/>\nNe nous redoutaient point, car nous faisions comme eux.<\/p>\n<p>Puis le c\u0153ur tout plein d\u2019elle, \u00e0 cette heure tardive<br \/>\nO\u00f9 j\u2019attendais, guettant les d\u00e9tours de la rive,<br \/>\nQuand elle apparaissait sous les hauts peupliers,<br \/>\nLe d\u00e9sir allum\u00e9 dans sa prunelle brune,<br \/>\nSa jupe balayant tous les rayons de Lune<br \/>\nCouch\u00e9s entre chaque arbre au travers des sentiers,<br \/>\nJe songeais \u00e0 l\u2019amour de ces filles bibliques,<br \/>\nSi belles qu\u2019en ces temps lointains on a pu voir,<br \/>\n\u00c9perdus et suivant leurs formes impudiques,<br \/>\nDes anges qui passaient dans les ombres du soir.<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>Un jour que le patron dormait devant la porte,<br \/>\nVers midi, le lavoir se trouva d\u00e9peupl\u00e9.<br \/>\nLe sol br\u00fblant fumait comme un b\u0153uf essouffl\u00e9<br \/>\nQui peine en plein soleil ; mais je trouvais moins forte<br \/>\nCette chaleur du ciel que celle de mes sens.<br \/>\nAucun bruit ne venait que des lambeaux de chants<br \/>\nEt des rires d\u2019ivrogne, au loin, sortant des bouges,<br \/>\nPuis la chute parfois de quelque goutte d\u2019eau<br \/>\nTombant on ne sait d\u2019o\u00f9, sueur du vieux bateau.<br \/>\nOr ses l\u00e8vres brillaient comme des charbons rouges<br \/>\nD\u2019o\u00f9 jaillirent soudain des crises de baisers,<br \/>\nAinsi que d\u2019un brasier partent des \u00e9tincelles,<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 l\u2019affaissement de nos deux corps bris\u00e9s.<br \/>\nOn n\u2019entendait plus rien hormis les sauterelles,<br \/>\nCe peuple du soleil aux \u00e9ternels cris-cris<br \/>\nCr\u00e9pitant comme un feu parmi les pr\u00e9s fl\u00e9tris.<br \/>\nEt nous nous regardions, \u00e9tonn\u00e9s, immobiles,<br \/>\nSi p\u00e2les tous les deux que nous nous faisions peur ;<br \/>\nLisant aux traits creus\u00e9s, noirs, sous nos yeux f\u00e9briles,<br \/>\nQue nous \u00e9tions frapp\u00e9s de l\u2019amour dont on meurt,<br \/>\nEt que par tous nos sens s\u2019\u00e9coulait notre vie.<\/p>\n<p>Nous nous sommes quitt\u00e9s en nous disant tout bas<br \/>\nQu\u2019au bord de l\u2019eau, le soir, nous ne viendrions pas.<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 l\u2019heure ordinaire, une invincible envie<br \/>\nMe prit d\u2019aller tout seul \u00e0 l\u2019arbre accoutum\u00e9<br \/>\nR\u00eaver aux volupt\u00e9s de ce corps tant aim\u00e9,<br \/>\nPromener mon esprit par toutes nos caresses,<br \/>\nMe coucher sur cette herbe et sur son souvenir.<\/p>\n<p>Quand j\u2019approchai, gris\u00e9 des anciennes ivresses,<br \/>\nElle \u00e9tait l\u00e0, debout, me regardant venir.<\/p>\n<p>Depuis lors, envahis par une fi\u00e8vre \u00e9trange,<br \/>\nNous h\u00e2tons sans r\u00e9pit cet amour qui nous mange<br \/>\nBien que la mort nous gagne, un besoin plus puissant<br \/>\nNous travaille et nous force \u00e0 m\u00ealer notre sang.<br \/>\nNos ardeurs ne sont point prudentes ni peureuses ;<br \/>\nL\u2019effroi ne trouble pas nos regards embras\u00e9s ;<br \/>\nNous mourons l\u2019un par l\u2019autre, et nos poitrines creuses<br \/>\nChangent nos jours futurs comme autant de baisers.<br \/>\nNous ne parlons jamais. Aupr\u00e8s de cette femme<br \/>\nIl n\u2019est qu\u2019un cri d\u2019amour, celui du cerf qui brame.<br \/>\nMa peau garde sans fin le frisson de sa peau<br \/>\nQui m\u2019emplit d\u2019un d\u00e9sir toujours \u00e2pre et nouveau,<br \/>\nEt si ma bouche a soif, ce n\u2019est que de sa bouche !<br \/>\nMon ardeur s\u2019exasp\u00e8re et ma force s\u2019abat<br \/>\nDans cet accouplement mortel comme un combat.<br \/>\nLe gazon est br\u00fbl\u00e9 qui nous servait de couche,<br \/>\nEt d\u00e9signant l\u2019endroit du retour continu,<br \/>\nLa marque de nos corps est entr\u00e9e au sol nu.<\/p>\n<p>Quelque matin, sous l\u2019arbre o\u00f9 nous nous rencontr\u00e2mes,<br \/>\nOn nous ramassera tous deux au bord de l\u2019eau.<br \/>\nNous serons rapport\u00e9s au fond d\u2019un lourd bateau,<br \/>\nNous embrassant encore aux secousses des rames.<br \/>\nPuis, on nous jettera dans quelque trou cach\u00e9,<br \/>\nComme on fait aux gens morts en \u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>Mais alors, s\u2019il est vrai que les ombres reviennent,<br \/>\nNous reviendrons, le soir, sous les hauts peupliers,<br \/>\nEt les gens du pays, qui longtemps se souviennent,<br \/>\nEn nous voyant passer, l\u2019un \u00e0 l\u2019autre li\u00e9s,<br \/>\nDiront, en se signant, et l\u2019esprit en pri\u00e8re :<br \/>\n\u00ab Voil\u00e0 le mort d\u2019amour avec sa lavandi\u00e8re. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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