{"id":10668,"date":"2025-04-22T16:48:36","date_gmt":"2025-04-22T14:48:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?post_type=poemes&#038;p=10668"},"modified":"2025-04-22T16:48:36","modified_gmt":"2025-04-22T14:48:36","slug":"don-paez","status":"publish","type":"poemes","link":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/","title":{"rendered":"Don Paez"},"content":{"rendered":"<p>I<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais aim\u00e9, pour ma part, ces b\u00e9gueules<br \/>\nQui ne sauraient aller au Prado toutes seules,<br \/>\nQu\u2019une du\u00e8gne toujours de quartier en quartier<br \/>\nTalonne, comme fait sa mule un muletier ;<br \/>\nQui s\u2019usent, \u00e0 prier, les genoux et la l\u00e8vre,<br \/>\nSe courbant sur le gr\u00e8s, plus p\u00e2les, dans leur fi\u00e8vre,<br \/>\nQu\u2019un homme qui, pieds nus, marche sur un serpent,<br \/>\nOu qu\u2019un faux monnayeur au moment qu\u2019on le pend !<br \/>\nCertes, ces femmes-l\u00e0, pour mener cette vie,<br \/>\nPortent un c\u0153ur ch\u00e2tr\u00e9 de toute noble envie ;<br \/>\nElles n\u2019ont pas de sang et pas d\u2019entrailles. \u2014 Mais<br \/>\nSur ma t\u00eate et mes os, fr\u00e8re, je vous promets<br \/>\nQu\u2019elles valent encor quatre fois mieux que celles<br \/>\nDont le temps se d\u00e9pense en intrigues nouvelles.<br \/>\nCelles-l\u00e0 vont au bal, courent les rendez-vous,<br \/>\nSavent dans un manchon cacher un billet doux,<br \/>\nSerrer un ruban noir sur un beau flanc qui ploie,<br \/>\nJeter d\u2019un balcon d\u2019or une \u00e9chelle de soie,<br \/>\nSuivre l\u2019imbroglio de ces amours mignons,<br \/>\nPouss\u00e9s en une nuit comme des champignons ;<br \/>\nSi charmantes, d\u2019ailleurs ! aimant en enrag\u00e9es<br \/>\nLes moustaches, les chiens, la valse et les drag\u00e9es.<br \/>\nMais, oh ! la triste chose et l\u2019\u00e9trange malheur,<br \/>\nLorsque dans leurs filets tombe un homme de c\u0153ur !<br \/>\nFr\u00e8re, mieux lui vaudrait, comme ce statuaire<br \/>\nQui pressait dans ses bras son amante de pierre,<br \/>\nR\u00e9chauffer de baisers un marbre ; mieux vaudrait<br \/>\nUne louve affam\u00e9e en quelque \u00e2pre for\u00eat.<\/p>\n<p>Ce que je dis ici, je le prouve en exemple.<br \/>\nJ\u2019entre donc en mati\u00e8re, et, sans discours plus ample,<br \/>\n\u00c9coutez une histoire :<\/p>\n<p>Un mardi, cet \u00e9t\u00e9,<br \/>\nVers deux heures de nuit, si vous aviez \u00e9t\u00e9<br \/>\nPlace San Bernardo, contre la jalousie<br \/>\nD\u2019une fen\u00eatre en brique, \u00e0 frange cramoisie,<br \/>\nEt que, le cerveau m\u00fb de quelque esprit follet,<br \/>\nVous eussiez regard\u00e9 par le trou du volet,<br \/>\nVous auriez vu, d\u2019abord, une chambre tigr\u00e9e,<br \/>\nDe cand\u00e9labres d\u2019or ardemment \u00e9clair\u00e9e ;<br \/>\nDes marbres, des tapis montant jusqu\u2019aux lambris ;<br \/>\n\u00c7\u00e0 et l\u00e0, les flacons d\u2019un souper en d\u00e9bris ;<br \/>\nDes vins, mille parfums ; \u00e0 terre, une mandore<br \/>\nQu\u2019on venait de quitter, et fr\u00e9missant encore,<br \/>\nDe m\u00eame que le sein d\u2019une femme fr\u00e9mit<br \/>\nApr\u00e8s qu\u2019elle a dans\u00e9. \u2014 Tout \u00e9tait endormi ;<br \/>\nLa lune se levait ; sa lueur souple et molle,<br \/>\nGlissant aux tr\u00e8fles gris de l\u2019ogive espagnole,<br \/>\nSur les p\u00e2les velours et le marbre changeant,<br \/>\nM\u00ealait aux flammes d\u2019or ses longs rayons d\u2019argent.<br \/>\nSi bien que, dans le coin le plus noir de la chambre,<br \/>\nSur un lit incrust\u00e9 de bois de rose et d\u2019ambre,<br \/>\nEn y regardant bien, fr\u00e8re, vous auriez pu,<br \/>\nDans l\u2019ombre transparente, entrevoir un pied nu.<br \/>\n\u2014 Certes, l\u2019Espagne est grande, et les femmes d\u2019Espagne<br \/>\nSont belles ; mais il n\u2019est ch\u00e2teau, ville, ou campagne,<br \/>\nQui, contre ce pied-l\u00e0, n\u2019e\u00fbt en vain essay\u00e9<br \/>\n(Comme dans Cendrillon) de mesurer un pied.<br \/>\nIl \u00e9tait si petit, qu\u2019un enfant l\u2019e\u00fbt pu prendre<br \/>\nDans sa main. \u2014 N\u2019allez pas, fr\u00e8re, vous en surprendre ;<br \/>\nLa dame dont ici j\u2019ai dessein de parler<br \/>\n\u00c9tait de ces beaut\u00e9s qu\u2019on ne peut \u00e9galer :<br \/>\nSourcils noirs, blanches mains, et, pour la petitesse<br \/>\nDe ses pieds, elle \u00e9tait Andalouse et comtesse.<\/p>\n<p>Cependant les rideaux, autour d\u2019elle tremblant,<br \/>\nLa laissaient voir p\u00e2m\u00e9e aux bras de son galant :<br \/>\n\u0152il humide, bras morts, tout respirait en elle<br \/>\nLes langueurs de l\u2019amour, et la rendait plus belle.<br \/>\nSa t\u00eate avec ses seins roulait dans ses cheveux,<br \/>\nPendant que sur son corps mille traces de feux,<br \/>\nQue sa joue empourpr\u00e9e, et ses l\u00e8vres arides<br \/>\nQui se pressaient encor comme en des baisers vides,<br \/>\nEt son c\u0153ur gros d\u2019amour, plus fatigu\u00e9 qu\u2019\u00e9teint,<br \/>\nTout d\u2019une folle nuit vous e\u00fbt rendu certain.<br \/>\nPr\u00e8s d\u2019elle, son amant, d\u2019un \u0153il plein de caresse,<br \/>\nCherchant l\u2019\u0153il de faucon de sa jeune ma\u00eetresse,<br \/>\nSe penchait sur sa bouche, ardent \u00e0 l\u2019apaiser,<br \/>\nEt pour chaque sanglot lui rendait un baiser.<br \/>\nAinsi passait le temps. \u2014 Sur la place moins sombre,<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 le blanc matin faisant grisonner l\u2019ombre,<br \/>\nL\u2019horloge d\u2019un couvent s\u2019\u00e9branla lentement ;<br \/>\nSur quoi le jouvenceau courut en un moment,<br \/>\nD\u2019abord \u00e0 son habit, ensuite \u00e0 son \u00e9p\u00e9e ;<br \/>\nPuis, voyant sa beaut\u00e9 de pleurs toute tremp\u00e9e :<br \/>\n\u00ab Allons, mon ador\u00e9e, un baiser, et bonsoir !<br \/>\n\u2014 D\u00e9j\u00e0 partir, m\u00e9chant ! \u2014 Bah ! je viendrai vous voir<br \/>\nDemain, midi sonnant ; adieu, mon amoureuse !<br \/>\n\u2014 Don Paez ! don Paez ! Certe, elle est bien heureuse,<br \/>\nLa galante pour qui vous me laissez sit\u00f4t !<br \/>\n\u2014 Mauvaise ! vous savez qu\u2019on m\u2019attend au ch\u00e2teau.<br \/>\nMa galante, ce soir, mort-Dieu ! c\u2019est ma gu\u00e9rite.<br \/>\n\u2014 Eh ! pourquoi donc alors l\u2019aller trouver si vite ?<br \/>\nPar quel serment d\u2019enfer \u00eates-vous donc li\u00e9 ?<br \/>\n\u2014 Il le faut. Laisse-moi baiser ton petit pied !<br \/>\n\u2014 Mais regardez un peu, qu\u2019un lit de bois de rose,<br \/>\nDes fleurs, une ma\u00eetresse, une alc\u00f4ve bien close,<br \/>\nTout cela ne vaut pas, pour un fin cavalier,<br \/>\nUne vieille gu\u00e9rite au coin d\u2019un vieux pilier !<br \/>\n\u2014 La belle \u00e9paule blanche, \u00f4 ma petite f\u00e9e !<br \/>\nVoyons, un beau baiser ! \u2014 Comme je suis coiff\u00e9e !<br \/>\nVous \u00eates un vilain. \u2014 La paix ! Adieu, mon c\u0153ur ;<br \/>\nLa, la, ne faites pas ce petit air boudeur.<br \/>\nDemain c\u2019est jour de f\u00eate ; un jour de promenade,<br \/>\nVeux-tu ? \u2014 Non, ma jument anglaise est trop malade.<br \/>\n\u2014 Adieu donc ; que le diable emporte ta jument !<br \/>\n\u2014 Don Paez ! mon amour, reste encore un moment.<br \/>\n\u2014 Ma charmante, allez-vous me faire une querelle ?<br \/>\nAh ! je m\u2019en vais si bien vous d\u00e9coiffer, ma belle,<br \/>\nQu\u2019\u00e0 vous peigner demain vous passerez un jour !<br \/>\n\u2014 Allez-vous-en, vilain ! \u2014 Adieu, mon seul amour ! \u00bb<\/p>\n<p>Il jeta son manteau sur sa moustache blonde,<br \/>\nEt sortit ; l\u2019air \u00e9tait doux, et la nuit profonde ;<br \/>\nIl d\u00e9tourna la rue \u00e0 grands pas, et le bruit<br \/>\nDe ses \u00e9perons d\u2019or se perdit dans la nuit.<\/p>\n<p>Oh ! dans cette saison de verdeur et de force,<br \/>\nO\u00f9 la chaude jeunesse, arbre \u00e0 la rude \u00e9corce,<br \/>\nCouvre tout de son ombre, horizon et chemin,<br \/>\nHeureux, heureux celui qui frappe de la main<br \/>\nLe col d\u2019un \u00e9talon r\u00e9tif, ou qui caresse<br \/>\nLes seins \u00e9tincelants d\u2019une folle ma\u00eetresse !<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>Don Paez, l\u2019arme au bras, est sur les arsenaux :<br \/>\nSeul, en silence, il passe au revers des cr\u00e9neaux ;<br \/>\nOn le voit comme un point ; il fume son cigare<br \/>\nEn route, et d\u2019heure en heure, au bruit de la fanfare,<br \/>\nIl m\u00eale sa r\u00e9ponse au qui-vive effrayant<br \/>\nQue des lansquenets gris s\u2019en vont partout criant.<br \/>\nPr\u00e8s de lui, \u00e7\u00e0 et l\u00e0, ses compagnons de guerre,<br \/>\nLes uns dans leurs manteaux s\u2019endormant sur la terre,<br \/>\nD\u2019autres jouant aux d\u00e9s. \u2014 Propos, r\u00e9cits d\u2019amours,<br \/>\nEt le vin (comme on pense), et les mauvais discours,<br \/>\nN\u2019y manquent pas. \u2014 Pendant que l\u2019un fait, apr\u00e8s boire,<br \/>\nSur quelque brave fille une m\u00e9chante histoire,<br \/>\nL\u2019autre chante \u00e0 demi, sur la table accoud\u00e9.<br \/>\nCelui-ci, de travers examinant son d\u00e9,<br \/>\n\u00c0 chaque coup douteux grince dans sa moustache.<br \/>\nCelui-l\u00e0, relevant le coin de son panache,<br \/>\nFait le beau parleur, jure ; un autre, retroussant<br \/>\nSa barbe \u00e0 moiti\u00e9 rouge, aiguis\u00e9e en croissant,<br \/>\nSe verse d\u2019un poignet chancelant, et se grise<br \/>\n\u00c0 la sant\u00e9 du roi, comme un chantre d\u2019\u00e9glise.<br \/>\nPourtant un maigre suif, allum\u00e9 dans un coin,<br \/>\nChancelle sur la nappe \u00e0 chaque coup de poing.<br \/>\nVoici donc qu\u2019au milieu des rixes, des injures,<br \/>\nDes bravos, des \u00e9clats qu\u2019allument les gageures,<br \/>\nL\u2019un d\u2019eux : \u00ab Messieurs, dit-il, vous \u00eates gens du roi,<br \/>\nBraves gens, cavaliers volontaires. \u2014 Bon. \u2014 Moi,<br \/>\nJe vous d\u00e9clare ici trois fois gredin et tra\u00eetre<br \/>\nCelui qui ne va pas proclamer, reconna\u00eetre<br \/>\nQue les plus belles mains qu\u2019en ce chien de pays<br \/>\nOn puisse voir encor de Burgos \u00e0 Cadix,<br \/>\nSont celles de do\u00f1a Cazales, de S\u00e9ville,<br \/>\nLaquelle est ma ma\u00eetresse, au dire de la ville ! \u00bb<\/p>\n<p>Ces mots, \u00e0 peine dits, caus\u00e8rent un haro<br \/>\nQui du prochain couvent \u00e9branla le carreau.<br \/>\nIl n\u2019en fut pas un seul, qui de bonne fortune<br \/>\nNe se d\u00eet pass\u00e9 ma\u00eetre, et n\u2019en vant\u00e2t quelqu\u2019une :<br \/>\nCelle-ci pour ses pieds, celle-l\u00e0 pour ses yeux ;<br \/>\nL\u2019autre c\u2019\u00e9tait la taille, et l\u2019autre les cheveux.<br \/>\nDon Paez cependant, debout et sans parole,<br \/>\nSouriait ; car, le sein plein d\u2019une ivresse folle,<br \/>\nIl ne pouvait fermer ses paupi\u00e8res sans voir<br \/>\nSa ma\u00eetresse passer, blanche avec un \u0153il noir !<\/p>\n<p>\u00ab Messieurs, cria d\u2019abord notre moustache rousse,<br \/>\nLa petite In\u00e9sille est la peau la plus douce<br \/>\nO\u00f9 j\u2019aie encor frott\u00e9 ma barbe jusqu\u2019ici.<br \/>\n\u2014 Monsieur, dit un voisin rabaissant son sourcil,<br \/>\nVous ne connaissez pas l\u2019Arabelle ; elle est brune<br \/>\nComme un jais. \u2014 Quant \u00e0 moi, je n\u2019en puis citer une,<br \/>\nDit quelqu\u2019un, j\u2019en ai trois. \u2014 Fr\u00e8res, cria de loin<br \/>\nUn dragon jaune et bleu qui dormait dans du foin,<br \/>\nVous m\u2019avez \u00e9veill\u00e9 ; je r\u00eavais \u00e0 ma belle.<br \/>\n\u2014 Vrai, mon petit ribaud ! dirent-ils, quelle est-elle ? \u00bb<br \/>\nLui, b\u00e2illant \u00e0 moiti\u00e9 : \u00ab Par Dieu ! c\u2019est l\u2019Orvado,<br \/>\nDit-il, la Juana, place San Bernardo. \u00bb<\/p>\n<p>Dieu fit que don Paez l\u2019entendit, et, la fi\u00e8vre<br \/>\nLe prenant aux cheveux, il se mordit la l\u00e8vre.<br \/>\n\u00ab Tu viens l\u00e0 de l\u00e2cher quatre mots imprudents,<br \/>\nMon cavalier, dit-il, car tu mens par tes dents !<br \/>\nLa comtesse Juana d\u2019Orvado n\u2019a qu\u2019un ma\u00eetre ;<br \/>\nTu peux le regarder, si tu veux le conna\u00eetre.<br \/>\n\u2014 Vrai ? reprit le dragon ; lequel de nous ici<br \/>\nSe trompe ? Elle est \u00e0 moi, cette comtesse, aussi.<br \/>\n\u2014 Toi ? s\u2019\u00e9cria Paez ; mousqueton d\u2019\u00e9curie,<br \/>\nPrendras-tu ton \u00e9p\u00e9e, ou s\u2019il faut qu\u2019on t\u2019en prie ?<br \/>\nElle est \u00e0 toi, dis-tu ? Don \u00c9tur, sais-tu bien<br \/>\nQue j\u2019ai suivi quatre ans son ombre comme un chien ?<br \/>\nCe que j\u2019ai fait ainsi, penses-tu que le fasse<br \/>\nCe peu de hardiesse empreinte sur ta face,<br \/>\nLorsque j\u2019en saigne encore, et qu\u2019\u00e0 cette douleur<br \/>\nJ\u2019ai pris ce que mon front a gard\u00e9 de p\u00e2leur ?<br \/>\n\u2014 Non ; mais je sais qu\u2019en tout, bouquets et s\u00e9r\u00e9nades,<br \/>\nElle m\u2019a bien co\u00fbt\u00e9 deux ou trois cents cruzades.<br \/>\n\u2014 Fr\u00e8re, ta langue est jeune et facile \u00e0 mentir.<br \/>\n\u2014 Ma main est jeune aussi, fr\u00e8re, et rude \u00e0 sentir.<br \/>\n\u2014 Que je la sente donc, et garde que ta bouche<br \/>\nNe se rouvre une fois, sinon je te la bouche<br \/>\nAvec ce poignard, tra\u00eetre, afin d\u2019y renfoncer<br \/>\nLes fausset\u00e9s d\u2019enfer qui voudraient y passer.<br \/>\n\u2014 Oui-da ! celui qui parle avec tant d\u2019arrogance,<br \/>\n\u00c0 d\u00e9faut de son droit, prouve sa confiance ;<br \/>\nEt quand avons-nous vu la belle ? Justement<br \/>\nCette nuit ?<\/p>\n<p>\u2014 Ce matin.<br \/>\n\u2014 Ta l\u00e8vre s\u00fbrement<br \/>\nN\u2019a pas de ses baisers sit\u00f4t perdu la trace\u2026<br \/>\n\u2014 Je vais te les cracher, si tu veux, \u00e0 la face !<br \/>\n\u2014 Et ceci, dit \u00c9tur, ne t\u2019est pas inconnu ? \u00bb<\/p>\n<p>Comme, \u00e0 cette parole, il montrait son sein nu,<br \/>\nDon Paez sur son c\u0153ur vit une m\u00e8che noire<br \/>\nQue gardait sous du verre un m\u00e9daillon d\u2019ivoire ;<br \/>\nMais, d\u00e8s que son regard, plus terrible et plus prompt<br \/>\nQu\u2019une fl\u00e8che, eut atteint le redoutable don,<br \/>\nIl recula soudain de douleur et de haine,<br \/>\nComme un taureau qu\u2019un fer a piqu\u00e9 dans l\u2019ar\u00e8ne.<br \/>\n\u00ab Jeune homme, cria-t-il, as-tu dans quelque lieu<br \/>\nUne m\u00e8re, une femme ? ou crois-tu pas en Dieu ?<br \/>\nJure par ton Dieu, par ta m\u00e8re et ta femme,<br \/>\nPar tout ce que tu crains, par tout ce que ton \u00e2me<br \/>\nPeut avoir de candeur, de franchise et de foi,<br \/>\nJure que ces cheveux sont \u00e0 toi, rien qu\u2019\u00e0 toi !<br \/>\nQue tu ne les a pas vol\u00e9s \u00e0 ma ma\u00eetresse,<br \/>\nNi trouv\u00e9s, \u2014 ni coup\u00e9s par derri\u00e8re \u00e0 la messe !<br \/>\n\u2014 J\u2019en jure, dit l\u2019enfant, ma pipe et mon poignard !<br \/>\n\u2014 Bien ! reprit don Paez, le tra\u00eenant \u00e0 l\u2019\u00e9cart,<br \/>\nViens ici ; je te crois quelque vigueur \u00e0 l\u2019\u00e2me.<br \/>\nEn as-tu ce qu\u2019il faut pour tuer une femme ?<br \/>\n\u2014 Fr\u00e8re, dit don \u00c9tur, j\u2019en ai trois fois assez<br \/>\nPour donner leurs paiements \u00e0 tous serments fauss\u00e9s.<br \/>\n\u2014 Tu vois, prit don Paez, qu\u2019il faut qu\u2019un de nous meure ;<br \/>\nJurons donc que celui qui sera dans une heure<br \/>\nDebout, et qui verra le soleil de demain,<br \/>\nTuera la Juana d\u2019Orvado, de sa main.<br \/>\n\u2014 Tope, dit le dragon, et qu\u2019elle meure, comme<br \/>\nIl est vrai qu\u2019elle va causer la mort d\u2019un homme ! \u00bb<\/p>\n<p>Et, sans vouloir pousser son discours plus avant,<br \/>\nComme il disait ce mot, il mit la dague au vent.<\/p>\n<p>Comme on voit dans l\u2019\u00e9t\u00e9, sur les herbes fauch\u00e9es,<br \/>\nDeux louves, remuant les feuilles dess\u00e9ch\u00e9es,<br \/>\nS\u2019arr\u00eater face \u00e0 face et se montrer la dent :<br \/>\nLa rage les excite au combat ; cependant<br \/>\nElles tournent en rond lentement, et s\u2019attendent ;<br \/>\nLeurs mufles amaigris l\u2019un vers l\u2019autre se tendent.<br \/>\nTels, et se renvoyant de plus sombres regards,<br \/>\nLes deux rivaux, pench\u00e9s sur le bord des remparts,<br \/>\nS\u2019observent ; \u2014 par instants, entre leur main rapide,<br \/>\nS\u2019allume sous l\u2019acier un \u00e9clair homicide.<br \/>\nTandis qu\u2019\u00e0 la lueur des flambeaux incertains,<br \/>\nTous viennent \u00e0 voix basse agiter leurs destins,<br \/>\nEux, muets, haletants vers une mort h\u00e2tive,<br \/>\nPareils \u00e0 des p\u00eacheurs courb\u00e9s sur une rive,<br \/>\nSe poussent \u00e0 l\u2019attaque, et, prompts \u00e0 riposter,<br \/>\nPar l\u2019injure et le fer t\u00e2chent de s\u2019exciter.<br \/>\n\u00c9tur est plus ardent, mais don Paes plus ferme.<br \/>\nAinsi que sous son aile un cormoran s\u2019enferme,<br \/>\nTel il s\u2019est enferm\u00e9 sous sa dague ; \u2014 le mur<br \/>\nLe soutient : \u00e0 le voir, on dirait \u00e0 coup s\u00fbr<br \/>\nUne pierre de plus dans les pierres gothiques<br \/>\nQu\u2019agitent les falots en spectres fantastiques.<br \/>\nIl attend. \u2014 Pour \u00c9tur, tant\u00f4t d\u2019un pied hardi,<br \/>\nComme un jeune jaguar, en criant il bondit ;<br \/>\nTant\u00f4t, calme \u00e0 loisir, il le touche et le raille,<br \/>\nComme pour l\u2019exciter \u00e0 quitter la muraille.<\/p>\n<p>Le man\u00e8ge fut long. \u2014 Pour plus d\u2019un coup perdu,<br \/>\nPlus d\u2019un bien adress\u00e9 fut aussi bien rendu,<br \/>\nEt d\u00e9j\u00e0 leurs cuissards, o\u00f9 d\u00e9gouttaient des larmes,<br \/>\nLaissaient voir clairement qu\u2019ils saignaient sous leurs armes.<br \/>\nDon Paez le premier, parmi tous ces d\u00e9bats,<br \/>\nVoyant qu\u2019\u00e0 ce m\u00e9tier ils n\u2019en finissaient pas :<br \/>\n\u00ab \u00c0 toi ! dit-il, mon brave ! et que Dieu te pardonne ! \u00bb<br \/>\nLe coup fut mal port\u00e9, mais la botte \u00e9tait bonne ;<br \/>\nCar c\u2019\u00e9tait une botte \u00e0 lui rompre du coup,<br \/>\nS\u2019il l\u2019avait attrap\u00e9, la t\u00eate avec le cou.<br \/>\n\u00c9tur l\u2019\u00e9vita donc, non sans peine, et l\u2019\u00e9p\u00e9e<br \/>\nSe brisa sur le sol, dans son effort tromp\u00e9e.<br \/>\nAlors, chacun saisit au corps son ennemi,<br \/>\nComme apr\u00e8s un voyage on embrasse un ami.<br \/>\n\u2014 Heur et malheur ! On vit ces deux hommes s\u2019\u00e9treindre<br \/>\nSi fort, que l\u2019un et l\u2019autre ils faillirent s\u2019\u00e9teindre,<br \/>\nEt qu\u2019\u00e0 peine leur c\u0153ur eut pour un battement<br \/>\nCe qu\u2019il fallait de place en cet embrassement.<br \/>\n\u2014 Effroyable baiser ! \u2014 o\u00f9 nul n\u2019avait d\u2019envie<br \/>\nQue de vivre assez long pour prendre une autre vie ;<br \/>\nO\u00f9 chacun, en mourant, regardait l\u2019autre, et si,<br \/>\nEn le faisant r\u00e2ler, il r\u00e2lait bien aussi ;<br \/>\nO\u00f9, pour trouver au c\u0153ur les routes les plus s\u00fbres,<br \/>\nLes mains avaient du fer, les bouches des morsures :<br \/>\n\u2014 Effroyable baiser ! \u2014 Le plus jeune en mourut.<br \/>\nIl bl\u00eamit tout \u00e0 coup comme un mort, et l\u2019on crut,<br \/>\nQuand on voulut apr\u00e8s le tirer \u00e0 la porte,<br \/>\nQu\u2019on ne pourrait jamais, tant l\u2019\u00e9treinte \u00e9tait forte,<br \/>\nDes bras de l\u2019homicide \u00f4ter le tr\u00e9pass\u00e9.<br \/>\n\u2014 C\u2019est ainsi que mourut \u00c9tur de Guadass\u00e9.<\/p>\n<p>Amour, fl\u00e9au du monde, ex\u00e9crable folie,<br \/>\nToi qu\u2019un lien si fr\u00eale \u00e0 la volupt\u00e9 lie,<br \/>\nQuand par tant d\u2019autres n\u0153uds tu tiens \u00e0 la douleur,<br \/>\nSi jamais, par les yeux d\u2019une femme sans c\u0153ur,<br \/>\nTu peux m\u2019entrer au ventre et m\u2019empoisonner l\u2019\u00e2me,<br \/>\nAinsi que d\u2019une plaie on arrache une lame,<br \/>\nPlut\u00f4t que comme un l\u00e2che on me voie en souffrir,<br \/>\nJe t\u2019en arracherai, quand j\u2019en devrais mourir !<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>Conna\u00eetriez-vous point, fr\u00e8re, dans une rue<br \/>\nD\u00e9serte, une maison sans porte, \u00e0 moiti\u00e9 nue ;<br \/>\nPr\u00e8s des barri\u00e8res, triste ; \u2014 on n\u2019y voit jamais rien,<br \/>\nSinon un pauvre enfant fouettant un maigre chien ;<br \/>\nDes lucarnes sans vitre, et par le vent cogn\u00e9es,<br \/>\nQui pendent comme font des toiles d\u2019araign\u00e9es ;<br \/>\nDes pignons d\u00e9labr\u00e9s, o\u00f9 glisse par moment<br \/>\nUn l\u00e9zard au soleil ; \u2014 d\u2019ailleurs, nul mouvement.<br \/>\nAinsi qu\u2019on voit souvent, sur le bord des marni\u00e8res,<br \/>\nS\u2019accroupir vers le soir de vieilles filandi\u00e8res,<br \/>\nQui, d\u2019une main calleuse agitant leur cordon,<br \/>\nFaibles, sur leur genou laissent choir leur menton ;<br \/>\nDe m\u00eame l\u2019on dirait que, par l\u2019\u00e2ge lass\u00e9e,<br \/>\nCette pauvre maison, honteuse et fracass\u00e9e,<br \/>\nS\u2019est accroupie un soir au bord de ce chemin.<br \/>\nC\u2019est l\u00e0 que don Paez, le lendemain matin,<br \/>\nSe rendait. \u2014 Il monta les marches in\u00e9gales,<br \/>\nDont la mousse et le temps avaient rompu les dalles.<br \/>\n\u2014 Dans une chambre basse, apr\u00e8s qu\u2019il fut entr\u00e9,<br \/>\nIl regarda d\u2019abord d\u2019un air mal assur\u00e9.<br \/>\nPoint de lit au dedans. \u2014 Une fum\u00e9e \u00e9trange<br \/>\nSeule dans ce taudis atteste qu\u2019on y mange.<br \/>\nIci, deux grands bahuts, des tabourets boiteux,<br \/>\nCassant \u00e0 tout propos quand on s\u2019assoit sur eux ;<br \/>\n\u2014 Des pots ; \u2014 mille haillons : \u2014 et sur la chemin\u00e9e,<br \/>\nO\u00f9 chantent les grillons la nuit et la journ\u00e9e,<br \/>\nQuatre m\u00e9chants portraits pendus, repr\u00e9sentant<br \/>\nDes faces qui feraient fuir en enfer Satan.<br \/>\n\u00ab Femme, dit don Paez, es-tu l\u00e0 ? \u00bb Sur la porte<br \/>\nPendait un vieux tapis de laine rousse, en sorte<br \/>\nQue le jour en tout point trouait le canevas ;<br \/>\nPour l\u2019\u00e9carter du mur Paez leva le bras.<\/p>\n<p>\u00ab Entre ! \u00bb r\u00e9pond alors une voix \u00e9raill\u00e9e.<br \/>\nSur un mauvais grabat, de lambeaux habill\u00e9e,<br \/>\nUne femme, pieds nus, d\u00e9couverte \u00e0 moiti\u00e9,<br \/>\nGisait. \u2014 C\u2019\u00e9tait horreur de la voir, \u2014 et piti\u00e9.<br \/>\nPeut-\u00eatre qu\u2019\u00e0 vingt ans elle avait \u00e9t\u00e9 belle ;<br \/>\nMais un pr\u00e9coce automne avait pass\u00e9 sur elle ;<br \/>\nEt, noire comme elle est, on dirait, \u00e0 son teint,<br \/>\nQue sur son front h\u00e2l\u00e9 ses cheveux ont d\u00e9teint.<br \/>\n\u00c0 dire vrai, c\u2019\u00e9tait une fille de joie.<br \/>\nVous l\u2019eussiez vue un temps en basquine de soie,<br \/>\nEt l\u2019on se retournait quand, avec son grelot,<br \/>\nLa Belisa passait sur sa mule au galop.<br \/>\nC\u2019\u00e9taient des bol\u00e9ros, des fleurs, des mascarades.<br \/>\nLa mis\u00e8re aujourd\u2019hui l\u2019a prise. \u2014 Les alcades,<br \/>\nConnaissant le taudis pour triste et mal hant\u00e9,<br \/>\nLa laissent sous son toit mourir par charit\u00e9.<br \/>\nL\u00e0, depuis quelques ans, elle tra\u00eene une vie<br \/>\nQue soutient \u00e0 grand\u2019peine une sale industrie ;<br \/>\nElle passe \u00e0 Madrid pour sorci\u00e8re, et les gens<br \/>\nDu peuple vont la voir \u00e0 l\u2019insu des sergents.<\/p>\n<p>Don Paez, cependant, h\u00e9sitant \u00e0 sa vue,<br \/>\nElle lui tend les bras, et sur sa gorge nue,<br \/>\nQui se levait encor pour un embrassement,<br \/>\nElle veut l\u2019attirer. \u2014<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Quatre mots seulement,<br \/>\nVieille. \u2014 Me connais-tu ? Prends cette bourse, et songe<br \/>\nQue je ne veux de toi ni conte ni mensonge.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>De l\u2019or, beau cavalier ? Je sais ce que tu veux :<br \/>\nQuelque fille de France, avec de beaux cheveux<br \/>\nBien blonds ! \u2014 J\u2019en connais une.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Elle perdrait sa peine :<br \/>\nJe n\u2019ai plus maintenant d\u2019amour que pour ma haine.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Ta haine ? Ah ! je comprends. \u2014 C\u2019est quelque trahison ;<br \/>\nTa belle t\u2019a fait faute, et tu veux du poison.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Du poison, j\u2019en voulais d\u2019abord. \u2014 Mais la blessure<br \/>\nD\u2019un poignard est, je crois, plus profonde est plus s\u00fbre.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Mon fils, ta main est faible encor ; \u2014 tu manqueras<br \/>\nTon coup, et mon poison ne le manquera pas.<br \/>\nRegarde comme il est vermeil, il donne envie<br \/>\nD\u2019y go\u00fbter ; on dirait que c\u2019est de l\u2019eau-de-vie.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Non. \u2014 Je ne voudrais pas, vois-tu, la voir mourir<br \/>\nEmpoisonn\u00e9e ; \u2014 on a trop longtemps \u00e0 souffrir.<br \/>\nIl faudrait rester l\u00e0 deux heures, et peut-\u00eatre<br \/>\nL\u2019achever. \u2014 Ton poison, c\u2019est une arme de tra\u00eetre ;<br \/>\nC\u2019est un chat qui mutile et qui tue \u00e0 plaisir<br \/>\nUn mis\u00e9rable rat dont il a le loisir.<br \/>\nEt puis, cet attirail, cette mort si cruelle ;<br \/>\nCes sanglots, ces hoquets\u2026 \u2014 Non, non ; elle est trop belle !<br \/>\nElle mourra d\u2019un coup.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Alors que me veux-tu ?<br \/>\nDOM PAEZ.<br \/>\n\u00c9coute. \u2014 A-t-on raison de croire \u00e0 la vertu<br \/>\nDes philtres ? \u2014 Dis-moi vrai.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Vois-tu sur cette planche<br \/>\nCe flacon de couleur brune, o\u00f9 trempe une branche ?<br \/>\nApproches-en ta l\u00e8vre, et tu sauras apr\u00e8s<br \/>\nSi les discours qu\u2019on tient sur les philtres sont vrais.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Donne. \u2014 Je vais t\u2019ouvrir ici toute mon \u00e2me ;<br \/>\nApr\u00e8s tout, vois-tu bien, je l\u2019aime cette femme.<br \/>\nUn cep, depuis cinq ans plant\u00e9 dans un rocher,<br \/>\nTient encore assez ferme \u00e0 qui veut l\u2019arracher.<br \/>\nC\u2019est ainsi, Belisa, qu\u2019au c\u0153ur de ma pens\u00e9e<br \/>\nTient et r\u00e9siste encor cette amour insens\u00e9e.<br \/>\nQuoi qu\u2019il en soit, il faut que je frappe. \u2014 Et j\u2019ai peur<br \/>\nDe trembler devant elle. \u2014<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>As-tu si peu de c\u0153ur ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Elle mourra, sorci\u00e8re, en m\u2019embrassant.<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>\u00c9coute.<br \/>\nEs-tu bien sur de toi ? Sais tu ce qu\u2019il en co\u00fbte<br \/>\nPour boire ce breuvage ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>En meurt-on ?<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Tu seras<br \/>\nTout d\u2019abord comme pris de vin. \u2014 Tu sentiras<br \/>\nTous tes esprits flottants, comme une langueur sourde<br \/>\nJusqu\u2019au fond de tes os, et la t\u00eate si lourde,<br \/>\nQue tu la croiras pr\u00eate \u00e0 choir \u00e0 chaque pas. \u2014<br \/>\nTes yeux se lasseront, \u2014 et tu t\u2019endormiras, \u2014<br \/>\nMais d\u2019un sommeil de plomb, \u2014 sans mouvement, sans r\u00eave.<br \/>\nC\u2019est pendant ce moment que le charme s\u2019ach\u00e8ve.<br \/>\nD\u00e8s qu\u2019il aura cess\u00e9, mon fils, quand tu serais<br \/>\nPlus cass\u00e9 qu\u2019un vieillard, ou que dans les for\u00eats<br \/>\nSont ces vieux sapins morts qu\u2019en marchant le pied brise,<br \/>\nEt que par les foss\u00e9s s\u2019en va poussant la bise,<br \/>\nTu sentiras ton c\u0153ur bondir de volupt\u00e9,<br \/>\nEt les anges du ciel marcher \u00e0 ton c\u00f4t\u00e9 !<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Et souffre-t-on beaucoup pour en mourir ensuite ?<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Oui, mon fils.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Donne-moi ce flacon. \u2014 Meurt-on vite ?<\/p>\n<p>BELISA.<\/p>\n<p>Non. \u2014 Lentement.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Adieu, ma m\u00e8re !<\/p>\n<p>Le flacon<br \/>\nVide, il le reposa sur le bord du balcon. \u2014<br \/>\nPuis, tout \u00e0 coup, stupide, il tomba sur la dalle,<br \/>\nComme un soldat bless\u00e9 que renverse une balle.<br \/>\n\u00ab Viens, dit la Belisa l\u2019attirant, viens dormir<br \/>\nDans mes bras, et demain tu viendras y mourir. \u00bb<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>Comme elle est belle au soir, aux rayons de la lune,<br \/>\nPeignant sur son cou blanc sa chevelure brune !<br \/>\nSous la tresse d\u2019\u00e9b\u00e8ne, on dirait, \u00e0 la voir,<br \/>\nUne jeune guerri\u00e8re avec un casque noir !<br \/>\nSon voile d\u00e9roul\u00e9 plie et s\u2019affaisse \u00e0 terre.<br \/>\nComme elle est belle et noble, et comme, avec myst\u00e8re,<br \/>\nL\u2019attente du plaisir et le moment venu<br \/>\nFont sous son collier d\u2019or frissonner son sein nu !<br \/>\nElle \u00e9coute. \u2014 D\u00e9j\u00e0, dressant mille fant\u00f4mes,<br \/>\nLa nuit comme un serpent se roule autour des d\u00f4mes ;<br \/>\nMadrid, de ses mulets \u00e9coutant les grelots,<br \/>\nSur son fleuve endormi prom\u00e8ne ses falots.<br \/>\n\u2014 On croirait que, f\u00e9conde en rumeurs \u00e9touff\u00e9es,<br \/>\nLa ville s\u2019est chang\u00e9e en un palais de f\u00e9es,<br \/>\nEt que tous ces granits dentelant les clochers<br \/>\nSont aux cimes des toits des follets accroch\u00e9s.<br \/>\nLa se\u00f1ora pourtant, contre sa jalousie,<br \/>\nCollant son front r\u00eaveur \u00e0 sa vitre noircie,<br \/>\nTressaille chaque fois que l\u2019\u00e9cho d\u2019un pilier<br \/>\nR\u00e9p\u00e8te derri\u00e8re elle un pas dans l\u2019escalier.<br \/>\n\u2014 Oh ! comme \u00e0 cet instant bondit un c\u0153ur de femme !<br \/>\nQuand l\u2019unique pens\u00e9e o\u00f9 s\u2019ab\u00eeme son \u00e2me<br \/>\nFuit et grandit sans cesse, et devant son d\u00e9sir<br \/>\nRecule comme une onde, impossible \u00e0 saisir !<br \/>\nAlors, le souvenir excitant l\u2019esp\u00e9rance,<br \/>\nL\u2019attente d\u2019\u00eatre heureux devient une souffrance ;<br \/>\nEt l\u2019\u0153il ne sonde plus qu\u2019un gouffre \u00e9blouissant,<br \/>\nPareil \u00e0 ceux qu\u2019en songe Alighieri descend.<br \/>\nSilence ! \u2014 Voyez-vous, le long de cette rampe,<br \/>\nJusqu\u2019au fa\u00eete en grimpant tournoyer une lampe ?<br \/>\nOn s\u2019arr\u00eate ; \u2014 on l\u2019\u00e9teint. \u2014 Un pas pr\u00e9cipit\u00e9<br \/>\nRetentit sur la dalle, et vient de ce c\u00f4t\u00e9.<br \/>\n\u2014 Ouvre la porte, In\u00e8s : eh ! vois-tu pas, de gr\u00e2ce,<br \/>\nAu bas de la poterne un manteau gris qui passe ?<br \/>\nVois-tu sous le portail marcher un homme arm\u00e9 ?<br \/>\nC\u2019est lui, c\u2019est don Paez ! \u2014 Salut, mon bien-aim\u00e9 !<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Salut ; \u2014 que le Seigneur vous tienne sous son aide !<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>\u00cates-vous donc si las, Paez, ou suis-je laide,<br \/>\nQue vous ne venez pas m\u2019embrasser aujourd\u2019hui ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>J\u2019ai bu de l\u2019eau-de-vie \u00e0 d\u00eener, je ne puis.<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>Qu\u2019avez-vous, mon amour ? pourquoi fermer la porte<br \/>\nAu verrou ? Don Paez a-t-il peur que je sorte ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>C\u2019est plus ais\u00e9 d\u2019entrer que de sortir d\u2019ici.<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>Vous \u00eates p\u00e2le, \u00f4 ciel ! Pourquoi sourire ainsi ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Tout \u00e0 l\u2019heure, en venant, je songeais qu\u2019une femme<br \/>\nQui trahit son amour, Juana, doit avoir l\u2019\u00e2me<br \/>\nFaite de ce m\u00e9tal faux dont sont fabriqu\u00e9s<br \/>\nLa mauvaise monnaie et les \u00e9cus marqu\u00e9s.<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>Vous avez fait un r\u00eave aujourd\u2019hui, je suppose ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Un r\u00eave singulier. \u2014 Donc, pour suivre la chose,<br \/>\nCette femme-l\u00e0 doit, disais-je, assur\u00e9ment<br \/>\nQuelquefois se m\u00e9prendre et se tromper d\u2019amant.<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>M\u2019oubliez-vous, Paez, et l\u2019endroit o\u00f9 nous sommes ?<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>C\u2019est un p\u00e9ch\u00e9 mortel, Juana, d\u2019aimer deux hommes.<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>H\u00e9las ! rappelez-vous que vous parlez \u00e0 moi.<\/p>\n<p>DOM PAEZ.<\/p>\n<p>Oui, je me le rappelle ; oui, par la sainte foi,<br \/>\nComtesse !<\/p>\n<p>JUANA.<\/p>\n<p>Dieu ! vrai Dieu ! quelle folie \u00e9trange<br \/>\nVous a frapp\u00e9 l\u2019esprit ; mon bien-aim\u00e9, mon ange ?<br \/>\nC\u2019est moi, c\u2019est ta Juana. \u2014 Tu ne le connais pas,<br \/>\nCe nom qu\u2019hier encor tu disais dans mes bras ?<br \/>\nEt nos serments, Paez, nos amours infinies !<br \/>\nNos nuits, nos belles nuits ! nos belles insomnies !<br \/>\nEt nos larmes, nos cris dans nos fureurs perdus !<br \/>\nAh ! mille fois malheur ! il ne s\u2019en souvient plus !<\/p>\n<p>Et, comme elle parlait ainsi, sa main ardente<br \/>\nDu jeune homme au hasard saisit la main pendante.<br \/>\nVous l\u2019eussiez vu soudain p\u00e2lir et reculer,<br \/>\nComme un enfant transi qui vient de se br\u00fbler.<br \/>\n\u00ab Juana, murmura-t-il, tu l\u2019as voulu ! \u00bb Sa bouche<br \/>\nN\u2019en put dire plus long ; car d\u00e9j\u00e0 sur la couche<br \/>\nIls se tordaient tous deux, et sous les baisers nus<br \/>\nSe brisaient les sanglots du fond du c\u0153ur venus.<br \/>\nOh ! comme, ensevelis dans leur amour profonde,<br \/>\nIls oubliaient le jour, et la vie, et le monde !<br \/>\nC\u2019est ainsi qu\u2019un nocher, sur les flots \u00e9cumeux,<br \/>\nPrend l\u2019oubli de la terre \u00e0 regarder les cieux !<\/p>\n<p>Mais, silence ! \u00e9coutez. \u2014 Sur leur sein qui se froisse,<br \/>\nPourquoi ce sombre \u00e9clair, avec ces cris d\u2019angoisse ?<br \/>\nTout se tait. \u2014 Qui les trouble, ou qui les a surpris ?<br \/>\n\u2014 Pourquoi donc cet \u00e9clair, et pourquoi donc ces cris ?<br \/>\n\u2014 Qui le saura jamais ? \u2014 Sous une nue obscure,<br \/>\nLa lune a d\u00e9rob\u00e9 sa clart\u00e9 faible et pure. \u2014<br \/>\nNul flambeau, nul t\u00e9moin que la profonde nuit,<br \/>\nQui ne raconte pas les secrets qu\u2019on lui dit.<br \/>\n\u2014 Qui le saura ? \u2014 Pour moi, j\u2019estime qu\u2019une tombe<br \/>\nEst un asile s\u00fbr o\u00f9 l\u2019esp\u00e9rance tombe,<br \/>\nO\u00f9 pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 l\u2019on croise les deux bras,<br \/>\nEt dont les endormis ne se r\u00e9veillent pas.<\/p>\n","protected":false},"parent":0,"template":"","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"default","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}}},"annee":[312],"poems-book":[472],"poemes-theme":[],"poete":[205],"class_list":["post-10668","poemes","type-poemes","status-publish","hentry","annee-312","poems-book-premieres-poesies-musset","poete-alfred-de-musset"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v25.1 (Yoast SEO v27.7) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Rimes.fr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/don-paez\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/don-paez\\\/\",\"name\":\"Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2025-04-22T14:48:36+00:00\",\"description\":\"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/don-paez\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/don-paez\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/don-paez\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Poemes\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/poemes\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Don Paez\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#organization\",\"name\":\"Rimes.fr\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\",\"caption\":\"Rimes.fr\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rimes.fr\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset","description":"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset","og_description":"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","og_url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/","og_site_name":"Rimes.fr","twitter_card":"summary_large_image","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/","name":"Don Paez (Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), 1829), Alfred de Musset","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website"},"datePublished":"2025-04-22T14:48:36+00:00","description":"Lisez Don Paez \u00e9crit par Alfred de Musset dans Premi\u00e8res po\u00e9sies (Musset), et d\u00e9couvrez notre biblioth\u00e8que de po\u00e8mes en ligne!","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/don-paez\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Poemes","item":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/poemes\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Don Paez"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","name":"Rimes.fr","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#organization","name":"Rimes.fr","url":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"","contentUrl":"","caption":"Rimes.fr"},"image":{"@id":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes\/10668","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/poemes"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10668"}],"wp:term":[{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=10668"},{"taxonomy":"poems-book","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poems-book?post=10668"},{"taxonomy":"poemes-theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poemes-theme?post=10668"},{"taxonomy":"poete","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rimes.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/poete?post=10668"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}