Lorsqu’une angoisse amère, au soir, étreint mon cœur,
Je m’enfuis suffoquant à travers le silence
Des champs, et, s’aveuglant, mon œil gros de démence
Regarde dans sa tige étouffer chaque fleur.

L’arbre, cherchant de l’air, du tronc crispé s’élance ;
En son étroit bassin la source halète et meurt ;
L’ombre, dans les recoins, bâillonne la lueur ;
Sous la glèbe enfouie avorte la semence.

Mon sein pour respirer doit soulever un mur ;
La lune, en haut, blêmit dans son carcan d’azur ;
En surgissant le vent s’étrangle sous la porte ;

La nuit jette au soleil son ténébreux lasso,
Le ciel serre le monde en son énorme étau,
Et le sol est glacé comme de la peau morte.

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